DES ÉDITIONS PRINCEPS
La qualification de prin-ceps se donne ordinairement aux éditions des classiques que l’on regarde comme les premières, c’est-à-dire, aux éditions qui, sans le secours d’aucun livre déjà imprimé , ont été faites sur des manuscrits plus ou moins anciens , an-
plaire, et un troisième exemplaire auquel seront joints les dessins originaux , est annoncé à iooo fr. la livraison , ce qui fera 24,000 fr. La Biographie universelle de M. Michaiid , qui aura 4c à 45 volumes in-8.°, sera d’un prix très haut pour un exemplaire sur vélin qu’on annonce à 600 fr. le volume , ce qui fera pour cet exemplaire une somme de 24 à 27,000 fr. Nous pourrions encore citer quelques ouvrages de ce genre.
teneurs à la découverte de l’imprimerie. Ces premières éditions, surtout celles qui ont paru avant s 480, sont pour la plupart des espèces de calques de ces manuscrits précieux , car les premiers caractères d’imprimerie, soit sculptés , soit coulés, ne pouvant avoir d’autre modèle que la lettre de forme ou la cursive en usage alors , imiloient tellement l’écriture, que l’on regardoit et même l’on achetoit , diton , comme manuscrits les premiers ouvrages sortis des premières presses.
Puisque les éditions primitives , les éditions vraiment prtnceps y sont une espèce de fac simile des anciens manuscrits , on doit donc les considérer comme présentant le texte le plus pur des classiques ( sauf cependant les fautes des copistes ) $ et sous ce rapport elles sont, aux yeux des savans , d’une utilité incontestable et d’une valeur inappréciable. Mais comme à ce mérite se joint, pour les curieux , la rareté des exemplaires (1), ne soyons donc pas surpris
(i) La cause de cette rareté provient de ce que , je ne dirai pas la majorité , mais la presque totalité des exemplaires d’ouvrages imprimés avant 1480 , a disparu sous la faux du temps, et qu’en outre, dans ces premières années de l’imprimerie, on tiroit à petit nombre tout ce qui s’imprimoit , et encore le débitoit-on difficilement, soit parce que le goût des livres n’étoit pas encore répandu , soit par la jalousie des clenci ou copistes qui voyoient avec effroi que la découverte de l’imprimerie alloit leur faire perdre leur état. Ce tirage ordinaire à petit nombre, et cette difficulté de vendre les livres , sont prouvés par la célèbre requête que Jean André, évêque d’Aleria, adressa le i3 mars 1472 au Pape Sixte IV,
si ces sortes d’éditions, excessivement recherchée» , s’acquièrent au poids de l’or. On objectera peut-être que , parmi les manuscrits , plusieurs n’étoient point à l’abri de quelques défectuosités, telles que fautes
au nom de Conrad Sweynheym et d’Arnold Pannartz , qui avoient exercé leur nouvel art, d’abord au monastère de Subbiaco, et ensuite à Rome, dans la maison de Pierre de Maxirnis. Cette requête , précieuse pour l’histoire de l’imprimerie , se trouve dans le tome V des Postilles ou Bible avec gloses de Nie. de Lyra, Rome , 1471- 1472 y $ in- fol.
L’évêque d’Aleria en est l’éditeur. Sweynhevm et Pannartz y exposent très humblement ( ante sanctissimos tuos pedes terram vestigiis luis impressam deosculantes ) que si le souverain Pontife ne vient pas à leur secours, ils seront obligés d’abandonner leurs travaux , parce que leurs éditions ne se débitent pas. Après avoir fait l’énumération des ouvrages qu’ils ont publiés ( depuis 1465 jusqu’à 1472 , date de la requête ), ils disent que le nombre de volumes sortis de leurs presses , monte à 12,475 ( duodecies mille quadringentos septuaginta quinque codices ). Ce nombre de volumes imprimés dans l’espace de sept ans ( ce qui donne un peu moins de 1800 volumes par an ), ne paroi tra peut-être pas considérable ; mais il faut faire attention qu’alors l’imperfection des procédés typographiques ne permettoit pas de travailler avec autant de célérité qu’aujourd’hui. D’ailleurs presque tous les ouvrages sortisdespressesdecesartistesn’ont été tirés qu’à deux cent soixante et quinze exemplaires ; trois ou quatre seulement ont été tirés à trois cents.
Une petite indication sommaire de ces ouvrages, tels que la nomenclature s’en trouve dans la requête , ne pourra qu’intéresser le lecteur; mais cette nomenclature donnée par Sweynheym et Pannartz, étant sans ordre chronologique, sans lieu d’impression et sans date , nous croyons devoir Pétablir dans un meilleur ordre , y ajouter le lieu d’impres-
de copistes , passages effacés , ou lacunes qui pouvoient altérer le sens, et qu’alors les éditions faites littéralement sur ces copies doivent inspirer moins de confiance que celles où l’on a fait des corrections.
sion , la date, le format, puis dire le nombre du tirage des exemplaires ou plutôt des volumes , ainsi qu’il est énoncé dans la nomenclature ancienne , avec la différence que ce nombre est indiqué en toutes lettres et en latin à chaque article dans la requête, et que nous , nous le mettons en chif-
fres et hors ligne.
i.° Donatus pro paerulis , petit livre de classe qui ne subsiste plus-, il doit être de i465, en 1 vol. tiré à 3oo exemplaires , ce qui fait. . . . 3oo vol. s.° Lactantii instit. Subbiaco, i\65 , in-Jol. . 275
S.° M. T. Cicero, de oratore , etc. ( Subbiaco vers 1466 ou 67 ), gr. in-\.° 275