VIII INTRODUCTION
par un très noble débit, se faisoient lire encore avec un grand plaisir. » (T. I, p. 17, édit. Pion.)
Ainsi M'"' Roland se rencontre avec l'illustre fille de Necker dans son appréciation de Vergniaud : elle lui décerne la palme de l'éloquence ; à cet égard pas de conteste. Mais elle va plus loin ; (îlle savait, elle nous dit le secret de cette éloquence, c'est le travail : il n'improvise pas, il prépare ; ses discours sont pleins de choses, forts de logique et par instans étincelans de beautés, seulement de beautés dues à l'étude plus qu'à l'improvisation.
Un autre écrivain dont nous regrettons de ne pas savoir le nom, précise davantage :
Vergniaud n'improvisait jamais dans le sens étroit de ce mot. // parlait sur des notes qui aidaient sa mémoire ; mais ses plus beaux discours, ceux qui lui ont valu sa renommée, étaient le fruit de la méditation et les parties principales en étaient travaillées avec soin. (F. le Constitutionnel du 24 janvier 1821, article sur une traduction des discours de Démosthènes.)
L'écrivain anonyme du Constitutionnel (Etienne ou Evariste Dumoulin?) nous faisait déjà faire un pas de plus que M"** Roland. Il ne se bornait pas à dire que Vergniaud préparait ses discours. Il nous apprenait quelle était la nature de cette préparation, o II parlait, dit-il, sur des notes )•)
Ce sont ces notes que nous produisons et qui nous révèlent sa méthode prise sur le fait.
On y trouve deux éléments très distincts.
Un plan qui atteste un travail réfléchi et montre la charpente de l'édifice ou, si l'on veut, une trame serrée composée de faits, de dates, de citations qui rendront le discours substantiel .
Puis des phrases à effet qui le rendront brillant et for-