MUSÉES DE PROVINCE
Quelques musées de province enregistrent des Velazquez dans leurs catalogues, mais il ne faut pas s'y fier.
Par exemple, au musée de Nantes, une Jeune fille tenant des fleurs est attribuée à Velazquez, et, dans un supplément au môme catalogue, elle est attribuée à Albert Cuyp ! La vérité est qu'elle est de l'école de Rembrandt, très-près du maître, et peut-être de Carel Fabritius. L'auteur du Voyage artistique en France, 1857, p. 58, M. de Pesquidoux, vante tout de même ce tableau comme un Velazquez plein de vie et de réalité. A ce même musée de Nantes, un Portrait de jeune prince à cheveux blonds (n° 732 du catalogue) est également attribué à Velazquez, et il lui ressemble un peu. M. de Pesquidoux cite encore « au musée de Besançon un Galilée, la main appuyée sur le globe terrestre, et plongé dans une profonde méditation (n° 218), et un Mathématicien , figure sombre de coloris et d'aspect, mais ayant une vie et une couleur étonnantes. »
S'il y a des Velazquez authentiques dans les autres musées de province, nous prions les directeurs de ces musées de vouloir bien nous les signaler.
Il y a sans doute encore d'autres Velazquez dans les nombreuses collections de Paris. L'auteur de ce catalogue possède lui-même une curieuse Mascarade, avec chars, carrosses, cavalcades et de nombreux masques, défilant dans la rue d'une ville, devant une maison décorée de tentures et de balustrades sur lesquelles des cardinaux et de nobles personnages regardent passer ce cortège burlesque.
A cette liste on pourrait ajouter des indications empruntées aux anciens catalogues de galeries et de ventes. Mais ces
tableaux des anciennes collections sont apparemment ceux qu'on trouve dans les collections actuellement existantes. Nous ne sommes pas, d'ailleurs, édifiés sur leur authenticité.
Voici, par exemple, l'indication de treize tableaux ou dessins, donnée par Charles Blanc dans le Trésor de la curiosité :
T. I, p. 197. Vente du duc de Ghoiseul en 1772. Mars et Vénus; 1115 livres.
— 284. — Mariette. Mort d'un saint, dessin.
— 376. — duprincede Gonti. Danaé, — Marset Vénus
(provenant de la galerie Choiseul), 450 et 600 livres.
— 427. — Menageot, 1778. Mars et Vénus; revendu
180 livres seulement.
— 455. — Chevalier, 1779. Jésus-Christ prêchant;
32 livres seulement.
T. Il, p. 87. — Montribloux, 1784. Portrait de l'empereur Adolphe de Nassau; 5001 livres.
— 272. — Lebrun, 1800. Quatre portraits, entre
autres celui de Cromwell; retiré à 6,000 francs.
— 383. — Lethière, 1829. Superbe tête de religieuse,
provenant de la collection Aldobrandini Borghèse.
— 420. — Al. Lenoir, 1837. Exhumation de plusieurs
bienheureux, dessin.
— 426. — Mazaredo, 1837. Portrait d'Innocent X.
— 451. — Aguado. Une Dame en robe carmélite,
acheté par lord Hartford (Hertford); Portrait d'un corrégidor ; 1 ,600 francs.
— 478. — du roi Guillaume II. Philippe IV et le
comte d'Olivares , deux tableaux , 38,850 florins.
T. II. p. 508. Vente Gollin, 1855. Martyre de sainte Agathe, esquisse ; \ ,000 francs.
Philippe IV et Olivares, de la galerie du roi Guillaume, sont maintenant à l'Ermitage, comme on l'a vu ; la Dame en robe carmélite est chez lord Hertford. Mais ce Portrait de Cromwell, par Velazquez, faut-il y croire, malgré l'autorité de Lebrun ? Et ce Velazquez a 32 livres, dans la vente Chevalier, comment le prendre pour un original ?
Nous continuerons, du reste, à recueillir des notes sur les Velazquez qui peuvent être dispersés dans les collections particulières, et, en cas d'une nouvelle édition, nous espérons compléter ce catalogue.