Archives Nationales. S. 35i3a
Au mois de mai 1752, le même curé adressait au Prévôt de la Prévôté et châtellenie d’Issy et Vaugirard, une requête tendant à alignement :
Supplie humblement, Jean Dulau d’Allemans, docteur en théologie, curé de la paroisse de St-Sulpice à Paris, disant qu’il est propriétaire d’une maison, jardin et dépendances situés à Vaugirard, en la grande rue, qu’il a dessein, attendu sa vétusté, de faire démolir et reconstruire à neuf ainsi que les murs de clôture, mais comme il ne peut faire faire la dite reconstruction sans qu’au préalable il n’ait obtenu votre permission et qu’il ait été pris alignement pour s’y conformer, il a été conseillé de vous donner la présente requête...
L’autorisation fut accordée le 29 mai iyÔa. Peut-être s’agissait-il des bâtiments situés à gauche de la rue de Vaugirard en sortant de Paris, dont, pourtant, M. Dulau n’était que locataire1 ?
Ce fut pour réunir les deux propriétés ainsi constituées, que M. Dulau d’Allemans entreprit la construction d’une galerie souterraine passant sous la rue de Vaugirard. Il en obtint l’autorisation de Louis-Guillaume de Motes de Montgaillard, trésorier de France au bureau des Finances de la Généralité de Paris: « commissaire député par Sa Majesté pour la direction générale du pavé de la Ville et de ses fauxbourgs et ban-licuë » :
Accorde au curé et à la communauté des prêtres de St-Sulpice, le 26 mai 1755, l’autorisation de faire construire, sous et au travers de la grande rue de Vaugirard, une voûte de communication pour passer de leur maison, sise à l'extrémité du village de Vaugirard, à leurs jardins situés du côté opposé de la même rue, à condition que le passage ne pourra être plus large que de quatre pieds six pouces entre les murs qui porteront ladite voûte, qui sera faite en plein cintre et aura au moins vingt et un pouces d’épaisseur.
Il était stipulé que cette opération serait faite en deux fois,
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chacune ne devant comprendre que lamoitiéde la rue, afin de laisser un passage libre pour l’autre moitié :
Et mis des planches et poteaux autour de la partie où l’on travaillera pour prévenir les accidents qui pourroient arriver aux passants. La dite voûte construite en pierres de taille et bons moellons durs, maçonnés à chaux et sable avec chaîne de pierre de taille dure, avec deux pieds d’intervalle entre le dessus de la voûte et le pavé de la rue1.
Ce passage souterrain existe probablement encore aujourd'hui. Dans la séance du 8 juillet i8~3, le conseil municipal de Paris, prenant une délibération concernant l’élargissement de la rue de Vaugirard au droit des nos 358, 36o et 362, traitait avec la Société des Pères Jésuites pour l’acquisition, moyennant indemnité de 58.6oo francs, d’une bande de terrain de 869 m. 64 de superficie, située au-devant des numéros cidessus indiqués. Les terrains appartenaient pour partie à la communauté de Saint-Sulpice et à la Société de Jésus, cette dernière étant chargée de suivre l’affaire. Au cours de la discussion, la question fut soulevée de régler les droits de propriété du passage souterrain reliant les immeubles situés des deux côtés de la rue; elle ne put être tranchée, le rapporteur du conseil municipal, M. Maublanc, ayant fait connaître que la possession de ce passage n’était pas suffisamment établie et qu’il y avait lieu de réserver la question. La galerie n’en fut pas moins maintenue.
On trouve encore l’identification de l’emplacement de la maison de campagne de la cure et communauté de Saint- Sulpice dans une autorisation du 14 juillet 1776 permettant à M. Dulau d’Allemans d’édifier une construction s’enclavant dans le jardin du séminaire, occupé par les Robertins :
Le dit séminaire de St-Sulpice est propriétaire d’une maison occupée par la