PRÉFACE
Nous le trouvons surtout dans certaines pages attendries, dans quelques idylles aussi simples que charmantes, où le narrateur a su mettre une note mélancolique d un attrait qui vous émeut et vous laisse tout pensif.
En somme, je le répète, en parcourant les Variétés Canadiennes, le lecteur non seulement se familiarisera avec un ouvrage d'un mérite réel et d'une philosophie saine, mais encore il fera la connaissance d'un jeune homme à l'esprit droit, à l'intelligence élevée, au cœur large et vibrant, aux aspirations puissantes vers tout ce qui est l'honnêteté et le progrès, d'un vigoureux défenseur de toutes les idées grandes et belles, d'un admirateur passionné de notre ancienne et toujours chère mère patrie la France; enfin, d'un fort et d'un vaillant, gardant précieusement dans sa tête et sa poitrine tous les sentiments, toutes les impulsions et tous les souvenirs qui font le Canadien d'élite, c'est-à-dire un de ceux à qui incombe la mission de perpétuer l'esprit français
xiî PRÉFACE
sur cette terre d'Amérique où d'autres semblent se charger de répandre des semences plus matérielles.
Je serre cordialement la main à laimable auteur, et souhaite à son ouvrage un succès
mérité.
Louis Fréchette
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xiv AVANT-PROPOS
fleuves, des lacs plus pittoresques, plus séduisants pour le sportsman et l'homme d affaires, pour le barde et le poète ? est-il un ciel, des aurores, des couchers de soleil, des soirs d'été mieux faits pour parler à l'imagination comme au cœur de l'enthousiaste et rêveuse jeunesse ?
Pourquoi l'âme canadienne refuserait-elle de sourire à ces beautés, pourquoi négligerait-elle de les peindre par la plume ou le pinceau, et de les chanter sur la lyre ?
Dans les Variétés Canadiennes, je me suis efforcé de reproduire quelques traits de cette belle nature, et notre peuple valant encore mieux que la terre qu'il habite, j'ai consacré plus d'une page à l'évocation de son histoire, à la peinture idé ses moeurs, à la . phonographie de son langage. S'il nous plaît tant, aujourd'hui, d'apprendre de Marot; de Ronsard, de Rabelais ou de Brantôme comme parlaient nos ancêtres, nous pouvons prédire qu'à leur tour, nos successeurs dans la vie aimeront à savoir comme nous aurons parlé et pensé. En
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effet, réducation nulle^ fausse bu insuffisante dont se plaignent les Canadiens-français de notre époque, ne les aura pas empêchés de voir au fond de bien des choses, ni de photographier leurs aperçus dans des expressions si originales, si neuves, qu'elles auront eu le privilège de devenir familières sans rien perdre du parfum de leur nouveauté.
Dans ce livre, j ai parlé aussi de certains intérêts qui nous sont communs avec le reste de la famille humaine et particulièrement appuyé sur ceux qui, nous étant propres, doivent, pour cette raison, nous être plus chers et tenif notre zèle armé pour leur défense. En tout cela, ma bonne foi a tâché de concilier le respect du vrai avec celui des personnes et de 1 âpre susceptibilité qui leur vient souvent de la politique, de la classe, de la race ou de la religion à laquelle elles appartiennent. Je n'ai pas eu recours., non plus, à cette injure déguisée qu'on appelle flatterie. Non ! j'estime trop le lecteur pour avoir osé lui tenir le langage du renard courtisan au corbeau
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naïf, ou de l'antîque sferpent à Eve, la grandWman si bonne, mais, hélas! si désespérément sensible aux doux mensonges.
WiLFRiD Larose
VAEIETES CANADIENNES