ANGLETERRE
NATIONAL GAIXERY, à Londres.
102. — N° 197 du Catalogue de 1862. — PHILIPPE IV D'ESPAGNE CHASSANT LE SANGLIER.
La chasse a lieu dans un enclos, en avant duquel sont beaucoup de
spectateurs. Des collines et des feuillages occupent les fonds. Grand nombre de petites figures.
Toile, H. 6 p. 2 p. L. 10 p. 5 p.
Précédemment au palais royal à Madrid, jusqu'à ce qu'il fût donné par Ferdinand VII à l'avanl-dernier lord Cowley, de qui il a été acheté pour la National Gallery en 1846 (2,200 livres sterling, plus de 55,000 francs).
Le turf pour la chasse est entouré d'une toile tendue; c'est extérieurement à cette toile, au premier plan, que sont les spectateurs et autres figurines extraordinaires, valets avec chiens en laisse, cavaliers, buveurs, etc. ; il y a aussi des chevaux, des mulets, des ânes. Dans l'arène sont lâchés deux sangliers, poursuivis par des cavaliers armés de lances; on y distingue Philippe IV lui-même. Fond de collines boisées. Harmonie de tons verts et de tons gris argentés.
L'esquisse de ce chef-d'œuvre est chez lord Hertford, à sa maison de Londres, Manchester House, Manchester square.
Le pendant est chez lord Wellington.
Voir une excellente appréciation de M. Viardot, dans ses Musées d'Angleterre, etc., 1862, p 22. V. aussi p. 186.
105. — 232. LA NATIVITÉ ou L'ADORATION DES BER- GERS, vulgairement appelée la Mangeoire ou la Crèche [the Manger, le Presepio des Italiens).
La sainte Famille est dans l'étable sur la gauche, l'enfant Christ couché dans la mangeoire, prés de la tête du bœuf ; la Vierge le découvre'; à droite, les bergers en adoration offrent des présents selon leurs moyens, des agneaux, des poules, etc. Au loin, on aperçoit l'ange qui les a guidés comme l'étoile de l'Epiphanie. Neuf figures de grandeur naturelle.
Toile H. 7 p. 7 p. L. 5 p. 6 p.
Ce tableau fut acheté pour le roi Louis-Philippe, par le baron Taylor, du comte d'Aguilar, dans la famille duquel il était resté depuis le temps où il fut peint. C'est une œuvre de la première époque, dans la simple manière naturaliste du peintre, dans le style de l'Espagnolet. Acheté 2,050 livres sterling par la National Gallery, à la vente de la collection de Louis-Philippe à Londres, en 1855. »
"« M. Viardot (Musées d'Angleterre, etc., 1860, p. 50) n'adopte pas
celte Adoration comme une œuvre de Velazquez, et il insiste pour qu'on la restitue à Zurbaran. Nous croyons cependant que ce tableau est de la première manière de Velazquez. Notre ami Louis Viardot, passionné pour le grand maître espagnol, aimerait à ne le voir que rdans des chefs-d'œuvre. Il a raison, — mais il a tort. Velazquez, Rembrandt, Rubens, Corrége, Titien, et autres que nous adorons, ont tous laissé certaines œuvres, bien authentiques, et d'une qualité secondaire.