‹ Variétés canadiennes [microforme]Chapitre 9 sur 96 · UNISSONS-NOUS · texte numérisé non relu

UNISSONS-NOUS

"TL y a cinquante ans que cet appel nous

corne aux oreilles : nos écrivains, nos ‘ orateurs, profanes ou sacrés, l’ont rabâ-

ché jusqu'à en faire un lieu commun ; l'aurore du 24 juin l'a toujours inscrit de ses doigts roses sur les bannières processionnelles et même sur la ;‘trine enrubannée des Canadiens; ent, on l'a pris pour devise sous cette rubrique : “ l'union fait la force.”

Grands parleurs, petits faiseurs |

Nous honorons la devise du bout des

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lèvres, mais notre cœur est encore si loin d'elle, nos actions y correspondent si peu, que nous avons l'air de la laisser sur le drapeau pour le plaisir de nous en moquer.

Non-seulement l'affirmation de notre force par la voie de l'union, ne s’accentue pas ; mais #0s luttes fratricides semblent même augmenter avec le nombre des Zedits frères.

Tous se disent amis de la prospérité universelle dans la paix et la concorde; mais tous tiennent la main sur la garde de leur épée, en cas d'agression de la part du voisin. La désagrégation des couches sociales, fruit de l’antagonisme individuel, entre de plus en plus dans le domaine du fait accompli; le bon sens populaire, qui est un critérium de vérité, se l'avoue et se demande à quelle solution vont aboutir les sombres pronostics de l'heure actuelle.

L'union nationale, c’est le salut; tout bon Canadien l’admet et semble la désirer ; mais, pour la ramener dans nos rangs, il est besoin de sacrifices et de désarmement.

Voilà le point difficile.

Qui enterrera la hache de vuerre le premier ?

Dre-

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