‹ Vergniaud (volume 2)Chapitre 38 sur 86 · XL INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XL INTRODUCTION

de Bordeaux, rapporte un usage qui paraît y avoir régné et auquel Vergniaud a dû naturellement se soumettre :

« Les Guadet, les Vergniaud, dit-il p. 592, écrivaient leurs discours, et cet exemple eut les Laine, les de Saget, les Martignac pour imitateurs.

(( Ces maîtres de l'éloquence judiciaire croyaient ainsi répondre aux exigences de cet art si difficile, et tout ensemble mieux servir et les intérêts de leur cause et la religion même des juges. Leur fallait-il répliquer sur-le-champ ? La parole claire et précise de nos brillants improvisateurs attestait une fois de plus que c'est en écrivant avec soin qu'on apprend à bien parler. La sentence était- elle remise à huitaine ? Ce n'était plus l'écho affaibli d'un discours éloquent qui devait guider un tribunal indécis vers la solution d'une question épineuse : c'était ou un mémoire net et substantiel de l'avocat, ou bien le manuscrit du discours qui, à l'audience, avait si puissamment agi sur les convictions des juges, souvent même sur leurs cœurs. »

Et ailleurs, p. 498.

« Vergniaud, Laîné, Martignac, lisaient au barreau; mais il lisaient comme on parle en public, avec l'accent et la chaleur de l'improvisation. »

Ainsi se concilieraient les deux opinions contraires en apparence. Vergniaud aurait lu ses plaidoyers ou partie de ses plaidoyers au barreau, il prononçait ses discours à la tribune, sur notes, ou les improvisait, suivant les circonstances, comme ses répliques devant le Parlement.

Voici une citation de Robespierre qui peut servir de spécimen de sa manière :

La chaumière de Fabricius n'a rien à envier au palais de Crassus. J'aimerais autant pour mon compte être l'un des fils d'Aristide, élevé dans le Prytanée, aux dépens de la République, que l'héritier présomptif de. Xerxès né dans la fange des cours, pour occuper un trône décoré de l'avilissement des peuples et brillant de la misère publique. {Discours sur la propriété, du 24 avril 1793.)

INTRODUCTION, XLl

Il ne serait pas impossible qu'il y eût là une allusion lointaine à Robespierre lui-môme qui avait été boursier au collège Louisle-Grand.

Robespierre et Camille Desmoulins étaient tous les deux lauréats du concours et élèves du collège Louis-le-Grand. La Bibliothèque de la Sorbonne possède les listes de distributions des prix de 1747 à 1793 (1), on sera peut-être bien aise de les connaître en ce qui concerne Maximilien et Camille.

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