‹ Vases grecs et italo-grecs du Musée Archéologique de MadridChapitre 5 sur 34 · VASES DE STYLE CORINTHIEN · texte numérisé non relu

VASES DE STYLE CORINTHIEN

^ Non plus que les pn5c<^dcnts, les vases qui suivent ne doivent être tenus pour fabriques dans la seule ville de Corintlie. Mais le nom de corinthien est depuis longtemps consacn* pour leur style et il n'y a nulle raison d'en discuter l'exactitude. Ajoutons qu'aucun d'eux ne peut être attribut' en toute certitude à un atelier provincial, de Béotie par exemple ou de Sicile. L*argile garde en général le même aspect que dans les poteries protocorinthiennes. La technique se complique de remploi des incisions et des retouches rouges et blanches. La décoration géométrique fait place aux motifs floraux stylisés, aux zones d'animaux et finalement aux scènes de personnages.

J'ai placé en tête les deux plus belles pièces de cette série : la grande olpé Ferra et le cratère aux cavaliers de la collection Salamanca. L*olpé (n* 21) est le chef-d'œuvre d'une catégorie de vases fort connue, dont aucun ne provient de Grèce, et qu'on a parfois attribués en bloc à une fabrique italienne (De Ridder, Vases de la Bibliot. Nat., p. 33). Dans son cas particulier, la nature de Targile, la qualité du style et le fini du travail attestent, dans la mesure du possible, qu'il ne s'agit pas d'un produit d'imitation. Le grand cratère aux cavaliers (n* 32), avec son engobe orangé imitant l'aspect de la terre attique, appartient à la dernière époque du style corinthien. C'est un excellent spécimen d'une catégorie abondamment représentée au Louvre (E 61 3-638). Le large couvercle (n* 23) de la collection Stutzel est une pièce d'une espèce peu commune, où se retrouve exactement la technique, mais non le style corinthien. Il n'y aurait pas d'invraisemblance h y voir

lO VASES GRECS DU UrSÊE DE MADRID

Tœuvre d'un potier ionien. Viennent ensuite divers vases de nnoindre valeur et de types déjà très connus : des œnochoés à panse massive et à large fond, de gros alabastres piriformes, des arybailes aux zones d*animaux chargées de motifs de remplissage.

Sur les vases de style corinthien, cf. en dernier lieu Walters, Ane. Poil. y I, p. 3o3 et suiv.; Perrot, llisl. de l'Art, ÏX, p. 569 et suiv.

21 iinv. 10788). Grande olpé. Haut., 0-54. (PI. II.)

Panse ovoïde; col largement évasé; anse large et plate à quatre nervures. Sur le col, à rattache de Tanse, deux disques placés sur chant et imitant deux têtes de rivets métalliques. Un filet saillant à la base du col, un autre à sa bordure. Pied large et plat.

Terre jaune pâle, légèrement rosée. Peinture noire tournée par places au rouge orangé; retouches rouges violacées et blanches. Travail d'incision soigné. Bon état de conservation.

La décoration comprend six zones d'animaux et de personnages, hautes de 6 à 7 centimètres, r* zone (à partir du sommet): Sur la face antérieure, du coté opposé à l'anse, une femme debout, face à gauche, (polos rouge, péplos dorien, rouge et noir; les bras ne sont pas indiqués); à ses côtés, deux sphinx assis, se faisant face (polos et chevelure rouges, retouches rouges sur les ailes et le buste). Derrière le sphinx de droite, un lion marchant, tourné dans le même sens, la tête vue de lïice. Derrière le sphinx de gauche un lion debout, face à droite, la tête vue de profil et la gueule ouverte (retouches rouges sur la crinière, le col, le poitrail). Dans le champ, des rosaces de toutes grandeurs, étoilées de traits incisés. Au-dessus et au-dessous des figures une ligne de points blancs. 2* zone: Un chœur de dix-sept femmes, marchant vers la gauche et se donnant la main (polos rouge, péplos dorien rouge et noir, serré à la taille par une ceinture ornée d'un zigzag incisé). Rosaces dans le champ. 3* zone : Groupes d'animaux : Au centre, une quadruple pal mette rouge et noire; de chaque côté, deux sphinx assis, se faisant face (polos et poitrails rouges; ailes rouges et noires). Derrière celui de droite, un lion marchant vers la gauche, la tête vue de profil, la gueule ouverte (même technique que précédomment), puis deux autres lions afTrontés, l'un avec la tête vue de face, l'autre de protil. Derrière le sphinx de gauche, un lion mar*

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chant à droite, U tête vue de face; un gn>ii|»e d« deui lions nfTmnlrft (une léle de (àoe, raiitrr de proHI). Sout Tante, un dernier lion marchant à gauche (lète de profil). Boaacea dans le champ, k' xone : Au centre une Sirène, avec une tète de femme sur un corpa d oiieau, debout, le» ailes déployéei, la tète toiirm^» k f^nurlie (rouge tur le poloi et les ailes). A tes côtés deux »phini debout, te laisant Dice (rouge sur les polos et les aile»). Derrière celui de droite un lion marchant à gauche (lète de face), un groupe de doux lion<^ alTronti!*» (une tète de face, l'autre de profil). Derrière le s^phinx de gauche, un lioo marchant k droite (tète de profil), un groupe pareil au précédent. En arrière, au-detsous de l'anse, un autre groupe identique. Dans le champ, des rosaces. 5* zone : Au centre, une rcmmc debout, ailée, le corps vu de face, la tète tournée à gauche, tenant de chaque main par le cou un cygne ou un canard (ailes déployt'^es et recourbées, polos rouge et noir). A ses c<^tcs, deux spliinx debout, face k face; derrière celui de droite un lion marchant à droite (t<^te de profil) ; un groupe de deux lions an'n)ntés (une tête de face, l'autre de profil); un lion marchant k droite (tôle de profil). Derrière le sphinx de gauche, un lion tourné dans le même sens (tète de face); deux groupes de deux lions affrontés. Rosaces dans le champ. 6* zone : Au centre, une Sirène debout, tournant la lète à gauche, les ailes repliées (rouge sur le polos et les ailes). A ses côtés deux sphinx debout, face à (ace. Derrière eux, deux lions marchant vers la Sirène (une tète de face, l'autre de profil); quatre groupes de deux lions afTront<'s, pareils k ceux des zones précédentes. Rosaces dans le champ.

Sur la panse, au-dessous de la dernière zone, des dents do loup très aiguës, la pointe en haut. Sous le pie<l du vase dos corcl<»s conccnlriquo».

G>lleclion Ferra. Trouvée à Vu Ici.

MicaU, Monum. ined., p. 4i, pi. V, n. 3; Hev. des Éludes anr., X, 1908 (Badet), p. i3a, Qg. 34, 35. Ossorio, Vasos griegos, pi. \LV.

Vases du même type: De Ridder, Bibl. \at., n* 85, pi. Il; Perrot, HUI, de VAii, II, p. 609.

22 (Inv. 10840). Cratère. Haut., o-3i. (PI. II.)

Panse large et rebondie, posant sur un pied étroit, sans moulures, légèrement convexe. Le col est large, cylindrique, avec un rebord haut et droit. Les anses arrondies et missives sont redressées verlicalemenl, et prolongiics par une large bande plate qui vient s'attacher au bord du col. Clelte forme est particulière aux dernières fabriques corinthienne;» cl à certains ateliers ioniens.

Terre jaune pâle, fine et résistante, recouverte sur toute la surface externe du vase d'un engobe Jaune orangé, qui imite assez exactement l'upect de là

la VASES GRECS DU MUSÉE DE' MADRID

terre attique. L'intérieur est enduit d'une couleur noire terne. Le décor externe est peint sur l'engobe orangé en noir, en rouge violacé, et en blanc jtun&tre. Les incisions, peu nombreuses, sont d'un travail soigné. Quelques fragments brisés et recollés sans restaurations importantes. Un sujet sur chaque face de la panse.

A. Trois cavaliers au galop. Ils se dirigent vers la gauche, tous trois tenant en main, en même temps que les rênes, une lance verticale à large pointe. Le cheval du milieu est blanc, à crinière rouge (modelé du corps, détail de la tête et harnais indiqués au trait brun); les deux autres sont noirs, l'un avec l'encolure rouge, l'autre la croupe et la crinière rouges, la queue blanche. Les cavaliers sont vêtus d'un chiton rouge, court et collant; ils ont les cheveux flottants sur le cou. Dans le champ, au-dessus des deux chevaux de droite, volent vers la gauche deux oiseaux (noirs et rouges).

B. Au centre, un grand motif composé de deux palmettes et de deux fleurons épanouis, opposés deux à deux et formant une croix, les fleurons dans le sens vertical, les palmettes dans le sens horizontal; celles-ci sont encore accostées chacune de deux fleurons. Tous ces ornements en blanc, cernés de noir et rehaussés de rouge, avec quelques incisions. A droite et à gauche de ce motif central, deux coqs se taisant face (col blanc, plumage rouge et noir, crête rouge); au-dessus de chacun un grand fleuron de lotus, blanc, cerné de noir et rehaussé de rouge.

Sous chaque anse, un cygne, face à droite, les ailes (rouges et noires) à demi déployées.

Au-dessus de chaque sujet, à l'épaule de la panse, un rang de godrons rouges, noirs et blancs. Sur le col, peint en noir, des cercles rouges cernés de points blancs. Sur le rebord du col, une grecque noire rehaussée de blanc. Sur la panse, au-dessous des sujets, entre des filets rouges, des zigzags obliques, noirs et blancs, une zone noire; une zone de dents de loup, la pointe en haut. Le pied est peint en noir et bordé d'un filet rouge. Les anses sont noires bordées de rouge dans leur partie haute. Filets rouges sur fond noir à l'intérieur du col.

Collection Salamanca.

Mélida, Vasos grieyos, p. 17 ; Ossorio, Vasos griegos, pi. XLV.

Sur ce type de cratère à personnages, cf. les vases du Louvre, E, 033, E 630; Potlier, Calai. , p. /|78 etsuiv.; Walters, Ane. Poil., I, pi. XXI, •j ; Monum. ant. Lincei^ 1908, p. 91, pi. l et 11. Les mêmes cavaliers se retrouvent fréquemment sur les vases chalcidiens. Furtwiingler-Reichhold, Griech. Vasenmalereiy pi. XXXI, loi, loa.

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