Archives Nationales. Fs n Seine
du Roi, fait une donation entre les mains de Messire Saron Leclerc, prêtre, docteur en théologie de la Société de Sorbonne, curé de l’Église de Vaugirard-lès-Paris.
Cette fondation était faite en l’honneur et mémoire du défunt sieur Richard son mari, et comme particulière estime en laquelle il tenait le sieur Leclerc, curé de Vaugirard. Elle se composait de i5o livres de rentes à donner à l'un des deux ecclésiastiques de l’Eglise, à la charge de dire deux messes par chacune semaine à perpétuité, et d’enseigner gratuitement les pauvres garçons dudit lieu, laquelle donation fut acceptée par délibération des marguilliers. La clause concernant l’instruction des enfants disait :
Lequel ecclésiastique sera tenu, outre les dites deux messes, d’instruire et enseigner gratuitement les pauvres garçons du dit Vaugirard en l’escolle d’iceux suivant la manière des dits pauvres, qui sera donnée par le dit sieur curé au dit ecclésiastique. Pour laquelle fondation la dite dame Richard crée et constitue par ces présentes cent cinquante livres de rentes dont cent livres pour les dites deux messes et cinquante livres pour la dite instruction. Lesquels cent cinquante livres de rentes la dite dame Richard promet et s’oblige bailler et payer au dit ecclésiastique en la maison de la dite dame à Paris, ou au porteur qui se présentera pour luy par chacun an aux quatre quartiers accoutumés. Laquelle fondation sera inscrite dans le nécrologe de la dite église, mesme sera permis à la dite dame Richard de faire mettreà ses frais en tel endroit de l’Église que bon lui semblera à la réserve du chœur, une pierre sur laquelle sera escrit et fait mention de la dite fondation. Et sera prié matin et soir en la dite escolle pour les dits sieur et dame Richard à l’effet de quoy sera mis un écriteau en la dite escolle pour inviter à faire la dite prière.
En même temps qu’ils acceptaient la fondation de la dame Richard, les marguilliers recevaient également celle du sieur Durot, neveu du dit défunt Richard, offrant: «de donner pareillement cinquante livres de rentes pour la maîtresse d’escolle pour instruire aussy gratuitement les pauvres filles de ce lieu 1 ».
Nous ajouterons également, qu’au milieu du dix-septième
i. Archives Nationales. S. 3597-3599.
siècle, les maîtresses de lecole de filles de Vaugirard n’étaient autres que les religieuses du couvent des Filles de la Croix, groupées autour de Mme de Villeneuve.
On a vu, dans la précédente donation, que l’école des garçons devait être tenue par l’un des deux ecclésiastiques de la paroisse. En voici une autre, datée de 1719, en vertu de laquelle un chapelain était particulièrement chargé du poste de maître d’école :
Sur ce qui nous a esté représenté parMessire Guillaume-René Delangle, prestre, docteur en théologie et curé de la paroisse deSt-Lambert de Vaugirard les Paris, que Jean-Jacques Débonnaire, écuyer, luy auroit mis entre les mains quatre billets de banque de mille livres chacun pour estre employés à faire un fonds convenable et nécessaire à la subsistance et entretien d’un prestre chapelain, maître de l’école, lequel instruira gratis les pauvres enfans de la dite paroisse, sans autre charge qu’une messe basse qu’il dira toutes les semaines pendant le cours de l’année à l’intention des père et mère du d. sieur bienfaiteur et pour le repos de son âme sitôt qu'il aura plu à Dieu de le retirer de ce monde.
Nous, Jacques Sergent, marguillier en charge, Adrien Depierre, second marguillier, Claude Soulichot, Alexandre Cochois, procureur fiscal, Michel Saintart, Robert Lemoine, André Sauvage menuisier, Nicolas Paulmier cabaretier, Jean-Louis Bessin charron, Michel Leclerc cordonnier, Nicolas François Moiran vigneron, tous anciens marguilliers et habitans du dit lieu assemblés en la manière accoutumée en la maison presbyterale, avons accepté les quatre mille livres données par le dit sieur Bienfaiteur aux intentions prises, consentons qu’il en soit fait mémoire dans le nécrologe de nostre église a perpétuelle mémoire et reconnaissance et qu’a cet effet le dit sieur curé conjointement avec les marguilliers en charge ou leurs successeurs fasse tous les actes nécessaires tant pour l’employ des dites quatre mille livres que pour l’établissement du dit chapelain maître de l’école.
Fait à Vaugirard ce dimanche douziesme de novembre mil sept cent dix neuf. Signé : Delangle, Adrien Depierre, Lemoine, Paulmier, Michel Lecler, Nicolas François Morain, Jacques Sergent, Cochois, Saintart, André Sauvage, Jean Louis Bessin, Charles Lefebure L
Ces écoles, jusqu’à la Révolution, étaient naturellement des œuvres paroissiales et par conséquent placées sous la dé-