N° 5o65 de l'Inventaire du Musée céramique
un seigneur debout en costume du xvie siècle1, une assiette publiée par Delange, ornée d'un buste de femme2, une assiette du Musée de Sèvres offrant un portrait d'homme coiffé d'un chapeau 3, nous prouvent que les céramistes vénitiens employaient également ce procédé pour peindre des personnages. Un grand rafraîchissoir de forme trilobée, qui fait partie de la donation Davillier4, fournit un exemple excellent des grandes pièces que ces artistes ont décorées, tandis qu'une délicate coupe à fruits, de la collection Alessandro Castellani5, nous prouve que, dès le xvic siècle, on fabriquait déjà de ces faïences à jour, dont les bords treillissés ont l'aspect d'un ouvrage de vannerie. Cette charmante faïence sort précisément de la boutique de Maître Jacomo, ainsi qu'en fait foi la signature : « iS^3. In Vcnetia a San Barnaba. M° Jacomo. »
Entre la fabrication de faïences découpées à jour et celle des faïences dans lesquelles l'ornement du fond se détache en relief, il n'y a pas une très grande différence : un grand plat que possède le Musée de Sèvres6 peut nous fournir un échantillon de cette fabrication vénitienne, qui se rapproche de certaines pièces sorties des ateliers de Deruta, que l'on peut voir au Musée du Louvre. Tout le décor, qui se compose de licornes affrontées, surmontées d'un aigle héraldique couronné de feuillages, de dragons, est obtenu en relief par le procédé du moulage et se détache en émail bleuté sur un fond bleu foncé. Je crois bien qu'un plat portant aussi un aigle, reproduit dans Delange 7, était fabriqué de la même manière.
Le camaïeu bleu et blanc bleuté tient donc une très large place dans la céramique vénitienne du xvie siècle, et nous verrons que ce procédé persista jusqu'au xvme siècle ; l'émail bleu foncé, recouvrant complètement les pièces, le berettino, a, je crois bien, été aussi très
v. N» G 5gi.