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E. Mûntz, les Précurseurs de la Renaissance, p

LE BRONZE

L SAINT JKKOMK.

Plaquette en bronze par Ulocrino.

médailleurs italiens appartiennent à l'Italie du Nord; et ce sont les

œuvres de ces médailleurs ou des orfèvres du môme pays que, pendant plus de cent ans, les plaquettes de bronze ont vulgarisées et répandues dans toute la Péninsule, que dis-je, dans toute l'Europe.

iMais pour faire éclore cette légion de fondeurs, il fallait un génie tel que celui de Donatcllo et son influence s'est fait sentir sur tout le territoire vénitien. Cela est si vrai que parmi les petits monuments de bronze qui appartiennent à l'art vénitien du xvc siècle, un très petit nombre nous offrent des réminiscences de ce style gothique si particulier et si fortement imprégné d'influence allemande dont les Bon furent les plus illustres représentants, style qui persista si longtemps à Venise dans d'autres branches de l'ait, dans l'orfèvrerie, par exemple. Ces petits bronzes, peu nombreux, mal fabriques, grossiers de dessin et incomplets de conception, semblent être la production de quelque atelier arriéré fabriquant pour les pauvres des monuments dont l'art est presque totalement absent ; les belles pièces et les plus nombreuses appartiennent à la Renaissance telle que l'avaient faite les artistes florentins. Les Vénitiens ont bien su y attacher un caractère particulier, une façon à part d'entendre les sujets et de les composer, un style ornemental un peu différent et surtout un peu plus de sécheresse dans le faire; mais au fond, sous le rapport de l'art de la sculpture en bronze, c'est

SAINT RO M I D I V Si PlaqnetN en hrciwc par Clocrino.

bien à l'école de Padoue créée par Donatello que revient le droit de les réclamer comme ses élèves.

Je sais bien que dans les vitrines du Musée Correr on trouve deux bustes de saints en bronze, que Lazari 1 considère comme l'œuvre de fondeurs vénitiens de la fin du xive siècle , d'artistes de l'école de

Jacobello et de Pier-Paolo délie Massegne ; ce sont des morceaux intéressants à plus d'un titre, mais le caractère en est extrêmement sauvage, le faire dur et brutal, si sommaire même qu'auprès d'eux un buste d'homme en bronze, chenet dû très probablement à l'esprit inventif du célèbre Filarete, le sculpteur si mou des portes de Saint-Pierre de Rome2, paraît presque être une œuvre d'art. Je sais bien aussi que le lion de Saint- Marc, qui décore l'une des colonnes de la Piazzetta, passe

L J pour une œuvre du xivc siècle.

^P/cv- i/iPAj— yraj dire, si cet animal est

d'un puissant effet décoratif,

Plaquette en bronze par Andréa Briosco, dit II Riccio. 1

si sa silhouette, popularisée par des images sans nombre, se détache d'une façon très pittoresque sur le ciel, il n'en est pas moins légitime de dire que les fondeurs vénitiens ne se sont réellement révélés au monde de la Renaissance que le jour où des médailleurs comme Gambello, Boldù, Spinelli ou Gentile Bellini ont manié l'ébauchoir; où un sculpteur comme Alessandro Leopardi a pu reprendre la tâche d'un Verrocchio et nous donner des

1. Voy. Lazari, Notifia délie opère d'ar te e d'antichità délia raccoltà Correr, p. 191, n" 997, 998.

2. L. Courajod, Quelques sculptures en bronze de Filarete : Galette archéologique, 1886, pl. XXXIX.

LE BRONZE

merveilles comme le monument de Colleone ou les bases de bronze destinées à supporter les étendards de la République.

J'ai déjà exposé ailleurs 1 les raisons qui, à mon avis, devaient militer en faveur d'une identification entre l'un des plus célèbres fabricants

ANDREA I.OREDANO f '499- Buste en bronze par Andréa Briosco, dit II Riccio. — (Muscc Corrcr.)

de plaquettes de la Renaissance, qui, malheureusement, a tenu à se cacher sous un pseudonyme, le fameux Modcrno, et Vittore Gambello, dit Camelio. Si l'on n'acceptait point complètement cette thèse, au moins faudrait-il reconnaître que la patrie de Modcrno doit être cherchée à Venise, ou dans les environs de Venise; c'en est assez, ce me

i. Les Bronzes de la Renaissance. Les Plaquettes, t. I, p. 112-11')

semble, pour que nous puissions mettre à l'actif de l'art vénitien toute une série de monuments, peut-être très humbles, mais qui, disséminés un peu partout, n'ont pas peu contribué à répandre l'art italien de la

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