Archives Nationales. S
3. Tableau de Paris, par Mercier, Amsterdam. 1783, t. IV, p. 3o3.
qui devait séparer la commune de Vaugirard de la capitale. Une large avenue plantée d’arbres, dont on trouvera l’indication sur le plan des chasses annexé à ce volume, existait déjà à cette époque : 1764-1773, et fut adoptée pour l’édification de la muraille. La partie de ce large boulevard qui, comme nous le disons, devait régner entre Vaugirard et Paris, n’avait pas d’autre nom, à l’époque de la construction de l’enceinte, que celui de nouveau Cours, ou nouveau Boulevard. En 1859, au moment de l’annexion, sur le plan que nous reproduisons, plusieurs noms lui sont attribués, savoir :
Boulevard de Javel, de la Seine à la rue de Grenelle aujourd’hui de Lourmel.
Boulevard de Grenelle, de la rue de Grenelle à la rue du Commerce.
Boulevard de Meudon, de la rue du Commerce à la place de l’Ecole aujourd’hui place Cambronne.
Boulevard de Sèvres, de la place de l’École à la rue Saint- Fiacre aujourd’hui rue Miollis.
Boulevard des Paillassons, de la rue Saint-Fiacre à la rue de Sèvres.
Boulevard de Vaugirard, de la rue de Sèvres à la rue de Vaugirard.
Boulevard d’Issy, de la rue de Vaugirard à la rue des Fourneaux aujourd’hui rue Falguière.
Boulevard des Fourneaux, de la rue des Fourneaux à la place du Maine.
Les noms de ces boulevards, ancienne ceinture fiscale de Paris, ont été modifiés depuis et sont devenus, à notre époque :
Boulevard de Grenelle, delà Seine à la place Cambronne.
Boulevard Garibaldi, de la place Cambronne à la rue de Sèvres.
Boulevard Pasteur, de la rue de Sèvres à la rue du Châ teau.
Boulevard de Vaugirard, de la rue du Château à la place du Maine.
L’architecte Le Doux avait été chargé d’édifier, non seulement la nouvelle enceinte fiscale, mais aussi des entrées monumentales placées aux principales voies arrivant à Paris. Huit de ces portes ou barrières faisaient communiquer Vaugirard avec la capitale :
La barrière de la Cunette, au bord de la Seine.
La barrière des Ministres, ou de Grenelle, en face de la rue de Grenelle aujourd'hui Miollis.
La barrière de l’Ecole Militaire, à la place de l'Ecole aujourd'hui place Cambronne.
La barrière des Paillassons, à l’endroit où est à peu près aujourd’hui l’avenue de Ségur.
La barrière de Sèvres, à la rue de Sèvres.
La barrière de Vaugirard, à la rue de Vaugirard.
La barrière des Fourneaux ou de la Voierie, à la rue des Fourneaux aujourd’hui rue Falguière.
La barrière du Maine, à la place du Maine.
Ajoutons que, dans l’angle formé aujourd’hui par les boulevards Pasteur et Vaugirard, se trouvait un poste, dit d’observation *.
La Ferme Générale, on le pensera facilement, rencontra des prétentions exagérées de la part des propriétaires des terrains qui devaient être expropriés. On en trouve de nombreuses preuves dans les dossiers des Archives Nationales .
i. On trouvera dans le premier volume de cette série, consacré à l’ancienne commune de Bercy, de nombreux détails sur la formation de l’enceinte des Fermiers Généraux et sur les barrières construites par Le Doux.
qui nous fournissent, pour Vaugirard, les renseignements suivants :
Le sieur Fromentin, jardinier, propriétaire de cinq quartiers de terre en marais bordant la chaussée de Vaugirard, au droit du cimetière de Saint- Sulpice sur partie duquel doit être construit un des bureaux de cette entrée de Paris, et passer le mur de circonvallation , fît, le 22 mai 1785, entre les mains de M. Le Doux, une soumission d’en céderai! Roi 63 toises moyennant 12.000 livres. Mais la Ferme Générale avait besoin du tout et aussi de la maison, dans laquelle elle comptait loger les employés en attendant l’édification de la barrière. Le sieur Fromentin en exigea le prix de 63.760 livres:
Le Contrôleur général des Entrées, dit une pièce, et M. Le Doux, se sont transportés plusieurs fois chez le sieur Fromentin pour lui faire sentir le ridicule de sa demande...
Ils estimèrent la toise de ce terrain à 3o livres, soit pour les cinq quartiers, 33.?5o livres ; et la maison, avec le puits, les petits réservoirs et le mur de clôture, à 20.000 livres soit, 53.75o livres. Le Doux fît connaître au propriétaire que si ce prix n’était pas accepté, un arrêt serait rendu ordonnant une estimation par expert1.
Voici encore un cas à peu près analogue :
Les nommés Brûlé et consorts, Rousse, Surcou, Alexis Lainé, Peltier, tous jardiniers, propriétaires des marais qui bordaient d’un côté la rue de Sèvres et de l’autre a la rue Pleumel » et qui se trouvaient sur l’alignement du mur d’enceinte et de l’isolement devant régnera l’extérieur, ne voulurent pas consentir à la cession de leurs terrains, même au prix le plus élevé. En vain leur en offrit-on 18.000 livres par arpent,
. Archives Nationales. Ql moi.
pourlcs parties en couche, et i5.ooo pour celles en marais, ce qui représentait plus du double de la valeur réelle.
Ils montrèrent une avidité exagérée et demandèrent 3o.ooo livres par arpent, et même 40 et 5o.ooo livres. Et encore exigeaient-ils que l’on achetât les parties de leurs terrains qui devaient être renfermées dans la nouvelle enceinte.
Dans son rapport du 29 mai 1786, M. de La Rue, Contrôleur général des Entrées, déclarait qu’il n’y avait pas moyen de parlementer :
Sur des prétentions aussi sottes, et dont il n'est pas d’exemple; il n’est plus possible d'entâmer et de suivre avec eux une nouvelle négociation, elle ne produiroit aucun effet, toutes demandes à cet égard ne serviroient qu’à les fortifier dans leurs demandes.
Il proposa d’obtenir un arrêt du conseil ordonnant que les terrains seraient fournis en payant la valeur sur le pied de l’estimation faite par experts nommés d’office, lequel arrêt serait exécuté nonobstant opposition ou appellation quelconque b
L’un des lots les plus importants parmi ceux qui furent vendus pour le passage de la clôture devant Vaugirard, fut celui cédé par l’Ecole militaire. Par contrat passé devant Boulard et son confrère, notaires à Paris, le 18 septembre 1788, les administrateurs de la dite Ecole vendaient au Roi les terrains dont il s’agit, comprenant 19 arpents 86 perches 4 pieds 8 pouces, situés au terroir de Grenelle et de Vaugirard, moyennant la somme de 88.219 livres 3 sols et 4 deniers. La désignation est indiquée dans l’acte de la façon suivante :
Acquisition au nom de sa Majesté des terrains et maisons nécessaires à la nouvelle enceinte de Paris, de dix-neuf arpents quatre-vingt-six perches, quatre pieds, huit pouces de terrains situés terroir de Grenelle et de Vaugirard, à prendre sans autre interruption que celle des chemins publics, depuis la berge