VASQUES
Puits dans la Cour du Palais Oddi. Propriété de M. Gugenheim de Venise. — Époque fin des Lombardi.
Vasque en Bronze dans la Cour du Palais Ducal, par l’Alberghetti, Fondeur |de la République.
Puits du l'Époque byzantine. - Canareggio. Puits de l'Époque des Lombardi à Barbaria delle Toile.
A Saint-Jean-et-Saint-Paul, dans la même forme, c’est-à-dire avec la statue couchée sur le cercueil et le dais gothique, on remarque la tombe de Jacopo Cavalli et celle du doge Antonio Vemer. Un peu plus simple, mais du même temps, est celle de Paolo Loredano qui, en 1365, sut avec Pietro Mocenigo se rendre maître de la rébellion de l'ile de Candie L’un des doges les plus fameux du livre d’or ducal, Marco Cornaro, mort à quatre-vingteux ans, en 1367, a aussi sa tombe à San Giovanni, ornée de cinq statues qu’on peut attribuer au sculpteur le plus distingué de la Venise du moyen âge. A côté de Marco Cornaro repose le magnifique Michèle Morosini, mort en 1382. C’est une des premières pensées de 1 homme cultivé, lorsqu’il foule aux pieds une pierre tombale, de savoir quelle fut la vie de celui dont les cendres reposent sous la dalle; ce Morosini était devenu cher à la épublique, parce qu apprenant en Orient, où il était allé pour son commerce, le péril que courait le gouvernement de Venise engagé alors dans sa grande guerre contre les Génois, il
mit a 1 encan toutes les marchandises et les richesses nn’il ,
n 1 . onesses qu il avait amassées par son trafic et
en envoya le prix au sénat pour soutenir les frais de la lutte.
Nous ne citons ici que les tombeaux où l’image du défunt repose sur le sarcophage;
1 en existe deux de ce genre à Saint-Marc, celui de saint Isidore, qui est de 13,0 et celui
ndre Dandolo, dans la chapelle du baptistère. Dans celui-ci, la figure du dogé placée
sur 1 arc, est protégée par un rideau relevé par deux anges. ’
On compte encore bon nombre de spécimens rptt. a
mesure qu’on avance, l'idée “ aband ° nne ’ à
tombeau. A Saint-Jean-et-Saint-Paul nous trouvons la t VT SUr ^ Pr ° Pre
en 1347, celle d’Andrea Morosini, et enfin celles de Giov lÎV m ° rt
morts en : 3 6o et 136:. Nous allols arriver * * "T ^
que la famille de la dogaresse Agnèse Venier lui a élevée e T “ ” ^
en 1424, repose à Saint-Jean-et-Saint-Paul et on ne , a m ™ S0 Mocem S°’ mort
du passage du moyen âge. à la première période de Vr
l’honneur du goût des Vénitiens, que jamais du treizièm ISSanCe - " faUt ° bserVer ’ â depuis l'influence byzantine jusqu'à la Renaissant !Z ^
excessive et folle dans la richesse Hp y . période gothique nest devenue
produit le goXbxqaz flamboyant des région?!“Vh ^ ■'^ danS “ ^ ^ * ration-là et son dôme en porte la trace- • -, ‘ ” 3 paS écha PPé à cette exagé-
sait que la plupart des artistes qui ont pris’ paV ' V & ^ ^ ^ S ' 6n ét0nner < l uand on des Allemands. Dans tout Venise les é • • raVaux de scul pture ornementale étaient comme esthétique architecturale, ne peu^V'ateV!’?'' 1116111 ' 3 ’ n °" S S6rVent ^ SUideS de cette manière, et les voici ■ 1 3 • , u q tr0lS ou c l uatre exemples de l’influence droite du chœur, où pendVt les lampes !? * marbres, à
à San Zaccaria trois devants d’autels sculptWV^ 615 S ’ a S enouille la f °ule des fidèles; précieuse œuvres de Jean et Antoine de M ? " b<>1S ’ ^ ° nt été ^ P ° Ur encadrer les
' ™ Ip - exempie est aux Frari>
du moyen âge qui, encastrées dans les"daflel ^j* 0 ® 1 **"* de Venise > des Perrés tombales
dalles et le pavement général des églises, présentent
LES MONUMENTS FUNÈBRES
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le spécimen d’un art beaucoup plus restreint, mais qui est loin d’être sans intérêt. La plupart du temps celles qui se rapportent au quatorzième et au commencement du quinzième siècle en France, en Angleterre dans les cathédrales gothiques, ou à Venise dans les églises, portent en bas-relief l’image du défunt dans son costume de guerre ou sa robe religieuse. A Saint-George-Majeur on remarque celle qui recouvre les restes de Bonincontro de Boaterii, de Bologne, mort en 1380. Sculpté en bas-relief, ce Bonincontro, qui était évêque de Torcello, se présente vêtu de la robe épiscopale et montrant du doigt les livres saints; l’époque est très-bien marquée par l’arc ogival qui s’élève au-dessus de sa tête. Dans la même église de Saint-George-Majeur, une autre du même caractère est la pierre tombale de Tommaso Tommasini, évêque de Feltre, mort en 1446, et celle du sculpteur Giovanni de Sanctis, à Santa Maria dell’ Orto.
On peut conclure pour cette période architecturale relative aux tombeaux : commencée en 1300, elle dure un siècle et demi à Venise, et jusqu’en 1450 elle reste pure de tout mélange. C’est dans l’ornementation que les nuances sont faciles à saisir ; il y a le gothique tumulaire simple qui est purement architectural avec l’ogive, la colonnette, les trilobés et quelque maigre frise qui orne le dais; puis vient le gothique fleuri où la sculpture joue un plus grand rôle, où toutes les ressources que la-flore offre aux sculpteurs ornemanistes sont mises en œuvre ; mais il ne faut pas s’y tromper, le gothique reste italien, il a son côté national, son empreinte et son caractère, et, quoique reçu des Arabes (selon Selvatico qui veut reconnaître là l’art des califes), ou du Nord, selon l’opinion commune, les artistes italiens, en acceptant ce style pendant cent cinquante ans, comme ils avaient accepté le style byzantin des Orientaux, conservent encore jusqu’à un certain point leur originalité.
Le monument sépulcral du doge Vendramin, dans l’église de Saint-Jean-et-Saint-Paul, ouvre admirablement la série des œuvres de ce genre qu’il faut classer comme appartenant à la Renaissance. L’œuvre est de Leopardi, qui vivait vers la fin du quinzième siècle et était déjà alors dans toute la plénitude de son talent. Ce Leopardi, auquel nous consacrerons un chapitre, était un fondeur; c’est à lui qu’on doit ces admirables bases des mâts qui s’élèvent encore devant le portail de Saint-Marc (page 99), et où flottaient les étendards de la République. C’est un des signes de la Renaissance que cette multiplicité des facultés chez les artistes; celui-ci de son état était fondeur, puisque c’est lui à qui on doit, comme tel, la célèbre statue du Colleoni de la place Saint-Jean-et-Saint-Paul, sculptée par le fameux Andrea Verocchio ; cependant, quoique praticien, il se montre assez grand artiste pour qu on lui donne, comme composition et comme exécution, les fameux candélabres de 1 Académie, le tombeau de Vendramin, qui n’est plus un sépulcre, mais bien un monument avec toute son ordonnance et sa distribution ; la direction de la construction de Sainte-Justine de Padoue, et un nombre considérable d’œuvres qui exigent à la fois les connaissances de l’architecte, du sculpteur, du peintre, sans compter son savoir pratique. En même temps qu’il fond le cheval du Colleoni, il sculpte le piédestal exquis sur lequel elle se dresse, orgueilleuse et fière, et ni les Lombardi, ni le Bergamesco, ni Antonio Rizzo, ne vont P^ us loin que lui dans la science de l’arrangement, le goût admirable de la disposition, la fermeté d’exécution et la connaissance profonde du modelé.
Nous reproduisons ce monument funèbre du doge Vendramin, une des œuvres peut-être les plus pures de Venise; au point de vue du goût, c’est toute la noblesse et la grâce de
Panneau de .a Pone de ,a Sacrifie de Sainl-Marc, par Sansovino. La „ is e au Tombeau. - Bronae.
1 antique, avec une [tenue, une réserve, un châtié dans le rieur à l’art grec, si audacieux que puisse paraître un tel
pli qui est peut-être encore supéjugement. La science des propor-
. ..~ 60 MarbrC le Sansovino, sur ,a Façade de la Loggetta
d e : impossiwe ’ entre ies
huitième siècle, dont nous parlerons plus tard, et les sèches cou
LES MONUMENTS FUNÈBRES
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Monument de Jacopo Suriano de Rimini à San Stefano, i535. Monument de Pesaro. — Par le Longhena, 1669 .
Monument de Pietro Bernardo aux Frari.
Par le Leopardi, i525.
Monument funèbre du Doge Veniero à San Salvatore. Par le Sansovino, 1 556-
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des siècles antérieurs, de ne pas s’éprendre d’une admiration sans borne pour la prodigieuse époque où un fondeur de génie était capable.de dessiner un tel chef-d’œuvre, d’en ordonner l’exécution et la suivre, et, collaborant comme sculpteur à sa propre composition architecturale, de l’orner d’un monde de figures, statues allégoriques, portraits de patriciens, vertus théologales, images de la Vierge et des saints, chimères et symboles qui font si bien corps avec le monument, qu’on sent qu’une seule pensée et un même génie ont inspiré l’œuvre exécutée par une seule main. Un certain Lorenzo Bregno, au commencement du semème siècle, a élevé à Venise, aux Frari, des monuments funèbres dignes d’attirer l’attention; nous comptons parmi ceux-ci celui de Benedetto Pesaro, un des commandants des forces navales et terrestres de la République, qui mourut en t S io, et son corps fut déposé
aux Frari. C’est encore un de ces exemples pompeux du style funéraire de la Renaissance ; l’architecture et la sculpture ont fait de cette tombe un véritable arc de triomphe, où tous les emblèmes qui rappellent la carrière du grand capitaine se trouvent rassemblés. A San Giovanni e Paolo encore, ce même Lorenzo Bregno, plus mouvementé mais beaucoup moins correct que les Lombard! et les Leopardi, a aussi élevé le monument de Luigi Naldo da Bnseghella, général d’infanterie de la République, mort en 1510, qui s’est signalé dans de nombreuses batailles pendant la ligue de Cambrai. On peut encore signaler dans la même église un admirable sarcophage, celui de Pasquale Malipieri, et, parmi ceux qui sont du style le plus châtié, les monuments de Matteo Giustiniani, Bartolomeo Bragadino, Michel Sténo, Giovanni Battista, Boncio et Girolamo Canale.
A San Fantino, nous avons, de la même époque et du sépulcre de Duccîo degii Albert! aux Frari, i 336 . même style (1517), le monument de Vinciguerra Dan-
„..,d rai ’ 0,1 '*>»“
A oan btephano, repose Suriano, médecin célèbre ^ *. i
renaissance, montre le grand praticien couché sm ^^^ 7 " ^ ^ ^ pitaine de la mer, mort sous les murs de Gallipolli en i a8a • C Jaco P° Marcello, ca-
Zen o> procurateur de Saint-Marc'; Melchior Trevisani le , * ’’ ^ ^
Milan à Crémone, mort de douleur en 1500 pour avoii ^ ** ^
Pasqualigo, Brugnolo le grand professeur mort en ,505 et Piètre B PnS£ de Modène i enfin aussi leurs tombes aux Frari. Toutes ces tombes, sans exception 1 ^ IOS) ’ ° nt
moins belles de forme, appartiennent à la période de la Rena ’ ^ °" m ° lnS nCheS ’ P ’ US °"
l’art de la sculpture ornementale était arrivé à Venise au co * m ° ntrent à V e1 P oint
au commencement du seizième siècle.
LES MONUMENTS FUNÈBRES
Depuis le treizième siècle jusque-là, cet art funéraire est resté dans une limite pleine de réserve, même dans les occasions les plus mémorables et pour célébrer le souvenir des plus puissants, des plus riches et des plus nobles. Généralement un sarcophage, s’il est simple, consiste en une urne sépulcrale plus ou moins ornée, protégée parfois par un arc, reposant sur une corniche supportée par des consoles ou par des figures accroupies, figures d’hommes ou d’animaux, et enrichie de frises, de rinceaux, de bas-reliefs. Si le tombeau est très-riche et appuyé au mur d’une église, il sera la représentation d’un monument, se composera d’un soutènement, d’un ordre de colonnes, quelquefois de deux ordres superposés, et dans chaque entre-colonnement s’ouvriront des niches qui reçoivent des personnages, des saints, des figures symboliques. L’urne repose sous un bel arc; au centre et au-dessus de cet arc, faisant pyramide et couronnant toute la composition, peut-être verra-t-on se dresser la statue du héros mort, doge ou capitaine. Mais, à mesure que nous avançons, nous allons assister à toutes les pompes, à tous les fastes, à tous les débordements et à toutes les fantaisies des artistes. Un des premiers exemples de cette décadence, c’est le monument d’Orazio Baglioni à San Giovanni e Paolo (première moitié du dix-septième siècle). Nous allons toucher à cette période architecturale que les Italiens ont désignée sous le nom de JBarocco.
L’auteur de l’Architecture et la Sculpture à Venise, depuis le moyen âge jusqu'à nos jours, croit que l’influence produite par la statue équestre du Coleoni, qui s’éleva sur la place San Giovanni Paolo fut extrêmement fatale. Je cherche vainement comment une œuvre aussi admirablement belle que celle du Verocchio a pu nuire à la cause de l’art, et je suppose que l’auteur a voulu dire que, cette représentation pompeuse n’étant pas toujours en rapport avec le mérite de l’homme, au lieu d’un monument exceptionnel et unique autorisé par le mérite transcendant du défunt: on arriva à la banalité en élevant à des personnalités (assez peu éclatantes parfois) des monuments tumultueux et d’un goût déjà perverti. Comme le Gattamelata avait eu sa statue équestre par Donatello, sur la place de Padoue, ce brillant Capitano di guerra qui s’appelait Coleoni voulut à son tour avoir la sienne (car il faut qu’on sache qu’elle fut élevée par ses soins, ce qui ne laisse pas d’être piquant et trompe un peu la postérité). Après ces deux véritables héros, tous les soldats d’aventure qui servirent la République voulurent être représentés à cheval, dans les monuments et sur leurs tombeaux : ce parti pris n’était plus d’accord avec le style sobre et calme des monuments, les lignes architecturales étaient rompues ; enfin les murs d’une église, la hauteur à laquelle on dresse un tombeau, l’insuffisance de la place, l’étroitesse du piédestal, la nécessité de voir cet énorme cheval en raccourci : toutes ces conditions réunies constituaient une dégénérescence du goût et concoururent certainement à créer un art pittoresque mais qui est encore un art de décadence.
A partir de ce moment on ne peut plus proposer les monuments funèbres comme des exemples à suivre et comme des œuvres d’art dignes d’admiration. Sans doute, 1 aspect est pompeux, la matière est riche; mais ces immenses machines, dont le monument du Pesaro des Frari est le plus curieux type (voir page 105), touchent au délire de 1 imagination. L orgueil humain n’a plus de borne, il lui faut des mausolées babyloniens, et Longhena, 1 architecte de la Salute, va mettre son talent considérable au service de ces patriciens qui pensent plus à la