Les Arts industriels à Venise, p
travaille dans des ateliers déjà existants : Baldassarc di Daldassini, de Pesaro; Andréa, d'Urbino, et son fils Guido, qui tenaient boutique à San Barnaba ; Vicen^o di Benedetto Gabellotto et Gian-Maria, de Facnza; Angelo, de Trévise ; Ber-
nardino di Martino, Baldassare Marforio, de Castel-Durante, parent sans doute de Sebastiano Marforio ; Guido Merlino, d'Urbino. Malheureusement, à côté de ces noms, il est rarement possible de placer des œuvres. Toutefois, je serais tenté d'attribuer à un artiste de Castel-Durante, établi à Venise, une jolie assiette représentant un buste de guerrier, entouré de trophées, dont je donne plus haut la reproduction ; le style de Castel-Durante, facilement reconnaissable, du moins dans les pièces de ce genre, ne me semble pas absolument pur; ce n'est cependant là qu'une simple hypothèse, hypothèse bien admissible, quand on pense combien certaines pièces, fabriquées authentiquement à Venise, diffèrent peu de celles que l'on peignait à
Urbino à la même époque; je n'en veux
, , , , , AKiUlKRE EN FAÏENCE DC ODBBIO.
pour exemple que ce grand plat repre-
1 r 1 ° ' 1 (Mutée Correr )
sentant une Bataille, dont Delangc
a donné le dessin '. On le croirait fabriqué à Trbino ou à Castel- Durante si l'on ne lisait au revers la légende : Roina d i ï'roia, i.ïjd. Fatto in Uene^ia in chastello. 11 est probable aussi que c'est à des peintres de même origine qu'il faut attribuer deux plaques représentant des portraits de doges, qui se trouvent encore à Venise. L'une,
i. Recueil de faïences italiennes, pl. I.XXX. Ce plat a fait partie de la collection Fountainc, à Narford-Hall.
qui fait partis de la collection du comte Pietro Gradenigo, retrace l'image du doge Pietro Gradenigo (1289-13 1 1) ; l'autre, au Musée Correr, est un portrait du doge Tomaso Mocenigo (14 14- 1423) '. Il est probable que ces deux monuments faisaient primitivement partie d'une suite complète de tous les premiers magistrats de la République2.
Avant de passer en revue les œuvres d'un potier bien vénitien, dont on peut caractériser parfaitement la manière, je voudrais encore rendre à Venise, ainsi que l'a déjà fait M. Urbani de Gheltof, une coupe du Musée Correr3, que Lazari a, par erreur, attribuée à Castel-Durante. Elle représente une femme en buste, de trois quarts à droite, vêtue d'une robe bleue, la tête recouverte d'un voile tirant sur le brun. C'est là une œuvre tout à fait analogue à ces coupes dans lesquelles sont peints des portraits de femmes, que Ton attribue tantôt aux ateliers de Gubbio ou de Castel-Durante, car on n'a pas encore pu s'accorder sur ce point. Mais dans la pièce du Musée Correr, qui ne remonte pas au delà du milieu du xvie siècle, le faire est beaucoup plus large, le coloris beaucoup plus chaud ; une pièce analogue fait partie de la collection de M. Frédéric Spitzer; c'est aussi une coupe ornée d'un buste de femme accompagné de la légende : Camilla diva mia bella, et je n'hésite pas à la considérer comme étant de la même main que la faïence du Musée Correr.
11 est encore une série, ou plutôt tout un service de faïence, orné de paysages et de fabriques, très habilement exécutés, que je voudrais rendre à Venise; ce service, fort considérable probablement, est aujourd'hui dispersé ; le Louvre en possède deux pièces 4, mais la partie la plus importante, des brocs et des assiettes, est au Musée d'art industriel de Berlin. Toutes ces faïences portent des armoiries qui pourraient appartenir à la fois à la famille Salviati, de Florence, et à la famille Avogadro, de Venise. Les pièces du Musée de Berlin proviennent de Venise, et cette simple indication, jointe au caractère bien