PREFACE A VATHEK XLV
une phraséologie correcte et par endroits égale au luxe de tableaux ou à quelque grandeur de sentiments ; l'équilibre entre l'imagination et le faire inclinant plutôt vers celle-là comme, chez beaucoup de prosateurs classiques, il relève du côté de celui-ci. Bien. A peine si plusieurs anglicismes accusent de loin en loin un très léger malaise ; et d'autres évoquent-ils quelque charme. Seule erreur avec plus de fréquence constatée qu'à la lecture de nos maîtres les modèles, une confusion atteignant le possesseur^ ou le relatif, dans les pro)i07ns comme son, sa, ses, et il, elle, la, lui, etc. Pardon ! et (pour clore) pareil tort dépend de certaines conditions grammaticales de l'anglais mal oubliées, ainsi que d'une trop stricte obédience chez quelqu'un du dehors à nos règles empiriques. Rien n'absout Fimpéritie apportée au maniement des attaches de la phrase (ou celle-ci se dissémine en l'ombre et le vague; ; mais
XLVI PREFACE A YATHEK
que de conquêtes sur ces deux jumeaux néfastes, oui ! dans l'étreinte ferme et la mise en lumière de mots : il n'y manque pas une certaine préciosité même agréable dans la certitude à choisir entre tous l'exclusif et le bon. Tel passage, voilé ou intense, calme, mélancolique et grand, doit son multiple caractère à la vigilance toujours au guet de l'écrivain : que détacher qui ne soit vain lambeau ? Applicable à de la subtilité flottant entre les lignes, le traitement par moi suivi en premier n'est point d'usage ici avec leur teneur même; et, comprendre au vol des extraits, on a plutôt fait de lire le volume. Voltaire imité (celui de belle eau, mais c'est mal d'être à ce prix parfait), une prose, qui plus souvent annonce Chateaubriand, peut honorer aussi cet autre nom, Beckford. Tout coule de source, avec une linijjidité vive, avec un ondoiement large de périodes; et l'éclat tend à se fondre dans la pureté totale du