Archives Nationales. Z2 1146 à 1 a
pain. Déclaration des nourrices. Circulation dans les vignes les jours de fêtes et dimanches. Heures de conduite des troupeaux. Liberté des chiens. Ecoulement des eaux dans les rues. Cadavres d’animaux. Police des constructions. Déclaration de grossesse par les filles et femmes veuves. Jeux divers et attroupements sur la voie publique. Interdiction d'aller cueillir des fleurs, barbeaux, coquelicots dans les blés et champs. Grillade des porcs dans les rues. Logement des étrangers dans les cabarets et hôtels. Création de maisons de commerce. Circulation dans les rues, les dimanches et fêtes, de voitures de paille et charrettes chargées. Obligation aux marchands de tenir des registres de comptes. Défense de tourmenter parrains et marraines les jours de baptême ; et mariés, les jours de mariage. Prescriptions pour les naissances et baptêmes. Fréquentation des écoles et du catéchisme. Entretien des maîtres et maîtresses d’écoles. Respect et conservation des bornes de seigneuries. Observation du ban des vendanges. Police des audiences de la Prévôté1 2.
Cette ordonnance fut reprise par la même Prévôté, et quelque peu rajeunie, le 16 janvier 1786. Elle comprenait 47 articles au lieu de 42, et a été imprimée
Puisque, aussi bien, nous parlons de la justice de Vaugirard, nous ne pouvons pas ne pas citer son greffier, ou du moins le personnage de comédie que l’on appela le Greffier de V augirard , souvent évoqué, mais jamais identifié par les auteurs qui nous ont précédé. Nous le rencontrons dans une pièce de théâtre en cinq actes, en vers, datée de i638, et intitulée : Les nopces de V au girard ou les nai frétez champestres.
1. Archives Nationales. Z- 1229 e! i23o. Dossier de l’année 1747.
2. A Paris, chez P. -G. Simon et N.-H. Noyon, imprimeurs du Parlement, rue Mignon, 1786.
yalgipapd
L 'argument indique qu'il s'agit d'une jeune bergère nommée Lidiane. venue avec sa mere demeurer a Vau girard. cause des guerres qui se déroulaient dans la province de leur
naissance.
En dehors des bergers et des bergères, on y trouve, comme personnages, des paysans de Vaugirard. des pêcheurs. le procureur fiscal, et enfin le fameux greffier.
La partie de la piece qui a donné lieu au dicton connu est
celle-ci :
LE G?£FFI£?
Voyez que !i 'eunesse a :-:j de jugement.
L’amour dar s le pê"il l'a jette librement.
Berger levez le nez à quoi prenez vous garde.
Je ne sçaurois escrire alors qu'on me regarde.
Et une note en marge dit ceci pour expliquer le dernier
vers :
Les bergers font feinte de regarder ce que le greffier escrlpt1.
Les plaisanteries sur le greffier de Yaugirard partent de cette pièce, et dé a T allemani des Reaux s‘en empare presque immédiatement.
En pariant d'une harangue improvisée devant plusieurs personnes, le célébré satirique, à propos de l'Historiette de Bazin, seigneur de Bezons. est surpris que l'avocat Patru ait pu composer aussi facilement un discours devant des témoins :
P Ktra, 6a I— il, fit encore le compliment ou la petite harangue qu’on a accoutumé de faire quand on est reçu a l'Académie ■. e: .ant devint eus deux : ce que ;e ne conçois pas. car, peur moi. quelque :e n’aie pas plus de pe. ne qu'un autre
i. Les nopces de Vattgirzrd ou les rtzi/re ret càc —,pes:res. Pastoralle ciliée a reus qui v u.ent rire, par L. C. D.. à Paris, chez Guignard, aa premier prllier ce lu grand, sai.e da Palais. id3S. (Bibliothèque de i 'Arseezi. t:uë. BL.<
à composer, je ne pourrais pourtant rien produire si je n’étois tout seul, et, en cette rencontre, je serais un peu greffier de Vaugirard 1.
L'abbé Gaudreau, et Bournon après lui, sans citer la boutade de Tallemant, qu'ils semblent ne pas connaître, pas plus, d’ailleurs, que la pièce en cinq actes de i638, attribuent le plaisanterie à l’exiguïté du greffe de Vaugirard, de si petite dimension, disent-ils, que l’on ne pouvait y tenir quand le greffier s’y trouvait. Quoi qu’il en soit du dicton, il est resté dans le langage courant pour indiquer une personne qui ne peut être que seule, faute de place ou par timidité.
Il semble bien, d’ailleurs, qu’il était de mode, aux siècles passés, de railler cette localité, de la considérer comme ridicule, sans importance, sans attraits.
En 1 6 1 8, le poète Malherbe écrivant à Daniel de la Mothe du Plessis-Houdancourt, lui dit qu’à son âge il ne peut plus guère prétendre, de la part des Muses, qu’à des fleurettes, tout au plus bonnes « pour le chapeau d’un nouveau marié de Clamai* ou de Vaugirard 2 ».
Dans le même esprit, La Fontaine, par sa fable : le Singe et le Dauphin, considère Vaugirard comme étant fort peu de chose :
Noire magot prit, pour le coup,
Le nom d’un port pour un nom d’homme.
De telles gens il est beaucoup
Qui prendraient Vaugirard pour Rome
Et qui, caquetant au plus dru,
Parlent de tout et n’ont rien vu.
Il n’est pas, enfin, jusqu’à Coulanges, qui semble fort sur-
1. Les Historiettes de Tallemant des Réaux. Edition Garnier frères, 1861, t. VII, p. 33.
2. Œuvres de Malherbe. Edition des grands écrivains français, t. IV, p. 100.
pris que l’on puisse trouver quoique ce soit d’extraordinaire à Vaugirard,et qui l’écrit en un couplet à sa cousine:
Tous les lieux depuis Ormesson Changeant de nom Jusqu’à Meudon,
Tu nous feras voir tôt ou tard Par cas étrange Couler le Gange Dans Vaugirard l.
Voici également, dans le genre burlesque, une pièce manuscrite en vers, de la bibliothèque de l’Arsenal, et qui remonte au commencement du dix-huitième siècle. Elle est intitulée : Sanglant combat de Mardy gras et du Carême à Vaugirard. Il n’y est, d’ailleurs, nullement question de notre localité. On jugera de la note littéraire du document par cet extrait.
MARDY GRAS
A moy, carême, un mot.