VIII PREFACE A VATHEK
(les bouquins hors de mode, aux feuillets desquels ne demeure de toute synthèse qu'effacement et anachronisme, flotte la nuée de parfums qui n'a pas tonné. La cause... mainte dissertation et au bout je crains le hasard. F*eut-ètre qu'un songe serein et par notre fantaisie fait en vue de soi seule, atteint aux poèmes : or leur rythme le transportera au-delà des jardins, des royaumes, des salles ; là où Faite de péris et de djinns fondue en le climat ne laisse de tout évanouissement voir que pureté éparse et diamant, comme les étoiles à midi.
Ln livre qui en })lus dun cas, son ironie d'abord peu dissimulée, tient à l'ancien ton et, parle sentiment et le spectacle vrais, au roman évocatoire moderne, ma quelquefois contenté : en tant que bien la transition ou comme ])ro(liiit oriiiinal. Le manque de maint effort vers le type tout à l'heure
PREFACE A YATIIEK IX
entrevu ne m'obsède pas à la lecture de ces cent et quelques pages ; dont plus dune, outre la préoccupation d\ badiner à bon escient, révèle chez qui récrivit un besoin de satisfaire Timagination d'objets rares ou grandioses. Le millésime, tantôt séculaire, placé sous le titre, reste à ce compte, pour l'érudit, une date ; mais je voudrais auparavant séduire le rêveur.
L'histoire du (-alife Vathek commence au faite d'une tour d'où se lit le firmament, pour finir bas dans un souterrain enchanté; tout le laps de tableaux graves ou riants et de prodiges séparant ces extrêmes. Architecture magistrale de la fable et son concept non moins beau ! Quelque chose de fatal ou comme d'inhérent à une loi hâte du pouvoir aux enfers la descente faite par un prince, accompagné de son royaume; seul, au bord du précipice : il a voulu nier la