‹ Vathek. Réimprimé sur l'original français, avec la préf. de Stéphane MallarméChapitre 6 sur 37 · XII PREFACE A VATHEK · texte numérisé non relu

XII PREFACE A VATHEK

méchanceté^ la foule.. Lue poésie (que Torigine n'en soit ailleurs ni l'habitude chez nous) bien inoubliablement liée au livre apparaît dans quelque étrange juxtaposition d'innocence quasi idyllique avec les solennités énormes ou vaines de la magie : alors se teint et s'avive, comme des vibrations noires dun astre, la fraîcheur de scènes naturelles, jusqu'au malaise ; mais non sans rendre à cette approche du rêve quelque chose de plus simple et de plus extraordinaire.

Bien : ce Conte, tout autre que des Mille et une Xuits qu'est-ce: ou quand brilla-til. du fait de qui donc ?

Sous la tutelle des lords ('hatham et Littletou. anxieux d'en faire un Iiomme politique marquant, étudiait. ( li(»\é par sa mère et banni d'aupivs d'elle jtoui' l'achè-

PREFACE A VATHEK XIH

vement d'une éducation somptueuse, le fils de feu le lord maire Bcckford (de qui la fière adresse à George III se lit sur un monument érigé au Guildhall). Mais, aux voûtes de la demeure provinciale avec le silence, un génie, celui de la féerie et de rOrient, élut cette jeunesse : exilée d'entre les grimoires de la bibliothèque paternelle et hors d'un certain Boudoir Turc^ il la hantait en Suisse, au cours de droit et de sciences, et à travers la Hollande, l'Allemagne, l'Italie. Savoir les classiques, dépositaires des annales civiles du monde passé, charmait l'adolescent comme un devoir, même des poètes, Homère, Virgile ; mais les écrivains de Perse ou arabes, comme une récompense ; et il domina l'une et l'autre des langues orientales à l'égal du latin ou du grec. Avis, prières, insinuations et jusqu'au blâme, confiscation amicale des tomes trop feuilletés, nul fait de la raison ne savait conjurer l'enchantement;

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