AVERTISSEMENT
L'Album de Vases antiques que je présente aux étudiants et aux archéologues est dû à la libéralité du Ministère de rinstruction publique et de TAcadémie des Inscriptions et Belles-Lettres, dont les subventions m'ont permis de réaliser, avec le concours de MM. Hachette, cette première partie de mon travail sur la collection céramique du Louvre. C'est le complément du petit Catalogue qui, mis en vente dans les galeries du Musée, explique aux visiteurs rintérêt des poteries antiques. L'Album contient des types de vases choisis dans les premières Salles A, B, C, D, E, c'est-à-dire l'histoire de la peinture grecque et italiote depuis les origines jusqu'aux environs du vi* siècle avant notre ère. Nous comptons consacrer plus tard deux autres fascicules au contenu des dernières Salles.
Ces Albums ont, à notre avis, deux raisons d'être : à ceux qui sur place ont Je loisir d'étudier les originaux, ils conserveront le souvenir des formes et des peintures les plus remarquées ; à ceux qui, loin de Paris, ne peuvent venir chercher dans nos galeries des documents artistiques, ils fourniront d'utiles et précis renseignements.
Je me suis donné pour règle de ne jamais décrire un vase sans renvoyer en même temps à une reproduction, l'expérience m'ayant appris qu'aucune description, si minutieuse qu'elle soit, ne remplace un bon dessin ou même un simple croquis. D'excellents catalogues descriptifs ont paru, qui ne rendent pas le dixième des services qu'on pourrait attendre d'eux, faute de planches ou de bois insérés dans le texte. Assurément la description reste indispensable ; elle complète les détails qui ne sont pas visibles dans le dessin, elle renseigne sur la technique, les couleurs, les restaurations, les dimensions, la provenance, etc. Mais il est nécessaire que ces deux éléments d'informations s'unissent et se prêtent un mutuel appui. On remarquera d'ailleurs que la méthode des catalogues descriptifs, accompagnés de nombreuses illustrations, est adoptée aujourd'hui par la plupart des grands Musées : c'est le meilleur moyen de constituer peu à peu ce Corpus Rerum dont l'achèvement tant désiré sera, avec le Corpus Inscriptionum^ le grand œuvre de la science archéologique moderne.
J'ai donc cherché à donner le plus de dessins possible. On en trouvera environ trois cent quarante, répartis dans les cinquante planches qui accompagnent notre texte. Il est bien entendu que ce nombre de reproductions est de beaucoup inférieur au total des vases exposés dans les cinq salles du Louvre qui renferment la céramique des premiers âges. Pour publier intégralement la collection, il aurait fallu disposer de fonds très considérables. Mais je crois avoir fait connaître ce qui est essentiel et, si le succès encourage la publication de ces Albums, on pourra compléter plus tard, par des Suppléments, cette première ébauche. Ajoutons que notre texte contient, outre les vases dessinés ici pour la première fois, la description de ceux qui ont été publiés antérieurement. En résumé, le présent fascicule donne Ténumération complète de tous les vases archaïques du Louvre qui ont été reproduits dans un ouvrage quelconque.
11 me reste à dire un mot des planches et de la façon dont elles ont été faites. Si j avais adopté uniquement le système du dessin reporté sur cuivre ou sur zinc, j'aurais dû renoncer presque à la moitié des planches que je donne. Le procédé de la simili-gravure^ appelé aus.si direct^ offrait l'avantage de réduire considérablement les dépenses, de faciliter la publication d'un plus grand nombre de types, de donner un fac-similé photographique des formes, des ornements et des sujets représentés. Il est vrai que ce procédé a un défaut, qui est l'aspect souvent gris des figures. J'ai cru pouvoir passer par-dessus cet inconvénient, en raison des autres commodités. D'ailleurs je ne me suis pas interdit l'usage du dessin reporté sur zinc, mais je l'ai réservé pour la publication des détails et des scènes développées, dont la photographie directe n'aurait pas donné une idée suffisante. Je suis heureux de dire en terminant que j'ai trouvé chez M. J. Devillard, qui s'est fait une spécialité de ces reproductions d'après les vases antiques, le concours le plus précieux et le plus dévoué.
Paris, novembre 1890.
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SÉRIES ORIENTALES
Bien que les poteries antiques de TOrient sortent du cadre de nos études sur la céramique grecque et qu'elles soient réparties entre différentes sections du Musée, je n'ai pas voulu les laisser entièrement de côté dans cet Album. Sans en faire un inventaire complet j'ai tenu à signaler celles qui ont été publiées, puis à décrire en détail celles qui intéressent particulièrement l'archéologie grecque, soit par la similitude des formes, soit par la nature du décor. Je rappelle d'ailleurs, comme je l'ai dit dans mon Catalogue (p. 72), que beaucoup de ces vases ont subi, à des degrés divers, l'influence hellénique et qu'à cet égard ils avaient droit de trouver place ici.