U août
certitude mortelles. » Il apprend qiie Mrae d'Epinay a trouvé un éditeur, c'est le libraire Merlin : « Enfin, s'écrie-t-il, je suis sous presse. Vive la joie! Mais vous qui êtes raère, vous devez bien imaginer ce que c'est que le cœur d'un père. Pourquoi ne pas m'envoyer quelques feuilles? N'arrêtez pas mon impatience, je vous prie, me verrai, je me lirai, je m'extasierai et je dirai : Possible que j'aie eu tant d'esprit? Qui est-ce qui le croira* ? » Et comme Perrelte pour son pot au lait, il imagine pour les cent louis de son ouvrage toute sorte de destinations diverses. Dans chaque lettre, il demande qu'on lui envoie des nouvelles « sur l'accouchement », sur « la naissance de l'enfant posthume ». Quand l'ouvrage a paru, ce sont des instructions à n'en plus finir sur des exemplaires à distribuer. Et toujours le refrain : « J'attends les nouvelles du bruit que ma bombe aura fait en crevant à Paris » . Mme d'Épinay est infatigable. Au milieu de ses charmantes lettres, pleines d'une douce gaieté et de bonne humeur, elle garde quelques lignes pour satisfaire à toutes les manies de l'auteur. Elle l'avertit que l'abbé Morellet enrage et qu'il va le réfuter, que M. de Sartine lui a donné un censeur « qui a laissé lire son livre à bien des physionomies rurales^ » (il s'agit de M. Court de Gébelin, le disciple bien-aimé du célèbre Quesnay, fondateur de la secte des économistes, Tauteur de la Physionomie rurale). Enfin elle l'informe que ses affaires d'argent la désolent et que Venchanteur Merlin ne finit point de lui donner le prix convenu. Cette histoire des cent louis, livrés à grand'peine et pièce à pièce, sur les instances perpétuelles de Galiani, toujours alarmé, toujours en colère, revient si souvent qu'on nous dispensera d'en parler. Sur ce point-là, notre abbé est bien le cor-