AVERTISSEMENT
En tête du premier volume, j'ai déjà placé un Avertissement pour prévenir le lecteur que ces Albums sont un complément donné aux petits Catalogues^ où j'expose le classement raisonné des Vases, et qu'ils ne font pas double emploi avec eux. Je crois devoir répéter cet avis, car plusieurs auteurs de comptes rendus se sont étonnés de ne trouver dans l'Album aucun détail sur les groupements, la chronologie, le style, etc. Ces questions sont étudiées ailleurs. Ici je me borne à des descriptions aussi complètes que possible, en suivant le numérotage de chaque salle.
Rappelons encore que les descriptions comprennent, non seulement les vases reproduits dans nos planches, mais tous les vases du Louvre qui ont été publiés dans un ouvrage quelconque, à condition qu'on en ait donné une figure. Je suis de plus en plus convaincu que l'image de l'objet est indispensable à côté des mots
qui dépeignent le sujet représenté et que les meilleurs catalogues descriptifs, sans figures, restent un instrument i\ peu près inutile aux mains des travailleurs, malgré toute la peine et le temps qu'ils ont coûtés.
J'insiste encore sur ce point : notre intention n'est pas de présenter une publication définitive de chaque vase. Ce n'est pas le rôle d'un volume à bon marché qui, d'un seul coup, réunit plus de trois cents peintures inédites. Nous cherchons seulement à faire connaître les œuvres intéressantes, à les faire sortir de robscurito où elles végètent inconnues, sans utilité pour personne. L'artiste ou l'érudit sont ainsi avertis de l'importance d'une pièce ; ils peuvent venir à elle et la publier avec plus de détails. Nous voulons aussi montrer, dans son évolution régulière et logique, l'histoire de la peinture industrielle chez les Grecs. Les encouragements que nous avons reçus de plusieurs points nous ont été précieux, en nous montrant que les Universités françaises et étrangères tirent déjà un profit sérieux de ces albums pour l'enseignement de l'archéologie.
Le procédé photographique a été notre seul mode de reproduction. J'ose me flatter qu'on le trouvera en progrès sur le précédent fascicule et sur les autres ouvrages similaires. Nous n'avons pas cessé, M. Devillard et moi, de chercher à perfectionner nos clichés. Par des manipulations très simples, sans toucher aux figures elles-mêmes, nous sommes parvenus à supprimer à peu près les luisants, ce grand écueil des photographies de vases peints. Nous avons donné plus d'unité aux fonds. Il en résulte que les silhouettes de personnages se détachent plus nettement.
Certes il y a encore des améliorations à réaliser; mais je ne doute pas, pour ma part, que les progrès incessants de la science ne fassent disparaître un jour le procédé si imparfait du décalque, qui substitue à la pureté du trait antique l'interprétation toujours personnelle d'une main moderne et qui, de plus, par une série de reports successifs et de mises au net, émousse peu à peu ce qu'il y avait de sincère et d'exact dans la première copie. En reproduisant à grande échelle les parties les plus importantes du Cratère d'Antée et de la Coupe de Thésée (pi. 100 et 102), j'ai cherché à prouver qu'une photogravure très économique, à l'état brut, avec tous les défauts et les cassures du vase, conserve beaucoup mieux la saveur de l'œuvre antique qu'un dessin exécuté à grands frais et confié ensuite au graveur. L'avenir dira si j'ai eu raison de me fier à la valeur artistique du procédé. En tout cas, on ne peut lui refuser les avantages indéniables de la rapidité, de l'exactitude et du bon marché.
Quelques erreurs ou omissions se sont glissées dans le précédent Album. Pour ne pas attendre l'erratum final, qui prendra place dans le dernier volume, je signalerai les plus importantes, en priant le lecteur de les rectifier. — P. 21. Les fragments de Crète A 489 (2) et (7) ont été déjà publiés dans les Alhenische Mittheilungen, J886, pi. 3. — P. 55. Cratère E 633. L'épisode d'Hercule chassant le héraut du roi d'Orchomène est raconté par Diodore de Sicile, IV, 10, et non par Pausanias. — P. 58. L'amphore E 640 a été publiée dans les W/ener Vorlegehlàtler, 1889, pi. 11, n° 4. — Planche 9. Le sous-titre a été omis à l'impression : Vases Attiques trouvés à Chypre ( V siècle). Un critique très sévère de la Deutsche Literaturzeitung en a tiré cette conclusion que je voulais faire revenir la science archéologique au temps où l'on considérait comme étrusques tous les vases trouvés en Étrurie. Je pense que les lecteurs plus bienveillants auront d'eux-mêmes corrigé la faute, par comparaison avec les planches 17 et 18 (Vases Attiques trouvés à Rhodes). — Planche 37. Les numéros D 305 et D 322 sont à intervertir. — Planche 38. Les numéros D 339 et D 353 sont à intervertir.
Paris, novembre 1900.
SALLE E (suite)