RD
POUR UNE POLLETAISE
Soudain le ciel s'incline et le jour ne vient plus ; La plaine est solitaire et l’oiseau s’est enfui
Pour recueillir au loin les souvenirs perdus
Et vos serments d'amour qui rôdent dans la nuit !
L'horizon se soulève et la nuit s’abandonne ! Mon rêve s’est enfui, mais les maux reviendront Sur mes ailes brisées, que ramène l’automne, En frappant sur la vitre où se ride mon front !
Derrière le rideau que soulève ma main,
Je fouillerai le ciel jusqu’aux balcons des songes Afin d’y retrouver la Femme qui demain,
Oubliera ses serments qui n’étaient que mensonges !
J'irai seul dans la nuit, m’asseoir aux pieds des flots Pour guetter l’horizon, d’où reviendra le jour
Où longtemps sur la grève inondée de sanglots, J'attendais le soleil et peut-être l’amour !
Mais hélas ! si l'oubli, sans écho vous appelle, Si en ouvrant les yeux, vous ne me voyez pas, Si, en venant prier dans notre humble chapelle, L’empreinte du passé s’égare sous vos pas ;
Si loin de mes vingt ans à jamais suspendus,
Sur mon cœur où l’amour n’a plus d’autre raison Que d’aimer en silence et d’espoirs défendus : Les chérubins en pleurs, s’enfuient de ma prison :
J'irai dans la forêt, ramasser le bois mort,
Et la main sur mon cœur, j'attendrai le retour
Des rêves qui n’ont plus, pour me bercer encor,
Que la neige et la pluie, qui tombent dans ma cour !