Vases grecs et italo-grecs du Musée Archéologique de Madrid
La Cf^ramique grecque ei ilalo-yrerque omifte une place importante au Masée archéotogiffue de Madrid. La vaste salle qui lui est réservée ne contient /kw moins de i^tiOO pièces, au' nombre desquelles sont de précieux chejs-dœuvre comme la couf>e d'Aison et le cratère d'Asstéas. L'État esfMgnol rut naguère ta bonne fortune d'acheter à des conditions exceptionnelles une collection particulière de premier ordre, celle du marquis de Salamanca, Ainsi Jut acquis d^un seul coup un ensemble de vases moins riche sans doute que la galerie Campana, mais tel, en tout cas, quon n'en peut plus rassembler aujourd'hui. La collection nationale, dont le fonds Salamanca forma te noyau, n*a fait Jusqu'ici Cobjet daucune élude complète ei /l'a pas eu la publication qu'elle méritait. Plusieurs pièces de choix ont été signalées ou reproduUes, beaucoup sont restées inaperçues. Le Musée de Madrid n'est pas sur la route habituelle des archéologues; en y faisant une première visite, feus la surprise de reconnaître dans ses vitrines nombre de vases publiés jadis et que ton cite depuis longtemps ax^c la mention disparu. Ils étaient exposés en bonne place et ne pouvaient échapper au plus distrait des visiteurs. C'est dire que la collection n'est peu très connue des spécialistes et qu*il ne sera pas inutile de leur en faciliter l'étude.
Le présent ouvrage est surtout com[)Osé à leur intention: mais on a fait de son mieux pour le rendre accessible à un public moins restreint, f espère qu'il ne sera pas consulté sans profit itar les étudiants espagnols ou les lettrés désireux de s'initier rapidement, devant des originaux, à r histoire de la céramique et de la peinture anciennes. Je vaudrais, par ce léger service, m' acquitter, au moins
Tlll TASeS ORECS DO MUs£e DE MADRID
partiellement, de la dette de reconnaissance que /ai contractée vis-à-vis de l'Espagne, en usant si largement de son hospitalité. C'est à la libérale obligeance de M. Àmador de los Bios, directeur du Musée archéologique, et de M. Alvarez y Ossorio, conservateur des antiquités grecques et romaines, que Je dois d'avoir pu entreprendre et mener à bien ce travail. Il n'a pas suffi à M. Ossorio de m'autoriser à reproduire beaucoup de ses excellents clichés. C'est par ses soins qu'ont été réunie tous les renseignements concernant r origine des vases et l'histoire des collections madrilènes. Quil me permette de remercier en lui un collabf)raleur quotidien. Je ne dois pas moins à M. G. Radet, qui m'a sans cesse guidé de ses conseils et s'est chargé de Jeter le dernier coup d'œil sur les épreuves. L'Académie des Inscriptions et Belles -Lettres a bien voulu prendre ce livre sous son haut patronage et deux fois se souvenir de lui dans la répartition des fonds Piot. Je veux aussi rappeler que le Conseil de l'Université de Bordeaux, sur la proposition de M. le Becteur, s est offert à prendre m part de nos dépenses et que son généreux concours m'a singulièrement facilité la tâc/ie. Enfin, en inscrivant son nom à la première page de ce volume, J'ai désigné celui auquel s'adresse surtout ma gratitude, comme fondateur et directeur de cette École française d'Espagne, dont voici la première publication.
On ne trouvera pas ici la description de tous tes vases exposés. Un grand musée céramique comprend toujours quelques pièces sans nulle importance, des types communs représentés par plusieurs exemplaires. J'ai pensé pouvoir alléger mon texte de tous ces numéros négligeables, qui ont leur place dans un inventaire, non dans un ouvrage destiné aux bibliothèques archéologiques. J'ai de plus laissé de cdté un assez grand nombre de luises notoirement faux. On ne trouvera pas non plus dans les litiges suivantes une histoire résumée de la céramique ancienne, Vne imreille introduction ne se Justifie que s'il s'agit d'un très riche
lUTBODOOnOn II
rtisemhir comme rriui du iAïiwrr, dtt lirUUh MuMrum ou du Munéc dr lirrlin. romprtuanl des s/H^cimrttM de tnuteê icM épotfueg et dr ioults ie$ grondes séries. Klle nrst traillears plus ù faire apr^s les cotniogues de M. i^oUier, nuxtpiels nous reni>oyons presque à chtupie poge. Je nai ftos cru ce/ïcndani deiHiir m'itderdire (oui apen^u un peu génénd et me tforner t) un classement méthfMpie des notices ttescrifdives. Ainsi conçu y ce Uvre eût dt^courngé dès talKïrd tes lecteurs non familiarisés avec les recherches céramth' graphiques. J\h donc fait précéder chaque grande série d'tm Irh court préambule, pour en indiquer les caractère$ propres, répofpie, tes subdivisions et pour désigner ceux des vases décrits plus loin qui méritaient une attention particulière. Pour les lecteurs curieux de se renseigner en détail sur chaque type de vase, ou sur chat/ue style dont on trouve à Madrid des sjfécimens, j'ai donne quelques renvob bibliographiques en me bornant à citer les ouvrages généraux les plus récents ou les études spéciales postérieures d ces ouvrages.
Aux notices descriptives qui suivent ces brèves remarques f aurais voulu ajouter, pour chaque numéro, une exacte indication d origine. A mon regret, je n'ai pu que rarement préciser les lieux de trouvaille, lesquels ne sont presque jamais mentionnés dans les inventaires de la collection Salamanca. Pour le fonds Asensi les renseignements sont plus nombreux, mais toujours d'une exactitude douteuse; de même pour la collection Miré. On peut considérer en bloc comme trouvées en Grèce toutes les poteries léguées au Musée de .Madrid /xir Stutzel, ou acquises par Rada y Delgado. Les notes bibliograp/Uffues qui accompagnent certaUies notices renvoient aux publications dans lesquelles le vase est déjà décrit ou signalé; parfois aussi à des exemplaires très semblables du même type céramique ou de la même représentation.
Le classement général correspond en gros à f ordre chronologique et surtout à la succession des techniques et des styles, (/est celui qu*on s'accorde maintenant à adopter dans les catalogues mélhodiffues et celui qui ftermet le mieux de suivre Chûtoire de t ornementation et du dessin. Le classement par formes n internent que pour de petits groupes de vases appartenant au même style et à peu près au même temps.
Pour désigner les formes, Je me suis servi des appellations couramment employées, sans me dissimuler ce qu^elles ont de conventionnel et de provisoire. Elles ne sauraient prêter à confusion dans un livre abondamment illustré où tous les types principaux sont représentés au moins une fois. Pour les formes secondaires non reproduites, on trouvera des renvois aux tableaux qui accompagnent les catalogues du Louvre, ou à Couvrage de M. Walters, Hislory of ancient Potlery. Les numéros placés entre parenthèses sont ceux de l'inventaire général du Musée; chaque vase porte le sien inscrit sur une étiquette. Le classement dans les vitrines ne correspond [his exactement à notre numérotage méthodique. Pour trouver la description d'un vase exposé, il suffira d'en noter le numéro d'inventaire et de se reporter à la talAe de concordance qui termine ce volume. L'index qui l'accompagne est surtout une table alphabétique des représentations. Il comprend tous les noms propres cités dans les notices descriptives, ainsi que la mention des personnages, des objets, des détails les plus caractéristiques.
Dans un livre tel que celui-ci, l'illustration n'est pas seulement un complément nécessaire, on peut dire qu'elle forme la partie essentielle. Je l'ai faite aussi abondante que possible, mais Je regrette encore qu'elle ne le soit point davantage. Une description non illustrée, comme celle qu'a donnée Furtwangler des vases de Berlin j n'est guère utilisable que pour les visiteurs qui la consultent devant les originaux. Or le présent travail vise à un tout autre but: celui de faire connaître un Musée céramique qu'on a trop rarement l'occasion de visiter. Ne pouvant .songer à tout reproduire, ce qui est pourtant le système idéal. Je ne me suis pas tmrné à un choix des plus belles pièces, mais J'ai tâché de mettre sous les yeux au moins un spécimen de toutes les séries.
J'ai choisi sans hésiter le procédé photographique à l'exclusion presque complète de tout autre. Je sais qu'aux yeux de plusieurs j'aurai besoin de m'en Justifier. Ce mode de reproduction n'a pas seulement Cavtuilage d'être le moins coûteux. Aucun autre ne répond plus au caractère scientifique des recherches actuelles sur l'art ancien. Les vases sont à peu près les seuls documents directs dont nous disposions pour étudier l'histoire de la peinture grecque. L'ux seuls nous ont conservé la louche même ou le coup de burin
iftmoDtcno^ Il
des artistes grecs. Cesl à ce titre surtout qults notu sont précieux et tiennent une si large place dans les études arch/ni(Hfit/ues, Que dirait on d*un historien de Cart mttdcrne fpii, pouininl se servir de reprtMiurtions photographiques^ étudierait des fteintures d'après des dessins? Encore estM ftlus aisé à un graveur liabile de cttpier une truvre miuierne que de reproduire avec sa sat^eur propre celle d'un maitre grec, La seule différence de Voulillagr est un ol^stacle insurmontable à texactilmie. Le crayon de nos dessinateurs na rien de ctmimun avec le hurin d'Eu-ékias ou le pinceau Jîliforine d'Euphronios. Dans certaines gravures t le type des figures est à ce point déformé qu*il décHe au premier coup d*fpil la nationalité du copiste fvoye: par exemple dans Wallers, llisl. of anc. Poil., //, pi. V, /, la jeune Anglaise en costume athénien, qui se iM'nche sur un lit funéraire). Les très belles planches de Reichhold sont d*exceUents instruments de travail pour qui veut étudier la composition des scènes, non /his {tour qui tient à goûter, dans ce qu'il a de plus délicat et de plus personnel, le dessin d^un maUre ancien. En /yossession d'un procédé purement mécanique comme la photographie, il semble bien que Carchéologie doive renoncer à tout autre mode d illustration. Si elle ne l'a pas fait Jusqu'ici y c'est que la photographie des vases peints, surtout celle des vases attiques à figures rouges, présente les plus grandes diffiéullés. Il apparaît pourtant aujourd'hui qu'elles ne sont pas insurmontables. D<ws tieaucoup de nos épreuves, on a réussi à supprimer les luisants, ou du moins à faire qu^ils ne cachent plus rien du contour et du détail des figures. Sans doute, le profil arrondi de certains vastes entraine maintes déformations ; mais notre intention n*est pas ici de donner pour chaque pièce une publication définitive. On s^esl seulement proposé de représenter l'aspect général du vase et de montrer, avec la /Hirtie principale de son décor, la qualité /parti' culière de son style. Cesl à quoi la reproduction photographique lx)uvaH seule réussir. Très peu d'épreuves ont été retouchées: aucune dans ses parties essentielles. Pour les peintures les plus notables, on s'est gardé de réduire la gravure à de trop j te files dimensions et fo/i a souvent donné des détails à grande échelle. Tout n'est pas inédit dans celle iiluslralion, car il a paru indispensable de reprodufre de nouveau les pièces maltresses, déjà connues^
comme la coupe dAison, Ir.s rralères cCAndocide et dCAssléas, Ainsi nos cinquanle-lroLs planches donneront une idée assez complèle de V ensemble de la collection. Elles dispenseront aussi de se reporter f)our des œuvres célèbres ^ fréquemment citées, à des ouvrages spéciaux^ rares ou peu maniables.
La tâche y souvent difficile, de transposer les épreuves photographiques en similigravures a été confiée à M. J. Devillard. Ses précédents travaux et surtout ses reproductions des vases du Louvre y qui illustrent les beaux albums de M. Pottiery le désignaient tout spécialement pour elle. Il s'en est acquitté avec un ple'ui succès et une inlassable obligeance. Après beaucoup d'autres, dont il a déjà été l'excellent collaborateur ^ nous sommes heureux de lui en exprimer nos remerciements.
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Ollir.l?«R KT IIISTOinK 1)1 I \ < <»l«LRCTIO?l
Le MiiHt^e arrhcoln^^iquc national fut fondt^ par un liik^rcl royal <lu *ii mai i8(>7 et installé par son premier (lircclciir. Petlru Felipe Monlaii, dans un ancien liotel royol <le la Calle de los Kmbajadores, appelé ri Cnshtn. On y lit entrer dw ohjel.H conservé» jusqu'alors à la Hililiotlirque Nationale, au Musée des Sciences naturelles et ù rflcolc supérieure de diplomatique. A la Bibliothèque Nationale appartenait une modeste colleclion de l 'j vases anti(|ucs, entre autres le cratère de Persée et le Stamnos représentant une danse de vieillards. Tous ces vases, trouvés en Italie, provenaient d'une donation du roi (iharles III. Le Musée des Sciences naturelles possédait 52 pièces de moindre importance, toutes de fabrique italiote, données en 1771 par Pedro Franco Davila. L'n seul vase est inventorié comme ayant appartenu à FÉcole de diplomatique. Ces quelques numéros formèrent le premier fonds de la collection céramique de Madrid. Ils représentaient la piincipale richesse du nouveau musée, après les monnaies antiques réunies par Flnfant Gabriel.
En 1868, Felipe Monlau, homme de compétences multiples, quitta le poste de directeur pour occuper une chaire de médecine à rUniversité centrale. Il eut pour successeur José Amador de los Rios, auteur d*une Histoire de la littérature espagnole. A celui-ci revient le mérite d'avoir entamé avec le marquis de Salamanca les premiers pourparlers en vue de l'achat de sa collection. Moins d'un an après son entrée en charge, il était lui-même remplacé par le poète Ventura Kuiz Aguilera. Les missions scientifiques organisées à la même époque par le gouvernement révolutionnaire eurent pour la développement du Musée d'assez heureux résultats. L'une d'elles prépara l'acquisition des célèbres sculptures ibériques du Cerro; une autre, conduite en Orient par Rada y Delgado (1871), fut surtout profitable au département des vases peints. A bord de
la frégate ArapileSy Rada visita rapidement la Grèce, TAsie Mineure, la Turquie et l'Egypte. Il utilisa pour le mieux les faibles ressources qu'on avait mises à sa disposition pour des achats et il rapporta au Musée archéologique Sig objets. De ce nombre était le lot des lécythes blancs attiques (cf. Rada y Delgado, Viaje a Oriente de la fragala de guerra ArapUes, Barcelona, 1876).
En 1872, Antonio Garcia Gutierrez remplaçait Ruiz Aguilera. Les premières années de sa direction furent marquées par une suite d'acquisitions importantes ; celle entre autres du fameux fonds Salamanca. Le marquis de Salamanca conservait alors dans sa villa de Vista Alegre, près de Madrid, et dans son palais des Recoletos, un véritable musée d'art antique. Financier et homme politique, possédant une fortune colossale, mieux assise que celle de l'État espagnol, il avait longtemps été une manière de potentat. Des entreprises industrielles, notamment la construction des premières lignes ferrées dans les États ponlilicaux, l'avaient conduit plusieurs fois en Italie. C'est lu qu'il était devenu collectionneur. A Calvi, il avait acquis en bloc les trouvailles faites sur remplacement d'un sanctuaire romain. Après Campana, il fut le meilleur client des marchands italiens et des fouilleurs clandestins de tombeaux antiques. Il achetait à Rome et à Naples. On retrouve dans sa galerie de vases grecs des pièces ayant appartenu à Braun,ù Gargiulo,et morne, semble-l-il,au Museo Borbonico. Vers i863, il était sénateur à vie, grand d'Espagne, et Ton estimait sa fortune à 5o millions. C'est à ce moment que des entreprises malheureuses, entre autres la construction du faubourg Salamanca à Madrid, l'acheminèrent lentement vers une ruine presque totale. Le mauvais état de ses affaires le contraignit 11 se défaire peu à peu de ses collections. En 1867, a Paris, une première vente dispersa en partie sa galerie <lc tableaux. La collection d'antiques restait intacte, mais on coinnienvait à parler de son achat parle Musée archéologique. i'i) inventaire fut dressé par Rada y Delgado, qui ne compreniit cjiie les objets exposés à Vista Alegre; on les estimait a I ,•>()() pesetas. Les négociations, ouvertes par Amador de
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los Riot dès 1868, iraboulireiii que six ans plus tard. Le 10 mai 1874, Tacte de vente Tut signé par Gutierrez. Pour une somme de s5o,ooo pesetas, couverte par un crédit spécial, le Musée se rendait acquéreur de toutes les antiquités conscr vées à Vista Alegrc et aux Hecolclos. Les vases pcintA for maient le plus riche lot de cette collection, qui comptait uustti des bronzes, des marbres, des terres cuites, des monnaie», des bijoux, en tout i,3a5 numéros. Le marquis ne gardait plus qu'une série de tableaux, qui furent eux-mt^mcs cédés en détail à des créanciers ou vendus à Paris. Rarement collection aussi importante était venue enrichir une galerie d'antiques. Dès lors, les vitrines de céramique ancienne se trouvèrent fort à rétroit dans les salles du Casino. L'installation des vases peints ne devint définitive et satisfaisante qu'après le transfert du Musée dans le nouveau palais, construit pour lui et pour la Bibliothèque Nationale en 1892.
En juin 1870 fut achetée pour ia,ooo pesetas la collection de José Ignacio Miro dont faisaient partie 29 vases antiques. Le lot a été inventorié, en bloc, comme provenant de trouvailles faites en Espagne. Si cette indication était exacte (mais pour quelques numéros elle semble au moins douteuse), ces poteries, malgré leur peu de valeur, mériteraient une attention particulière. L'année suivante entraient au Musée les antiquités réunies par le consul Asensi. Cette collection, payée 4o,ooo pesetas, comprenait environ 3oo vases, des fragments d'architecture, des sculptures en marbre, des bronzes, des terres cuites, en tout i,33o numéros. Thomas Asensi, ancien consul d'Espagne à Tunis, avait d'abord rassemblé des objets trouvés en Cyrénaïque. Mis plus tard en relation avec des marchands italiens, il ajouta à ce premier fonds, de provenance connue, des antiquités d'origine douteuse et beaucoup de grossières falsifications, auxquelles le Musée de Madrid aurait dû refuser l'entrée de ses vitrines.
En 1900, se place le dernier accroissement notable du département de la céramique ancienne. Un antiquaire munichois, Théodore StùtzcJ, fit don à l'État espagnol d'une collection de 800 objets, pour la plupart recueillis dans l'Ile de Samos. De
XVI VASES (iRECS Dt MtSEK DE MADRID
ce nombre sont des outils préhistoriques, des bijoux, deê ivoires, des verres, des fîgurines de terre cuite; enfin, un lot de aa poteries grecques, des types les plus divers. Cet ensemble occupe aujourd'hui une vitrine spéciale dans la salle de céramique.
Entre ces grandes acquisitions, le Musée procéda encore à quelques achats isolés, dans la mesure où le lui permettait son mince budget annuel. Une réforme prochaine va sans doute le doter de plus notables ressources et lui fournir les moyens d'accroître plus régulièrement ses anciens fonds. Il est aussi décidé que les quelques vases de la collection royale, exposés au Prado dans les galeries de sculpture, et jadis catalogués par Hiibner (Ant. Bildw., n. S^o-Sgo), viendront bientôt rejoindre ceux du Musée archéologique. Enfin, d'autres entrées sont encore à prévoir : celles des poteries grecques exhumées en Espagne. Sur bien des points de la péninsule, notamment sur tout le littoral oriental, les trouvailles de tessons, voire de pièces à peu près intactes, se multiplient. Les seules fouilles d'Ampurias en ont livré une collection. Il est à souhaiter que le Musée de Madrid s'intéresse tout spécialement à ces découvertes, si précieuses pour l'histoire du commerce méditerranéen, et que, dans la salle de céramique grecque, on installe bientôt une vitrine nouvelle pour les vases trouvés sur le sol espagnol.
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llllllJOtilt\l»lllF. l)i: IV COLLECTION
Voici, avec qiielqiK I i n^ t(>inun|iie8 sur leur contenu et ItMir importance, la liste des ouvrages, ant4^rieurs au notre, qui concernent 9oit rensenibledc la collection, soit quelqu'une de ses leuvres inuitresses.
' On ne trouvera pas mention dans cette biblio}<ruphic d'un ralalogue ofliciel du Musée archéologique de Madrid, bien que ce travail ait été depuis longtemps entrepris par les savants espagnols. Un seul tome en efTel en u été jusqu'ici publié, lequel comprend les terres cuites grecques, mais non les vases peints (Rada y Delgado, ^V//<i7o(/o M Museo arqucolôgico nacionai; Madrid, i883). Les descriptions sont des plus sommaires, les figures tri»s rares et le classement des objets prêterait a maintes critiques. La publication de cet ouvrage a dû, pour diverses raisons, être interrompue; il est douteux et peu souhaitable qu'on la poursuive dans la forme où elle a été commencée.
Hûbner, Die andb'n hUtbiferkr in Matlrid. Berlin, 1862.
Ilubner a décrit dans cet ouvrage un assez grand nombre de vases. Ce sont: i* 5a numéros de la collection royale, exposés de son temps, comme encore aujourd'hui, au Musée du Prado (n" S/io-Sgo). Presque tous ces vases sont d'origine italiote et de peu d'intérêt, a ' 8 pièces de la Bibliothèque Nationale (n** 39i-3()8). 3' 10 du Musée des Sciences naturelles (n*'5i3-5a3). V Enfin les plus belles pièces de la collection Asensi (n** 63ar638). Ces descriptions, rapportées par Iliibner de son. premier voyage en Espagne, en 1860, ont surtout le tort de n'être pas accompagnées de figures. Elles datent d'une époque où la science céramographique en était à ses débuts et il ne faut pas s'étonner d'y trouver des lacunes et des imprécisions.
Museo espaAol de Anligiiedades. .Madrid, 1872-1880.
Dans cette grande publication, interrompue après le dixième tome, ont paru trois longs articles relatifs à des vases du Musée archéologique. .\u tome l", p. a93 et suiv., on trouvera une élude de Pedro de Madrazo sur le stamnos n* i55 (komos des vieillards aux cécry-
tviii Vases grecs du musée de madrid
phales) et le cratère n° 169 (meurtre de Méduse). Dans le tome 1\, p. 81 et suiv., Eduardo de Hinojosa publia le cratère d'Asstéas, n" 869 (Folie d'Héraklès). Les reproductions, toutes de grand format, sont d'une polychromie un peu fantaisiste et d'une Gdélité douteuse. Le texte qui les accompagne intéresse plutôt l'histoire des études archéologiques que celle de la céramique ancienne, bien que les auteurs ne manquent point, à propos des monuments qu'ils publient, de remonter jusqu'aux origines de la peinture de vases.
Nolicia hislôrico-descripl'wa del Museo arqueolôgico nacional, publicada siendo director del mismo D. Antonio Garcia Gutierrez. Madrid,
Cet ouvrage, tiré à peu d'exemplaires, à l'occasion de l'exposition de Philadelphie, est surtout l'œuvre de Hada y Delgado. 11 contient quelques renseignements généraux sur l'histoire du Musée et de courtes notices, sans illustrations, sur un certain nombre de vases grecs
R. J. Mélida, Sobre los vasos griegos del Museo arqueolôgico nacional. Madrid, 1882, /i8 p., 6 gravures.
Dans cette plaquette, l'auteur donne un aperçu d'ensemble de la collection exposée au Musée archéologi(iue. Seules les pièces les plus importantes font l'objet d'une mention spéciale. Les pages consacrées aux vases de Madrid sont précédées de réflexions très générales sur l'histoire de la céramique ancienne. Les gravures sur bois, assez bonnes pour l'époque de la publication, représentent les peintures inversées, avec la droite à la gauche.
— Vasos griegos, etruscos à italo-griegos en Madrid, dans le Boletin de archivos, 1, 1896, p. iio-ii3.
Notice très sommaire sur les vases du Musée national. M. Mélida l'accompagne de quelques renseignements sur les autres collections européennes, d'après le catalogue de M. E. Pottier.
Bethe, Jahrbuch des deulschen archaologischen Insliluts, VI II,, 1898; Arck. Anzeigery col. 5 et suiv. (sans gravures).
A la suite d'une visite au Musée de Madrid, Bethe publia ce court rapport où sont mentionnées les plus belles pièces de la collection, et notamment des vases avec inscriptions que n'avait pas signalés M. Mélida. C'est à lui que l'on doit la lecture du nom de l'artiste sur la célèbre coupe d'Aison. Un peu avant l'article de VAnzeigery le vase avait eu, grAce au môme savant, les honneurs d'une publication particulière dans les Aniike Denknuiler (II, pi. 1).
mUOORAPnil Dl LA GOLUtCTtO!! ui
Il (ûi k nouveau reproduit en 1896 dans la revue llUtoria y ArU. (tome I, p. 5a), avec une notice de R. J. Mélida inspira det deui étudea précédentea.
Von Bienkowski, Revisla de archivai, t. III, 1899, p. 6o4 el auiv. (en espagnol); Jahrtxhejle des Merreiches liutitatn, III, 1900, p. 69 el auiv. (même texte en allemand): quatre ^ravurea d'après dea deaaina.
Cet important article est consacré à deux des plus beaux ^asea de la collection: rampliore d'Andocide, n« 63, et l'amphore anonyme n* ()5 qui représente Hercule tuant les flis d'Eurytos.
R. J. Mélida, Revista de archivoSy t. V, 1901, p. 669 et suiv.
L'auteur annonce l'acquisition par le Musée de la collection StUtzel et la passe rapidement en revue. Une gravure hors texte (pi. \ll) reproduit le stamnos béotien n* 5, qui fit bientùt après l'objet d'un article spécial de S. Reinach, dans la Revue archéologique, 190a, 1, p. 37a et suiv.
Fr. Alvarez Ossorio, Una visita al Museo arqaeolôgico nacional. Madrid, 1910.
Ce petit guide, le seul qui ait jamais été écrit pour le Musée de Madrid, contient quelques renseignements sur la salle de céramique grecque (p. a^aS) et quelques reproductions de vases peints. M. Ossorio est revenu plus longuement sur le même sujet dans l'ouvrage suivant.
— Vasos griegos, etruscos é italo-griegos que se conservan en el Museo arqueolôgico nacional. Madrid, 19 10, i65, p. XLVI pi.
L'auteur a réuni dans ce livre deux conférences précédemment publiées par lui, sur les vases relatifs aux mythes de Dionysos et d'Héraklès. II y ajoute: une histoire sommaire de la collection; dea considérations générales sur la céramique antique ; un résumé de la mythologie grecque ; la description de quelques vases, de sujets divers, non mentionnés dans ses deux premières brochures; enfin un inventaire général du Musée, où chaque vase figure, pour une ligne, avec la désignation de sa forme, de son style, de son sujet, de sa hauteur et de sa provenance. Les appellations données aux formes céramiques ne seront pas acceptées sans vérification. Quelques-unes fromnie ulceollus, urna, hMkion, kotylos, ollita, isthmios) ne sont pas couram-
XX YASES GRECS DU HVêin DE MADRID
ment usitées dans de telles nomenclatures et ne suffisent guère à (aire reconnaître sans autre commentaire un type de vase. On fera aussi quelques réserves en ce qui concerne la désignation du style (la coupe d'Aison est inventoriée avec le qualificatif griego décadente et la rubrique italo-griego serait pour maints numéros difficile à justifier). De nombreuses reproductions photographiques accompagnent ce texte abondant que Tautcur a voulu mettre h la portée du grand public espagnol.
VASES GHECS DE STYLE OÉOMÉTHlytE
Ces vases, d'ailleurs peu nombreux , forment le groupe la plus ancien de notre collection. Presque tous ont éiâ acquis en Grèce par De la Hada. Le stamnos n" 5 pn'scnte tous les caractères de la fabrique Ix'oliennc. La coupe profonde n* G, d'un décor particulier et d'une argile grossière, qui nVst pas celle de Béotie, ne se classe dans aucune série connue. Les autres pièces proviennent certainement des ateliers attiques. On y reconnaît la terre rouge pâle, le lustre spécial et les motifs des poteries dites du Dipylon. Ce sont des pyxis de médiocres dimensions, dont on se servait pour déposer des aliments dans la tombe, auprès du mort. Avec des gobelets, des coupes, des cruches et des cratères, elles composent le mobilier ordinaire des sépultures dipylienncs. On a souvent trouvé dans cette vaisselle funéraire des traces de liquide et des 08 d*animaux (Bruckner-Pernice, Aihen. MUleil., WIII, 1893, p. i4i; Skias, 'K^t^jjl. ipy., 1898, p. 99). Les pyxis de Madrid sont du style dipylien développé. Les tombes géométriques de TAcropole en ont livré d'un décor plus simple et d'un âge plus ancien. Le n" 3, dont la panse repose sur un pied conique ajouré, analogue à celui des grandes coupes béotiennes, était sans doute une sorte de réchaud. Le vase-réchaud débute par cette forme, dans la fabrique attique, pour devenir finalement le grand \iir,^ ^2[k:y.i; à figures rouges (cf. le n* 207).
Sur les pyxis du Dipylon, cf. surtout Poulsen, Die Dipylongrâber u, die Dipylonvasen^ p. 26, 81, 90, no; des vases analogues à ceux de Madrid sont reproduits dans Perrot et Chipiez, HUloire de VArt, VU, p. i63, fig. 43; p. i6/i, fig. 46; p. 169, fig. 52 ; Masner, Die Scuwfiltmg anl. Vasen im osier. Sîaseam, pi. I, 3i. Sur la fabrique béotienne, cf. BOhlau, Juhrbuch des archaol. InslU., 1888, p. 325 et suiv.; Potlier, Catalogue des vases antiques du Louvre, p. 238 et suiv.; Walters, History of ancienl* Pottery ^ I, p. 286 et suiv.
O. LBBOCX.
TÀ8ES GRECS DU MUsés DE MADIÙD