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CHAPITRE QUATRIÈME

DES SOEIUS DE LA ClIAiaTÉ.

I. — l.orsqiie quelque sœur de la Charité viendra sur la paroisse, elle se présentera à M. le curé et à la conipa^juie en la plus prochaine assemblée qui sera tenue après son arrivée; et lorsqu’on en retii’era quelqu’une, elle prendra aussi coiifjé de l’un et de l’autre.

II. — Suivant leur établissement et l’esprit de monsieur Vincent', leur instituteur, elles auront une (jrande soumission pour ^I. le curé et pour toutes les autres |)ersonues de la compagnie; elles écouteront les pauvres avec douceur, sans chagrin, sans mépris, sans impatience, et sans les rebuter.

III. — Le nombre des pauvres de la paroisse étant trop grand pour qu’elles puissent porter la portion chez les malades, elles en feront la distribution tous les matins à neuf heures précises dans la maison de la Charité, où les malades l’envoveront quérir.

lY. La d istribution sera précédée de la prière, qui sera le Veni sancte spirhus, l’Oraison dominicale, la Salutation angélique, une prière pour les pauvres malades et celles pour les bienfaicteurs vivans et défunts.

V. — Les administrateurs en charge se trouveront le plus souvent qu’ils pourront à la distribution des portions, du moins chacun pendant une se-

' Vincent Depaul. 11 ne fut canonisé qu’en 1737.

maine allernativeinent, et exaiiiineroni si on ne contrevient en rien aux rèyieinens, et si les malades sont reçus sans acception de personne. Ce que pourront pareillement faire toutes les autres personnes de la compagnie, quand elles le jugeront à pi’opos.

^ Les soeurs continueront à écrire tous les matins, après que l’on aura distribué la portion, le nom, la qualité et la demeure des malades qui seront à recevoir. Elles examineront s’ils sont de la qualité pour être admis, et si elles en doutent, elles iront l’après-dînée les visiter. Elles marqueront sur le l’cgistre le jour que l’on aura commencé et cessé de donner la portion.

^'IL — Elles ne donneront point la portion aux malades le troisième jour de leur réception, si ils ne se sont confessez, supposé qu’il y ait du temps qu’ils ne l’ayent foit.

^ ^IL Elles avertiront la compagnie si les médecins et le chirurgien ne font pas leur devoir à l’égard des pauvres.

— Elles donneront tous les jours le nom et la demeure des pauvres malades aux médecins qui les viendront prendre à la maison de la Charité. Elles délivreront les cartes pour les saignées que les médecins ordonneront.

X- — Elles ne recevront aucune ordonnance que des médecins de la Charité.

^L — Elles ne donneront point de inédicamens à ceux qui ne voudront point les bouillons de la Charité.

XIL — Elles ne donneront point de médica-

mens aux malades que par ordres écrits des médecins.

XIII. — Elles donneront tout leur temps aux pauvres malades, et rendront compte aux administrateurs et à la trésorière si ils sont de la qualité ou non pour être admis.

XIV. — Elles auront soin de faire dans les temps, avec l’avis des médecins, les sirops, dro{>ues et confitures nécessaires, de préparer tous les remèdes ordonnez pour les seuls pauvres reçus à la Charité, et de les leur faire prendre en leur présence, afin qu’ils ne soient pas perdus.

XV. — Elles prêteront aux malades qui n’auront point de linge pour se changer, des draps, chemises et le reste; et elles prendront leur précaution pour le faire avec sûreté.

XVI. — Elles veilleront à ce que les confesseurs soient avertis quand les médecins diront que les malades sont en danger.

XVII. — Elles prépareront les chambres quand les malades recevront le saint Sacrement, et elles y mettront croix, chandeliers, cierges et nappe sur la table, et elles auront soin de tout retirer api'ès que l’on aura reporté le saint Sacrement.

XVlll. — Elles remettront tous les jours d’assemblées ordinaires entre les mains de l’administrateur en recette tout l’argent qu’elles auront reçu pour les pauvres, dont elles tiendront état, et lui marqueront la destination générale ou particulière, afin qu’il la fasse selon qu’il aura été marqué.

XIX. — Elles auront le double de l’état des meubles delà Charité qui seront dans la maison, de

peur qu’il ne s’en perde quelqu’un. En cas que l’on ait besoin d’en avoir de nouveaux, elles en donneront avis à la compagnie, afin d’y être pourvu.

XX. — Elles iront recevoir l’argent des messieurs et des dames qui voudront bien en donner par mois ou par quartier pour faire la dépense de la marmitte ou pour y contribuer.

XXI. — Elles ne recevront aucun ordre contraire aux règlemens sans en avertir la compagnie.

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