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JAGAULT, JEANNE, YVONNE JEANNE

Hélas ! déjà les bois sont mornes Et leurs feuilles jonchent le seuil;

Au-dessus des landes sans bornes Le ciel aussi paraît en deuil.

Jeanne a lentement fermé la porte; elle est revenue en scène. La nuit est venue tout à fait. Elle a allumé deux chandelles et les a piquées sur des landiers.)

JAGAULT

Nos voix ont un écho dans toute la Vendée :

En Anjou, dans le Maine, en Bretagne, en Poitou,

En Normandie, enfin partout,

D’accord avec le Duc, la guerre est décidée.

À mon premier appel tous quitteront leurs toits.

La Comtesse, qui part demain pour la frontière,

Des Princes nous aura l'adhésion entière.

YVONNE

tendant plusieurs lettres à Jagault.

Puisse-t-elle obtenir que le Comte d’Artois Vienne, comblant d’un coup toute notre espérance, Achever parmi nous l’œuvre de délivrance !

JAGAULT

La Comtesse en tous cas soumettra notre plan,

Nos forces, nos besoins; je lui donne la liste Des paroisses où flotte encor le drapeau blanc Et tous les noms des chefs du parti royaliste.

YVONNE

Ces chefs, ici, ce soir, enverront leurs agents :

Chaque paroisse aura son émissaire.

JAGAULT

Je vais à tous ces gens, réunis à nos gens,

Fixer enfin le jour fatal à l’adversaire.

(Il se lève et s’exalte davantage.)

Par ma seule imprécation C’est une guerre sans merci que je proclame;

C’est la juste, c’est la sainte insurrection :

Elle a vingt mille bras vengeurs. Et j’en suis Pâme !

(On entend tout à coup au dehors une sorte de sifflement long et prolongé, pareil au cri de la chouette.)

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