‹ Vent-en-PanneChapitre 11 sur 22 · II. ' U · texte numérisé non relu

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vous expliquer; si vos raisons sont bonnes, il les accueillera ; voulez-vous vous rendre, oui ou non ?

— Non, et de plus, je vous avertis que si vous nous y contraignez, nous repousserons la force par la force.

— À votre aise I répondit le Chat-Tigre en ricanant. Pour la dernière fois, au nom du roi, voulez-vous vous rendre?

— Non ! répondirent les deux jeunes gens en armant leurs pistolets.

— Feu sur eux, mes braves! et en avant! cria le Chat-Tigre.

Les bandits s'élancèrent en tirant quelques coups de feu au hasard ; les balles des flibustiers, furent mieux dirigéeSj elles abattirent quatre hommes.

Cela donna à réfléchir aux autres ; ils ralentirent leur course, et malgré les cris et les menaces du Chat-Tigre ils se tinrent à distance.

Les flibustiers avaient repassé les pistolets déchargés à leurs ceintures, et en avaient repris d'autres.

— Ah ! maie mort ! hurla le Chat-Tigre, je vous aurai, démons, où vous me tuerez !

Il y eut alors une mêlée terrible de quelques minutes ; tout à coup le cheval de l'Olonnais dont un des bandits avait traîtreusement coupé les jarrets, s'abattit en poussant un hennissement de douleur ; l'animal tomba si malheureusement que son cavalier eut la jambe droite prise sous lui.

— Au large ! au large ! ne t'occupe plus de moi ! cria TOlonnais à son compagnon, sans oublier dans ce moment critique de parler espagnol, je n'ai rien à redouter; ces drôles seront punis.

Pitrians fit cabrer son cheval, l'enleva et le poussa si rudement en avant qu'il renversa tout sur son passage, et se trouva près de son ami.

— Puis-je te sauver? lui cria- t-il- .

— Non I tu le vois ! pousse au large, te dis-je ! il faut que l'un de nous reste libre !

— Au revoir, frère, je t'obéis ! mais tu seras vengé ?

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Et déchargeant ses pistolets au milieu des bandits pressés autour de lui, iUenfonça les éperons aux flancs de son cheval qui se mit à détaler avec une vélocité telle, qu'il disparut presque aussitôt aux regards des bandits effarés ; auxquels la pensée ne vint même pas de se lancer à sa poursuite.

Du reste, la prise de TOlonnais leur coûtait cher, et leur donnait à réfléchir ; sur douze qu'ils étaient en commençant l'attaque, sept avaient été tuésraides, deux autres assez grièvement blessés ; cela par deux hommes surpris à lïmproviste.

— Vous êtes mon prisonnier ; dit le Chat-Tigre en ricanant à l'Olonnais,

— Et vous, vous êtes un lâche et un misérable bandit ! répondit le jeune homme avec dégoût, .

Deux heures plus tard, TOlonnais était écroué dans la forteresse de la Vera-Cruz.

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