‹ VautrinChapitre 52 sur 56 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Les Mêmes, RAOUL et LAFOURAILLE, qui sort aussitôt.

RAOUL, à Vautrin.

M'enfermer pour m 'empêcher de me battre ? j

LE DUC

Avec ton frère ?

RAOUL

Mon frère ?

LE DUC

Oui.

LA DUCHESSE DE MONTSOREL

Tu étais donc bien mon enfant ! Mesdames (Elle saisit Raoul), voici Fernand de Montsorel, mon fils, le...

LE DUC, prenant Raoul par la main et interrompant sa femme.

L'aîné, l'enfant qui nous avait été enlevé, Albert n'est plus que le comte de Montsorel.

RAOUL

Depuis trois jours je crois rêver ! vous, ma mère ! vous, monsieur...

LE DUC

Eh bien ! oui.

RAOUL M

Oh I là où on me demandait une famille...

Elle s'y trouve. ]i

RAOUL

Et... y êtes-vous encore pour quelque chose ?

VAUTRIN, à la duchesse de Montsoreî.

Que vous disais-je ? (A Raoul.) Souvenez-vous, monsieur le marquis, que je vous ai d'avance absous de toute ingratitude. (A la duchesse.) L'enfant m'oubliera, et la mère ?

LA DUCHESSE DE MONTSOREL

Jamais.

LE DUC

Mais quels sont donc les malheurs qui vous ont plongé dans l'abîme ?

Est-ce qu'on explique le malheur ?

LA DUCHESSE DE MONTSOREL

Mon ami, n'est-il pas en votre pouvoir d'obtenir sa grâce ?

LE DUC

Des arrêts comme ceux qui l'ont frappé sont irrévocables,

Ce mot me racommode avec vous, il est d'un homme d'État. Eh ! monsieur le duc, tâchez donc de faire comprendre que la déportation est votre dernière ressource contre nous.

Monsieur...

Vous vous trompez, je ne suis pas même monsieur.

INÈS

Je crois comprendre que vous êtes un banni, que mon ami vous doit beaucoup et ne peut s'acquitter. Au delà des mers, j'ai de grands biens, qui, pour être régis, veulent un homme plein d'énergie : allez y exercer vos talents, et devenez...

Riche, sous un nom nouveau ? Enfant, ne venezvous donc pas d'apprendre qu'il est en ce monde des choses impitoyables. Oui, je puis acquérir une fortune, mais qui me donnera le pouvoir ?...

(Ati duc de Montsorel.) Le roi, monsieur le duc, peut me faire grâce ; mais qui me serrera la main.

RAOUL

Moil

Ah ! voilà ce que j'attendais pour partir. Vous avez une mère, adieu I

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