avril, 4 mai, 11 mai
(le Naples, retombe du haut de son trépied. Il faut au petit prophète un entourage, des applaudissements immédiats pour entretenir sa verve; il se décourage et réfléchit sur son isolement, sur son ennui incurable et profond : « Je trouvai que celte lassitude est positivement l'évaporation de cette matière qu'on appelle Tâme.... La mort est donc une lassitude universelle produite par un excès de désirs. Je meurs d'envie de retourner à Paris : voilà ma mort. Bon soir*. » De toutes ses [)rophéties, c'était encore la plus sûre : il mourra de cette nostalgie de Paris, où il ne devait pas revenir.
Nous ne parlerons des divers ouvrages qui amusaient les loisirs de Galiani que pour marquer un trait de son caractère, le contentement extrême de tout ce qu'il écrit. C'est d'abord La Bagarre, une parodie des économistes, et spécialement de Mercier de Neuville, qui venait de publier son livre de Vintérêt général de l'Étal. Galiani prétend n'avoir jamais rien écrit de plus gai ni de plus spirituel. Nous n'y contredisons pas; mais nous devons l'en croire sur parole, le manuscrit ayant disparu *. C'est ensuite un Socrate imaginaire, opéra bouffon dont on fait les vers sous sa direction et que Paesiello met en musique, o II n'y a rien de plus fou », a dit l'auteur, un peu gâté par le souvenir de ses bonnes fortunes d'esprit et ne doutant pas de sa verve comique. « C'est une imitation de Don Quichotte. On suppose un t bon bourgeois « de province, qui s'est mis en tête de rétablir l'ancienne