MARS ET LA VICTOIRE
Plaquette en bronze par Moderne*.
cette époque, il fallait qu'ils fussent déjà fort habiles artisans. Si l'un en cruit la chronique de Sagornino1, le doge Orso Partecipazio (864-881) fit présent de douze cloches à l'empereur Basile le Macédonien, qui les installa dans une église nouvellement construite par ses soins ; et, ajoute le chroniqueur, « ce fut à partir de ce moment que les Grecs commencèrent à faire usage des cloches ». Sans s'arrêter à ce qu'une semblable assertion peut avoir de légendaire, on constate dès le commencement du xn' siècle que l'art de couler le bronze, de le
1. Cite par Urbani île Gheltofj les Arts industriels à \'enisc, p, 5o.
ciseler, de l'incruster de métaux précieux, était pratiqué couramment à Venise; deux des portes qui donnent accès dans la basilique de Saint-Marc ont été exécutées sur les ordres de Leone da Molino, procurateur de Saint-Marc de 1112 à 11 38; et la grande porte centrale, aux vantaux incrustés d'argent, aux personnages accompagnés d'inscriptions latines, rappelle ces portes exécutées en 1070 à Constantinople pour l'église Saint- Paul hors les Murs, à Rome1. C'est la même technique ou à peu près et ce sont les mêmes procédés aussi que l'on retrouve sur une autre porte de Saint-Marc, celle de droite, clans laquelle une légende veut nous faire retrouver une des portes enlevées en 1204 à l'église de Sainte- Sophie 2.
11 n'y a du reste dans cette imitation d'une œuvre grecque rien qui doive nous étonner, et à Venise moins que partout ailleurs. On pourrait toutefois en tirer une conclusion légitime : c'est que, si au xii° siècle les fondeurs vénitiens imitaient leurs confrères de Byzance, ces derniers avaient encore bien des secrets à leur apprendre : aussi bien n'est-il nullement prouvé que les portes