LES NOMMÉS
Leliardy, Gandin, Vergniaud, Valazé, Forest, Gensonné, Gpmer {sic), Michel,
Ont été mis en état d'arrestation au Luxembourg, en vertu d'un décret de la Convention Nationale en date de ce jour, 26 juillet 1793, l'an Ile de la République française.
Le séjour des Girondins au Luxembourg ne fut pas long, soit que la surveillance, dans ce vaste édifice, fût trop difficile, soit qu'on trouvât contraire à l'égalité qu'ils eussent un palais pour prison ' ou par l'influence
* « La chambre où Ton mit nos méchants lits de sangle donnait sur le jardin du Luxembourg, et quoique la fenêtre fût garnie de barreaux, la vue en était admirable et l'air qu'on y respirait très salutaire. »
(Lettre de la femme de Bitaubé, qui avait été incarcérée avec son mari au Luxembourg, pendant la Terreur; — V. Joseph, édit. de 1820, p. xxij; — Bibliothèque nationale. Y*.)
des journaux Jacobins, qui demandaient pour leurs ennemis les plus noirs cachots (Bûchez et Roux, vol. XXIII, p. 41).
Ils ne tardèrent pas à être répartis dans les prisons ordinaires. Vergniaud et Valazé furent envoyés à La Force, (iaudin à l'Abbaye, etc. C'est ainsi que les auteurs du 2 juin, qui d'abord n'avaient osé porter la main sur des Représentants du Peuple, se familiarisaiant peu à, peu avec leur attentat et s'enhardissaient jusqu'à traiter comme des criminels vulgaires, des hommes qui étaient revêtus d'un caractère sacré et inviolable, préludant par là à l'attaque qu'ils méditaient contre leur vie.
Ce transfèrement eut lieu le 31 juillet, ainsi qu'on le voyait à la colonne du mouvement, où on lisait ce qui suit (nous parlons au passé, on sait que ces registres si précieux, qui contenaient tant de choses, notamment l'histoire des fameuses conspirations ' des Prisons , n'existent plus; tout a péri dans l'incendie de 1871 î)
DU 31 JCILLKT 1793 L'an deuxième de la République françoisc.
Le citoyen Vergniaud est sorti, par ordre de l'Administration de Police, pour être transféré aux Prisons de la Force.
Signé : Michel, Jobert.
^ .Noii^ >ai.si>.-(»n> 1 oLia>i(.ij iW l.uie <(>mi.»ilir 1«' niwii <lii concierge du Luxembourg, signala? par son humanité envers les prisonniers.
«BpuoÎI, concierge de la j>riw)n du Luxemboura nu lemps de la Terreur, nn'TJte une pinco diKtingui'e dans les nnnrues de la Ri^volution. Cet iiommo rare et gi'm'Teux rluTcha tous les moyens d'adoucir le
La translation fut immédiate : elle avait Mè si rapide que les amis de Vergniaud l'ignorèrent et lui écrivirent au Luxembourg, alors qu'il était déjà à La Force. Delà les lettres suivantes, qui ne parvinrent jamais à leur adresse. Elles furent saisies par les officiers de paix Ozanne et Lejeune, et envoyées en copie par Guffroy, Membre du Comité de Sûreté Générale, à l'Accusateur public près le Tribunal Révolutionnaire.
Nous transcrivons ici ce dossier, tel que nous l'avons trouvé aux Archives Nationales.
CONVEiNTION NATIONALE
COMITÉ DE SURETE GÉNÉRALE ET DE SURVEILLANCE DE LA CONVENTION NATIONALE
Députés détenus. — Yergniaud...
A l'Accusateur public du Tribunal réoolutionnaire
DU 9 AOUT d793
L'an second de la République.
Je crois devoir vous prévenir qu'il existe au département de police de la municipalité de Paris, deux lettres originales écrites par Fonfrède ou Ducos à Vergniaux, et que des promeneurs voulaient lui remettre.
Guffroy,
Membre du Comité de Sûreté générale, chargé de la correspondance.
L'accusateur public aiant fait dire que ces originaux ne se trouvaient pas à la Commune de Paris, j 'ai fait faire des copies.
sort des infortunés confiés à sa vigilance, et il ne tint pas à lui qu'ils ne fussent aussi heureux «pi'on peut l'être dans la captivité. Egards délicats, propreté, salubrité, manières douces et honnêtes, il épuisa toutes les ressources de sa belle âme pour améliorer leur condition. Aussi fut-il traduit au Tribunal révolutionnaire et, s'il y fut acquitté, c'est par une espèce de miracle. Il ne voulut jamais convenir de la lirétendue conspiration du Luxembourg, parce qu'il ne sait pas mentir.
« (Jn n'eut garde de le remettre dans ses fonctions. » (Beiffroy de Reigny, Dictionnaire néologique des hommes et des choses.)
{Pièce distincte de la précédenic) COMMUNE DE PARIS
LE 1" AOUT iVn
L'an «if'uxième »le la République française, une et indivisible.
DÉPARTEMENT DÉPHTÉP