‹ VergniaudChapitre 27 sur 113 · DES AMIS DE LA CONSTITUTION · texte numérisé non relu

DES AMIS DE LA CONSTITUTION

nationale. Après plusieurs avis, la Société charge Guadet d'écrire au célèbre artiste Boze de faire ce tableau pour la somme de cinquante louis qu'il avait demandés à Guadet '.

49 Mars.

La Société nomme Vergniaud Président, Blondel et Delpech Secrétaires.

Lafosse, capitaine, invite le Président à se rendre à son bord pour assister à la réception du pavillon que lui donne la Commune. Vergniaud répond que cela lui est impossible, parce qu'il doit se rendre à l'Assemblée électorale dont il est Président.

Dimanche 27 Mars,

Vergniaud, Président, ouvre la séance. On invite au serment les membres récemment admis, les soldais et les grenadiers de Champagne qui assistent à la séance. L'un d'eux, Campin, adresse un discours à ses camarades par lequel il les invite à garder un éternel souvenir de l'engagement qu'ils viennent de prendre pour la défense d'une Constitution qui assure leur bonheur. Le Président répond par un discours où ses sentiments civiques se manifestent avec leur énergie ordinaire. L'un et l'autre sont couverts d'applaudissements.

Séance du 3 Avril,

Discours de Vergniaud aux évoques de Bordeaux, d'Auch, de Saintes, de Dax (p. 186).

Ce discours, dont M. Chauvot a donné un extrait, n'est pas moins remarquable, dit-il, par le fond des idées, que par la beauté du langage. Nous le renvoyons au Recueil des Discours de Vergniaud.

Séance du Dimanche 17 Avril.

Le Président Vergniaud prononce l'éloge funèbre de Mi-

» C'était probablement une reproduction. Ce magnifique portrait représente Mirabeau en pied. V. la gravure de Etienne Ueisson, d'après Boze, en 1789, offerte au Corps législatif le 13 thermidor anVL

rabeau. Ce discours est fréquemment interrompu par de vifs applaudissements. L'orateur peint tour à tour ce grand homme comme orateur et comme législateur, et témoigne le regret de n'avoir pas le pinceau de Tacite, alors même qu'il semble avoir emprunté celui de Plutarque. Enfin de nouveaux applaudissements accueillent ce discours et la Société en délibère l'impression à l'unanimité.

Un autre membre lit un éloge en vers du grand homme, dont le Président vient de retracer les talents et les vertus civiques.

A la séance du 24 juin 1791, on voit Vergniaud faire une proposition tendant à ce que le renouvellement des officiers ne soit pas suspendu.

Après la tentative de Varennes, le 9 juillet, Vergniaud monte à la tribune. Il conclut à ce qu'il soit fait une adresse à l'Assemblée nationale pour lui témoigner qu'on a la plus grande confiance en elle. « Nous croyons que le grand procès qui va s'instruire doit être renvoyé à la Haute Cour nationale. Si par le résultat de la procédure le Roi est trouvé coupable, la Nation doit être consultée sur sa destitution. Son avis doit être pris dans les Assemblées primaires. »

(Chauvot, Le Barreau de Bordeaux, p. 20.)

En 1786, Lacombe, le futur Fouquier-Tinville de la Gironde (V. Charlotte de Corday et les Girondins, passim et p. 674 à la note), se présenta, paraît-il, pour être reçu membre de la Société du Musée . Huit commissaires furent chargés de statuer sur sa demande. Il fut refusé^, à raison de faits d'indélicatesse. Vergniaud était au nombre des huit commissaires. Plus tard, en 1790, Lacombe aspira à faire partie de la Société des Jacobins de Bordeaux. Son admission fut prononcée en présence de Vergniaud, sans opposition de sa part. M. Chauvot lui reproche cette contradiction dans sa conduite. Il aurait dû, dit-il, se lever et protester. Nous ne pouvons souscrire à cette critique. L'espèce d'enquête

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