ROVIGO
Rovigo s'est accrue, en 1832, de la précieuse bibliothèque de M. l'abbé Gnocchi, donnée par cet homme érudit, devenu bibliothécaire des concordi. Cette bibhothèque, réunie à la heWe pinacoleca du comte Casilini , présente un ensemble qui ne serait point indigne de quelque capitale.
Le Pô est la limite de l'Etat romain; on le passe à Ponte di Lagoscuro, où il n'y a qu'un simple bac (petit détail qui peut fairejuger de l'exactitude des dénominations italiennes, ainsi que de la prospérité du pays).
A la frontière des États de l'Église , les difficultés pour l'entrée des livres sont extrêmes , un prélat même n'y avait point échappé lorsque je les subis pour la seconde fois en 1827. Un des douaniers auxquels j'eus affaire était toutefois fort doux et fort poli; il avait cette sorte d'embarras d'un homme raisonnable qui fait une action ridicule, mais commandée , nécessaire ; car il était observé par d'autres gens qui ne le valaient pas. Un édit très-sévère du légat de Ferrare était affiché dans le bureau de la douane , où brûlait aussi la lampe de la madone, au milieu des poids, des balances, des poinçons, de l'estampille et de tous les outils du métier; bizarre et choquant mélange des pratiques de la dévotion et de l'exercice du fisc. Le bagage littéraire que je traînais après moi, pour mes recherches, fut plombé, afin d'être examiné à Bologne par les censeurs. Cette critique de la douane aura dû paraître à la lin peu sûre; il n'était pas très-facile, en effet, d'expliquer aux préposés cequec'étaientqu'Horace, Virgile, Dante, Pétrarque et autres grands auteurs, dont je ne trouvais rien
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tM ROVIGO.
de mieux à leur dire, si ce n'est qu'ils étaient dii pays , et qu'ils devaient ainsi les traiter en compa- Iriotes.