CE LIVRE
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Enregistré en 1898, par Wilf&id Larose, au Ministère de l'Agriculture, conformément à l'Acte du Parlement du Canada concernant la propriété littéraire et artistique.
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Donc, je suis invité à écrire ici quelques mots de préface.
Dois-je parler du livre ou de lauteur ?
Pourquoi parlerais-je du livre ? Celui qui en lira les premières lignes est sûr d aller jusqu'au bout, et il n'aura aucun besoin de s'en rapporter à moi pour juger de sa valeur.
Pourquoi, d un autre côté, vous entretiendrais-je de lauteur? Il est là de pied en cap dans ces pages détachées, oii il laisse parler son cœur et son esprit, fièrement et librement, avec cette allure de sincérité naïve qui fait le charme des vieux auteurs, et qu'il est si rare de retrouver dans les ouvrages publiés de nos jours.
Oui, feuilletez ces pages avec attention, et vous n'aurez plus rien à apprendre sur sur le compte de leur auteur. Il s'y reflète sous tous les aspects, de face, de profil, de trois quarts, comme dans une glace devant laquelle il tournerait sur un pivot.
Chaque chapitre révèle un des côtés saillants de l'homme.
Ici, c'est le patriote, orgueilleux de sa race et de notre histoire, qui, évoquant les
PRÉPACB m
gloires du passé ou déplorant les humilia-' tions présentes, ne craint pas d'entrer d'un pied ferme et hardi sur le terrain des revendications nationales.
Là, c'est le penseur sérieux, qui, conscient de la responsabilité incombant à tous les porte-flambeaux choisis par la Providence, sonde l'horizon d'un œil inquiet,redoutant presque d'apercevoir le but vers lequel nous marchons.
Tournez la page, c'est un patriarche dont la voix paternelle prêche la justice, la charité, préconise la fraternité humaine, proclame la sainteté du travail, exalte avec amour les joies paisibles du foyer domestique.
Sautez quelques feuillets, c'est un moraliste austère qui fronde nos défauts, fait saillir de la façon la plus pratique ce que nos mœurs publiques ont d'absurde, et signale les effets désastreux qu'elles peuvent avoir sur l'esprit de nos populations.
Plus loin, vous voyez un Juvénal indigné qui cingle sans pitié les brocanteurs de principes de parade, dont la convoitise et
vW PRÉFACE
Iç mépris de tout ce qui constitue le vrai citoyen ont érigé Tachât des consciences en système et fait de l'hypocrisie le principal facteur d une politique, sans scrupule et sans patriotisme.
Plus loin encore, vous trouvez un éducateur satiriste qui fait défiler devant vous Târmée de nos préjugés, de nos idées fausses, de nos contradictions ; qui vous découvre les ornières boueuses où nous pousse l'esprit de parti habilement entretenu et exploité par les gens intéressés à perpétuer nos divisions et nos haines, le plus souvent inconsidérées ; qui vous fait toucher du doigt mille petitesses humiliantes que la routine et Tapathie des masses protègent ou dissimulent sous quelque titre pompeux ou quelque appellation bénigne.
Feuilletons encore, et nous trouverons un économiste éclairé, sachant envisager froidement notre état social, comme les problèmes les plus compliqués de nos intérets commerciaux ; un philosophe n'hésitant point à sonder certaines plaies résultant de froissements dangereux entre les différents