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Archives Nationales. S. 35i

Nous devons, pour rendre hommage à la vérité, dire que nous n’avons jamais rencontré la moindre reproduction par l’image de cette chapelle.

En même temps que la fabrique pensait à édifier ce monument, elle faisait transporter et placer au centre du nouveau cimetière, à l’occasion de son ouverture, la croix provenant de celui de la rue de Bagneux, désaffecté à cette époque. En 1837, paraît-il, on voyait encore la pierre qui la soutenait et portant la date de 1 746 1 .

Il nous faut parler ici de l’inhumation, dans ce cimetière, des corps des victimes massacrées aux Carmes de la rue de Vaugirard, en septembre 1792. Antoine Caillot, dans sa promenade aux cimetières, datée de 1809, signale que : « la fosse où ce groupe de saints fut jeté, se trouve en face de la petite porte du milieu, par où l'on entre dans le marais voisin. » Il ajoute qu’aucun monument ne s’élève : « sur la fosse où ces innocentes victimes furent jetées après leur sanglante exécution2. »

Au dire de M. Joseph de Margal, ces massacres auraient été si bien prémédités, que l’Administration, trois jours à l'avance, avait fait creuser la tranchée destinée à ceux qui devaient périr :

La femme d’un fossoyeur de Saint-Sulpice déclara à plusieurs personnes dignes de foi, que son mari, et les compagnons de ce dernier, avaient été prévenus trois jours avant le massacre , et qu’ils avaient reçus 3oo livres pour creuser une large fosse au cimetière de Vaugirard et aider à la dépouille des morts.

Bien entendu, ce dire n’est appuyé d’aucune référence.

1. Réclamation pour le Cimetière de Vaugirard , par M. Louault fils, avocat, 1837, P- 5.

2. Voyage religieux et sentimental aux quatre Cimetières de Paris, par Ant. Caillot, Paris, in-8, 1809, p. 268.

Et cet auteur ajoute que, le matin du 3 septembre, Daubanel, secrétaire de la 'section du Luxembourg, fit charger les corps dans deux chariots, pour les transporter au dit cimetière, où ils furent jetés pêle-mêle dans la fosse et recouverts de chaux1 2.

On pourrait opposer à cette version de l’inhumation de tous les massacrés au cimetière de Vaugirard, un rapport dressé le 29 mai 1867, par les architectes Douillard frères, chargés d'exécuter des travaux dans le couvent des Carmes. Le but était de retrouver un ancien puits, disparu à cette époque, et contenant, disait-on, le corps des prêtres assassinés. Ce puits fut découvert le 23 mai et l’on procéda à sa vidange:

Une couche de terre végétale pure fut d’abord retirée ; elle laissa voir les premiers ossements, couchés sur un lit de chaux de vingt centimètres d’épaisseur et occupant dans le puits une zone de trente centimètres d’épaisseur moyenne.

Au-dessus du lit de chaux, dans une hauteur de deux mètres à peu près, le puits était garni d’ossements gisant dans une substance brune de consistance gélatineuse, d’odeur graisseuse et douceâtre, mais sans fétidité. Plusieurs crânes retirés étaient sciés horizontalement.

Ces ossements furent pieusement recueillis et sont aujourd’hui dans l’ossuaire du couvent.

Sur un second rapport des mêmes architectes, daté du 27 juillet 1867, on lit que d’autres corps furent découverts et inhumés dans une tranchée creusée dans le jardin. Au dire d’un témoin, ces derniers corps seraient aussi ceux des massacrés qui n’auraient pu être descendus dans le puits-.

Voici, enfin. Maton de la Varenne, disant que, le lendemain des massacres aux Carmes, dix tombereaux enlevèrent les

1. Un Souvenir de la Terreur, par M. Joseph de Margal, 1869, p. 62.

2. Les Massacres de Septembre, mémoires et souvenirs sur la Révolution, par G. Lenôtre. p. 269.

cadavres pour les déposer dans une fosse préparée d’avance, à Montrouge, « par le fossoyeur de la paroisse Saint-Sulpice, auquel 3oo livres ont été données pour la creuser ».

A part que Saint-Sulpice n’avait pas de fossoyeur à Montrouge, mais .à Vaugirard, c’est pour la version de l’inhumation hors Paris que tient cet auteur, d’ailleurs sujet h caution.

La vérité est pourtant que la municipalité parisienne donna un ordre, signé de Sergent, daté du 3 septembre à une heure du matin, adressé aux concierges des prisons, et leur enjoignant de faire transporter hors de Paris, poury être enterrés, les corps des prisonniers massacrés b

Cet ordre fut-il exécuté partout dans son intégralité? il semblerait que non, à la lecture des rapports de MM. Douillard frères.

L’épilogue de la conspiration du général Malet en 1812, le dernier acte de cette dramatique folie, se joua dans le cimetière de Saint-Sulpice, où eut lieu l’inhumation des conspirateurs, fusillés également sur la commune de Vaugirard, dans la plaine de Grenelle.

Voici les dernières lignes du procès-verbal relatant l’exécution et l’enterrement :

Les dits condamnés ont été extraits ce jourd’huy à trois heures de relevée, de la maison d'arrêt militaire de l’abbaye et conduits sous escorte suffisante au lieu dit la Plaine de Grenelle, commune de Vaugirard, au département de la Seine.

Arrivés sur le terrain, i\l. le juge rapporteur, accompagné des greffiers, a donné lecture du jugement à haute et intelligible voix, en présence de la garde impériale et des troupes de la garnison de Paris réunies sous les armes, de M. Dunepart et de nous juge rapporteur et greffier.

Cette lecture terminée, les condamnés Mallet, Lahorie, Guidai, Soulier, Picquerel, Fessart, Lefevre, Steennhower, Regnier, Bochelampc, Beaumont et Bor-

1. Histoire particulière des événements qui ont eu lieu en France pendant les mois de juin, juillet, août et septembre tygs, par Maton-de-la-Varenne, Paris, 1806, pp. 327 et 363.

derieux, ont été misa mort à quatre heures précises du soir par un piquet de la garde impériale, tiré des grenadiers de cette dite garde et désigné à cet effet.

Les cadavres des sus-nommés ont été ensuite enlevés par les soins de M. Dunepart, maire de la commune de Vaugirard, et transportés au lieu des sépultures de la dite commune pour y être inhumés conformément aux lois et arrêtés. Signé: L.P.M. Boudier, Dunepart, E. Dehon*.

Disons que, avant la découverte de M. Gaston Schefer, on avait toujours à peu près cru que les corps de Malet et de ses complices étaient inhumés au cimetière de Clamart. C’est du moins ce qu’il ressort de la lecture de l’ouvrage de sir Paul Robert : Les causes célèbres politiques , Paris, 1846; des Mémoires de Mme d'Abrantès , Paris, i83q; de Y Histoire de la conspiration du général Malet , par Dourille, Paris, 1840; et du récent livre, si intéressant à divers titres, du docteur Max Billard: La conspiration de Malet, Paris, 1907.

Dès 1810, l’encombrement de cette nécropole avait déjà fait songer à l’ouverture d’un autre champ de repos du côté de la barrière du Maine ; mais l’on se décida à un agrandissement sur place, par l’acquisition d'un terrain voisin et par la démolition d’un mur séparatif. A cette époque, la seconde porte cochère que l’on trouvait à droite de la grande rue, en entrant dans le village de Vaugirard, après le mur d’enceinte des Fermiers Généraux, était la sienne; il en avait aussi une seconde sur la rue de Sèvres.

Devenu propriété communale parisienne à la Révolution, ledit cimetière, dénommé de Vaugirard, ou de l'Ouest, était affecté aux inhumations de la rive gauche ; mais ce ne fut qu’à partir de 1801 que des fosses particulières et des concessions y furent autorisées.

1. Extrait des Archives du Conseil de guerre, par M. Gaston Schefer, et reproduit dans sa communication faite à la Commission du Vieux-Paris, intitulée: L'Hôtel des Conseils de guerre , annexée au procès-verbal de la séance du 29 juin 1907, p. 32.

En 1823, il est désigné pour recevoir les corps des criminels guillotinés :

Cour Royale de Paris. Parquet. Ordre du Procureur général.

Nous, Procureur général près la Cour Royale de Paris ;

Vu la lettre de M. le Préfet du département de la Seine, en date du 17 de ce mois.

Ordonnons à l’exécuteur des arrêts de la Cour d’Assises de Paris, de conduire à l’avenir les corps des suppliciés au cimetière de Vaugirard.

Fait au Parquet, ce trente septembre mil huit cent vingt-trois.

Pour M. le Procureur général en congé.

Le ier Avocat général :

Signé : illisible *.

Jusqu’en 1824, ce cimetière resta en plein exercice ; à partir de cette année, les inhumations qui s’y faisaient auparavant étaient envoyées au cimetière Montparnasse, ouvert à la date du 25 juillet. Il devait perdre une partie de sa superficie en 1837, lors de l’élargissement de l’ancien boulevard de Vaugirard, aujourd’hui boulevard Pasteur; cette superficie, incorporée à la voie publique, nécessita l’abandon de 1.436 sépultures. Les familles avaient été invitées, par arreté du Préfet de la Seine du 4 août i83y, à faire enlever les corps inhumés, avec les signes funéraires. Les restes d’environ 3oo personnes enterrées depuis 1801, furent, de ce fait, transportés dans divers cimetières parisiens, et les autres ossements trouvés sur le parcours de l’opération de voirie, envoyés aux catacombes.

Ce fut à cette occasion qu’eût lieu l’exhumation du corps de Mlle Clairon, l’illustre tragédienne, enterrée le 29 janvier i8o3, et transportée au Père-Lachaise. L’opération se fit le 28 août 1887, et le lendemain 29 août, l’abbé Gaudreau, curé de Vaugirard, se transporta à neuf heures du matin, avec son clergé et les sociétaires de la Comédie-Française, au cimetière de

1 . Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrit. N. A. 482, f° 290.

Vaugirard pour procéder à la cérémonie. Après les prières d'usage, le cercueil et les pierres tombales furent placés sur un corbillard, qui se mit en marche immédiatement, et arriva au Père-Lachaise à onze heures et demie, par une pluie battante1.

La bibliothèque nationale conserve deux lithographies de C. Motte, dessinées par A. Dubois, représentant les tombeaux de M!lî Clairon et de La Harpe, au cimetière de Vaugirard 2.

Il nous faut signaler, à propos de la désaffectation partielle de 1837. qu'un grand mouvement d’opinion se produisit, contraire à l’opération.

Par une pétition imprimée, datée du 14 août de cette année, rédigée au nom de nombreuses familles ayant des morts dans ce cimetière, M . Louault fils, avocat, rue des Grands-Augustins n° 20, protestait contre le projet de suppression. Il acceptait, bien entendu, la diminution d’un tiers pris pour le passage du nouveau boulevard extérieur, mais il suppliait lepréfetde la Seine et les membres du conseil municipal de Paris, de conserver à l’état de cimetière les deux tiers non pris par l'opération de voirie, et d’y faire transporter les sépultures provenant de la partie supprimée.

Dans un éloquent discours, qui pourrait encore être de mise aujourd'hui, l’auteur plaidait la conservation de la petite nécropole:

Depuis treize ans, les arbres de toute nature plantés sur les tombes, ont crû et forment une espèce de bois solitaire ; et dans un temps où les espaces libres et permettant à l’air de circuler, deviennent de plus en plus rares, on ne voit pas

1. Ce dernier renseignement nous a été obligeamment donné par M. Jules Coüet, bibliothécaire de la Comédie-Française.

2. Bibliothèque Nationale. Estampes. — Topographie de la France. Seine, Paris, XV* arrondissement. Va 3 1 3, petit format.

sans quelque satisfaction, à la sortie des deux barrières de Sèvres et de Vaugirard, un terrain de quelques arpents planté d’arbres, et servant de tête à cette longue île de maisons qui s’étend entre les rues de Sèvres et de Vaugirard.

Et pour terminer sa requête, l’auteur, dans un élan pathétique, ajoutait cette émouvante protestation :

Aucun terme n’est assigné à la douleur pour venir pleurer, pour venir prier sur une tombe. Si la famille, si la race est éteinte, il reste le voyageur, le passant, pour reporter son idée sur celui que recouvre cette tombe, pour recueillir les enseignements qui en sortent. Sla viator! Arrête, voyageur! C’est le commencement de toutes les anciennes inscriptions funéraires.

Cette plaquette fut tirée à un grand nombre d’exemplaires, la feuille de garde porte la mention suivante :

Les familles qui auraient quelque personne chère déposée dans le cimetière de Vaugirard et à qui la connaissance de la présente réclamation arriverait, sont invitées à joindre, auprès de l’administration municipale, leurs efforts à ceux du

réclamant *.

Nous n’en terminerons pas avec M. Louault, sans mentionner l’intéressant calcul suivant, incorporé dans sa pétition. D’après lui, le cimetière de Vaugirard, durant ses 40 années d’existence, de 1784 à 1824, aurait reçu de 140 à 160.000 inhumations. En réduisant au vingtième, celles dont l’administration a perçu le droit de 5o francs par fosse particulière, il conclut que les trois arpents de terre du cimetière Saint-Sulpice ont produit de 3 à 400.000 francs.

La nécropole une fois déclassée, se désagrégea lentement et devint un lieu abandonné, d’où le souvenir des ancêtres fut banni et sombra bientôt dans l’indifférence finale.

M. de Guilhermy, le célèbre auteur des Inscriptions de la France, écrivit à ce propos les lignes mélancoliques suivantes :

Nous avons parcouru, il y a déjà de longues années, un des cimetières de

1. Réclamation pour le Cimetière de Vaugirard, par M. Louault fils, avocat, rue des Grands-Augustins, 25. Paris, Cosse, 1837, in-8, 24 pages. (Bibl. hist. de la Ville, 4572.)

Paris qui se trouvait situé à Vaugirard. Les épitaphes nous en parurent curieuses parleur style philosophique et démocratique. On l’a supprimé : C’était toute une page d’histoire qu’on a lacérée L

Dans sa séance du 6 février 1839, le Conseil Municipal de Vaugirard s’associait au Conseil de fabrique, pour demander au préfet la concession d'un certain nombre de pierres tombales en provenant, destinées à la réparation du dallage de l’église Saint-Lambert1 2.

Déjà, en 1 835, une semblable demande avait été repoussée par M. de Rambuteau, Préfet de la Seine, sous prétexte que ces pierres étaient destinées à l'ornementation des cimetières parisiens 3.

L’ancien champ de repos devint bientôt une gène pour tout le monde, une chose inutile que l’on a hâte de voir disparaître. Danssa séance du 27 août 1847, Conseil Municipal de Vaugirard prit la délibération suivante :

Considérant que l’ancien cimetière de la ville de Paris, situé à l’entrée de la commune, entre la rue de Vaugirard et la rue de Sèvres, ne renferme aucun terrain concédé à perpétuité, que déjà une partie de ce cimetière est occupée depuis près de sept ans par le boulevard neuf, dit de Sèvres, et qu’il serait bien à désirer que tout ce qu’il reste de ce cimetière fut vendu et livré à la spéculation, car sur un emplacement improductif et dont l’aspect actuel attriste et éloigne les habitants, on verrait s’élever bientôt des constructions qui donneraient de la vie au quartier et procureraient, non seulement des travaux à la classe ouvrière, mais encore une augmentation des revenus publics.

Le Conseil émet le vœu que l’ancien cimetière de la ville de Paris, situé tout à côté de la barrière de Vaugirard, soit livré à la spéculation 4.

Dans une autre séance, le 12 novembre i85o, le même Conseil Municipal revenait encore à la charge et sollicitait de la

1. Les Inscriptions de la France , par M. de Guilhermy, t. II, p. io3.

2. Archives de la Seine. Registre n° 2 des délibérations du Conseil Municipal de Vaugirard.

3. Voir le chapitre relatif à la première église Saint-Lambert.

4. Archives de la Seine. Registre n° 3 des délibérations du Conseil Municipal de Vaugirard.

Ville de Paris qu’elle voulut bien procéder à la vente des dits terrains le plus rapidement possible. Cette délibération était renouvelée les i5 novembre 1 853 et 16 mai i85q :

L'aspect de ce vieux Cimetière, disait le Maire, est fort triste pour un boulevard, d’où il éloigne les promeneurs; que si le terrain en était vendu, il se couvrirait promptement de constructions, il se diviserait en habitations particulières et il en résulterait pour la Commune, une animation dont la prive, à son grand détriment, l’état de choses actuel L

La disparition complète de cette ancienne nécropole, qui comprenait encore 1.407 sépultures, se lit en 1 856, à la suite des demandes ci-dessus de la commune de Vaugirard.

Comme en i83p, les familles eurent tout loisir pour faire exhumer ceux de leurs membres qui y dormaient encore leur dernier sommeil ; les restes conservés dans l’ossuaire, et ceux non réclamés, furent aussi descendus dans les catacombes, de 1859 à 1 863 Cette dernière partie, ainsi désaffectée, mesurait 10.995 m. 70.

Pendant longtemps, cet emplacement fut occupé par un dépôt de pavés. C’est aujourd’hui le lycée Buffon 3.

Plusieurs auteurs et historiographes parisiens ont eu, en leur temps, l’heureuse idée de copier un certain nombre d’épitaphes de ce cimetière, caractérisées, soit par la notoriété des personnages, soit par l'intérêt des inscriptions, souvent conçues, surtout pendant le premier Empire et la Restauration, dans ce style si touchant et si particulier que l’on pourrait appeler la littérature de nécropole. N’est-ce pas le propre de l’inscription funéraire, d’exalter les vertus domestiques des

r. Archives de la Seine. Cartons de Vaugirard, D. G et Registre n° 4 des délibérations du Conseil Municipal de Vaugirard.

2. Paris souterrain, par Emile Gerards, Paris, Garnier, 1908, p. 457.

3. La Maison Royale de l'Enfant Jésus (rue de Sèvres), par M. Lucien Lambeau. Annexe au procès-verbal de la Commission du Vieux-Paris, du 16 novembre 1907, p. 358.

disparus et de leur reconnaître, une fois morts, toutes les qualités, alors même qu’ils n’auraient eu que des défauts pendant leur vie !

Cette copie était une chose intéressante, que nous avons, d'ailleurs, imitée à propos du cimetière de la rue Lecourbe ; personne, à notre connaissance, ne l’ayant fait avant nous.

En ce qui concerne celui qui nous occupe en ce moment, nous jugeons inutile de reproduire ces épitaphes, étant déjà imprimées par les auteurs que nous signalons. Nous nous contenterons donc de donner quelques noms des personnages notoires qui y furent enterrés; avec la date de leur inhumation :

Claire-Josèphe-Hippolyte-Leris Clairon de Latude, tragédienne française, i8o3; — Jean-François de la Harpe, de l'Académie Française, membre de l’Institut, i8o3 ; — Madame M. W. Caigniès, épouse du sénateur Herwin, an IX; — Anne-Louise d’Haudoire d’Aigueville de Laprée, veuve Marcotte de Forceville, 1808; — Honoré-Auguste Sabatier de Cabre, 1801; — Mme Pélagie-Jeanne Roger, épouse d’Etienne Bertrand, Secrétaire général, garde des Archives de l’Administration des Monnaies, an XII ; — Dame Louise-Angélique de Caulaincourt, veuve de Joseph Del Bianco de Brantès, 1806 ; — Dame Marie-Louise- Sophie de Beauvoir de Grimoard Duroure, épouse de Claude-Louis Saisseval, 1802 ; — Charles-François Leblanc, avocat à la Cour de Cassation, 1807 ; — Le sénateur Pierre-Nicolas de Fontenai, l’un des Commandeurs de la Légion d’honneur, 1806 ; — Dame Marie-Joséphine de Fontenai, épouse de M. Ambroise Belhomme de Franqueville, 1807 î — Dame Adélaïde-Louise Bouché, épouse de Jean Varnout, membre de la Légion d’honneur, officier des grenadiers à cheval de la garde impériale, 1808; — Dominique Ricard, traducteur de Plutarque, i8o3 ; — Thomas-Marie-Texier Olivier, ancien procureur au Parlement, 1808; — Dame Adélaïde Labille, élève et femme de M. Vincent, peintre français s. d. ; — Antoine-Augustin Chas, savant jurisconsulte, ancien magistrat en la Cour de Cassation, i8o5 ; — Marie-Antoinette-Sophie Fillin, épouse de M. de la Grasse, chevalier de Saint-Louis, 1 8 1 5 ; — Demoiselle Octavie-Zélia Lenoir; fille d’Alexandre Lenoir, créateur du musée des monuments français,

1 8 1 3 ; — Santi Giosi, dit Mariano, sculpteur romain, 1 8 1 3 ; — Anne-Louis- Alexandre de Montmorency, 1812; — Le docteur Alphonse Leroy, professeur de l’École de Médecine, ancien docteur régent de la Faculté, 1816; — Dame Louise-Françoise Dosseur, femme de Louis-François Fournier, contrôleur des Postes, 1814; — Louis-Achille-Honoré-Émile-Amédée Chamans de La Valette,

fils du comte de La Valette, directeur des Postes, 1 8 1 5 ; — J. Ch. Comte Mounier, Lieutenant général, pair de France, grand-officier de la Légion d’honneur, chevalier de Saint-Louis, 1816 ; — Jean-Louis Beaudelocque, Conseiller de l’ancienne Académie de chirurgie et professeur de la Faculté de Médecine de Paris, 1810; — Nicolas Séjan, membre de la Légion d’honneur, organiste du Roi, 1819; — Antoine-Denis Chaudet, statuaire, membre de l’Institut de France et de la Le'gion d’honneur, professeur aux écoles spéciales de peinture et de sculpture, 1810; — Le Chancelier de Barentin, s. d. — i.

Il nous faut rappeler que l’Hôtel Royal des Invalides possédait son cimetière particulier, contigu au précédent.

Le terrain en était sa propriété, d’ailleurs assez inutilisée jusque-là. Au mois de Juillet 1784, comme le Gouverneur s’occupait de la délimitation du domaine acquis par la paroisse de Saint-Sulpice, des sieurs Roussel, il reçut l’ordre du Ministre d’avoir à convertir le dit terrain en cimetière, à l’usage des vieux militaires de cet établissement. Malheureusement, l’emplacement fut jugé trop petit et il fallut demander la cession à la fabrique de :

Deux pieds de large à prendre sur toute la longueur de la ruelle, ou une langue de terrain régnant le long du mur de la veuve Auvray et aboutissant sur la rue de Sèvres et sur le surplus des objets acquis par la fabrique des héritiers Roussel, moyennant le prix qui serait fixé par expert.

Une délibération de la fabrique, en date du 18 juin 1784, autorisa cette cession moyennant la somme de huit cents livres, et un traité fut passé entre les parties. Il était signé du sieur Jean-Baptiste-Honoré Bourgarel, du collège et Académie royale de chirurgie, marguillier en charge de Saint-Sulpice, et de MM. les gouverneur et directeur de l’HôteL

1. Cette nomenclature est tirée des ouvrages suivants, dans lesquels les épitaphes sont intégralement reproduites : Voy age religieux et sentimental aux quatre Cimetières de Paris, par Ant. Caillot. Paris, Haussmann, in-8, 1809, p. 271. — Dictionnaire historique, topographique et militaire de tous les environs de Paris, par M. P. Sl-A... (Saint-Albin). Paris, 1816, in-12, p. i5q. — Mes Voyages aux environs de Paris, par J. Delort, Paris, Picard, Dubois, 1821, t. II, p. 118. — Guide du Voyageur et du promeneur aux environs de Paris, par Richard et de Saint-Hilaire, s. d.

aÔ2 VAUGIRARD

Royal des Invalides : Charles-Benoist, comte de Guibert, Lieutenant général des armées du roi, Commandeur de l’ordre royal militaire de Saint-Louis, gouverneur de l’Hôtel royal des Invalides, Inspecteur général des compagnies détachées du dit hôtel ; et Mathieu-Pierre de la Ponce, Écuyer, Commissaire ordonnateur des guerres, et Directeur du dit hôtel1.

La petite nécropole spéciale des Invalides s'ouvrit immédiatement. c’est-à-dire en 1784, et fonctionna jusqu’en 1 833. Après cette époque, les corps des vieux militaires furent envoyés au cimetière Montparnasse, où on les enterra jusqu’en 1882, et ensuite et définitivement, au champ de repos de la rue Lecourbe.

La Bibliothèque Nationale (estampes), possède un plan, représentant une partie de ce cimetière, dessiné et lavé en juillet 1787 2.

Nous avons également vu dans la collection Paul Blondel, un petit plan gravé, du commencement du dix-neuvième siècle, mesurant 27 X 18, portant l’indication des emplacements et des noms des principales tombes. Ce document est qualifié à tort : Cimetière de la Commune de Vau girard.

Dans l’ouvrage : Promenade aux Cimetières de Paris, par M. P. St. -A. (Saint-Albin) Paris 1816, on trouvera trois planches illustrant le Cimetière de Vaugirard : La sépulture de la Harpe; celle d'Octavie-Zélia Lenoir, et celle du sculpteur Mariano.

On voit encore le dessin de ce cimetière, dans un plan de 1787, dressé pour la formation de l’enceinte des Fermiers Généraux3.

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