‹ Verre et verrerieChapitre 22 sur 74 · x 11 + 13.7541 — 13.7541 x 11 kg 0xy8'ene · texte numérisé non relu

x 11 + 13.7541 — 13.7541 x 11 kg 0xy8'ene

« On sait que, pour transformer 1 kilogramme de carbone en CO, il faut 4/3 kilogramme d’oxygène.

« Il faudra donc un nombre n kilogrammes de produits de combustion pour effectuer cette transformation, nombre donné par :

« Or 13.7541 kilogrammes de gaz brûlés contiennent 1 kilogramme de carbone ; les n kilogrammes que nous devons introduire en contiendront x, donnés par la relation :

= 0,8333 Carbone

« On peut donc, la combustion se faisant avec 20 0/0 d’air en excès, régénérer au maximum 83,3 0/0 de la quantité de carbone contenue dans le combustible, si, bien entendu, la quantité non employée de produits brûlés, après avoir assuré le chauffage de l’air, contient suffisamment d’oxygène disponible pour assurer la gazéification complète du combustible.

« Le bénéfice maximum de ce chef est trouvé égal à 0,7121 X 0,833= 0,4934 carbone.

« Le carbone des hydrocarbures étant déjà à l’état gazeux n’entre pas en ligne de compte.

« Or la chaleur latente de vaporisation du carbone étant

estimée à 3 134 calories, nous bénéficions de :

0,3934 x 3134 = 1800 Cal.

« En résumé, et sans examen plus approfondi, on peut réaliser :

1° Gain sur la perte de tirage aux chambres à gaz. . . 13,89 0/0

2° Gain sur la chaleur latente de vaporisation du car-

« En lisant le brevet pris par Siemens, on peut se demander si l’introduction de gaz brûlés au moyen d’un koerting à vapeur est bien le moyen le plus rationnel d’obtenir la régénération du carbone et l’utilisation de la chaleur latente de vaporisation de celui-ci.

« Un doute se présente immédiatement à l’esprit. La concentration successive de la vapeur d’eau dans les gaz brûlés, combinée au minime rendement du koerting aspirant des fluides aussi dilatés, n’assignera-t-elle pas à la vapeur un rôle prédominant dans les échanges de chaleur au cours de la gazéification ? Cette circonstance ne reléguera-t-elle pas au second plan la réaction essentielle de la régénération du carbone? »

Poursuivant son étude et examinant les différents modes de procéder à la régénération du carbone: injection au moyen d’un jet de vapeur ou d’un jet d’air d’une partie des gaz brûlés supposés à très haute température, ou au contraire refroidis vers 3 000, M. Fourcault en arrive à conclure de la façon suivante :

« Siemens a précisément choisi, pour faire valoir son

bone

Gain total

idée de la récupération du calorique latent de vaporisation du carbone, le mode d’application le plus désavantageux de tous. Lui, le créateur de la récupération de la chaleur perdue par les produits de la combustion, propose la suppression des empilages à gaz pour permettre l’introduction dans le gazogène de 6 0/0 seulement de la quantité totale des gaz brûlés et aboutir finalement à une perte de 1 0/0 relativement au procédé ancien.

« Il n’est pas téméraire d’affirmer que les industriels qui emploieront le nouvel appareil n’en retireront absolument aucune économie.

« On a cependant cité des résultats brillants obtenus en métallurgie. Nous sommes persuadés que ceux-ci sont dus uniquement à l’application du chauffage par le gaz, aux qualités chimiques spéciales des flammes produites et à une disposition plus rationnelle des fours.

« Le dispositif Siemens est loin d’être pratique. La proximité des organes de renversement, tant du brûleur que du gazogène, aura pour effet de soumettre ceux-ci aux plus rudes épreuves : déformation et même fusion des valves.

« Les appareils d’injection résisteront-ils à des températures voisines de 1 500°. Il est permis de ne guère y croire. La substitution d’ajutages en matériaux réfractaires aux ajutages métalliques ne pourra jamais être qu’un faible palliatif.

a L’injection des gaz brûlés par l’intermédiaire de la vapeur n’est possible que par l’addition d’une très forte quantité d’air.

« Si cependant, pour des causes spéciales, l’emploi de la vapeur comme moteur d’aspiration s’imposait, il faudrait n’introduire les produits brûlés qu’après leur circulation dans les chambres à gaz. Il faut bien se garder de

supprimer ces appareils. L’économie possible reste, en effet, la même, et l’on a l’avantage de soustraire les appareils d’insufflation et d’inversion aux néfastes influences des hautes températures.

« Dans certains cas, l’espace peut faire défaut et amener forcément la suppression des chambres à gaz. Dans ce cas, il faudra que les chambres à air soient suffisamment grandes et puissantes pour pouvoir en distraire une partie de l’air qui y est chauffé afin de l’introduire sous les grilles, moyen détourné de tirer parti de l’excès de chaleur perdue qu’on est obligé d’y faire passer.

« La véritable manière d’arriver à une régénération sérieuse du carbone est d’employer un koerting à air comprimé; c’est la seule solution rationnelle du problème, avec des aspirateurs agissant par entraînement moléculaire.

« Malheureusement le coût de l’air comprimé est très élevé ; en tenant compte du rendement du compresseur, on ne peut espérer qu’une économie de 7 0/0.

« Les usines disposant de force motrice perdue pourraient escompter un bénéfice de 18 0/0 sur la consommation de combustible.

« Quant aux avantages pratiques de ce mode d’application, ils sont tout indiqués.

« N’est-ce pas une solution facile du problème de la conservation des ajutages de la soufflerie que d’y lancer un jet d’air comprimé qui, en se détendant brusquement, réalise dans leur voisinage un abaissement considérable de température ?

« Dans le procédé présent, qui permet d’injecter 25 0/0 de gaz brûlés, nous pourrions songer à supprimer les récupérateurs à gaz, sans encourir des pertes bien considérables.

« Nous sommes d’avis qu’il serait utile, dans ce cas, de les remplacer par un nouvel organe auquel on pourrait donner le nom d'épurateur.

« Supposons que le canal qui amène les produits brûlés au koerting, et qui après inversion sert de conduit pour le gaz, soit large et coupé par des cloisons horizontales assez rapprochées, disposées comme dans le four Michel Perret pour le grillage des minerais. Que se passera-t-il si nous étalons sur ces surfaces de gros morceaux de coke léger ?

« Pendant la première phase, celle du courant ascendant, le gaz circulera dans ces chicanes, l’acide carbonique pourra achever sa réduction au contact du carbone incandescent.

« Pendant la seconde phase, celle du courant descendant, l’oxygène en excès des gaz brûlés pourra se fixer sur le carbone et une réduction du CO2 pourra déjà se produire. En tous cas, il est fort probable que le fluide aspiré arrivera plus chaud aux générateurs de gaz.

« L’expérience seule décidera de l’efficacité de ce nouvel engin.

« Il est reconnu que, pour obtenir une bonne récupération des flammes perdues, il est avantageux de refroidir les gaz pendant leur formation aux gazogènes, afin de les introduire à une plus basse température dans les empilages..

« Ce résultat a été atteint utilement jusqu’à présent par l’introduction de vapeur d’eau dans la masse du combustible en ignition, et nous soutenons qu’il est plus rationnel de réaliser ce refroidissement par l’introduction de l’acide carbonique des gaz brûlés que de toute autre manière, car on peut de la sorte récupérer une partie de Ja chaleur latente de vaporisation du carbone.

« Cette dépense de force, ou mieux de chaleur, sera faite:

ainsi une fois pour toutes pour la partie du carbone qu’on régénérera.

« Tous les efforts doivent tendre à réaliser économiquement, dans des conditions réellement pratiques, cette idée émise par M. Gobbe et ensuite par MM. Biedermann et Harvez, à savoir l’introduction dans les gazogènes des produits de combustion à la plus haute température possible. »

Nous pensons, comme M. Fourcault, qu’on pourra trouver grand avantage à opérer une récupération partielle du carbone et qu’il y a grand intérêt à diriger ses recherches de ce côté.

Il est indiscutable, d’ailleurs, que la suppression des chambres à réchauffer le gaz, entraînant la suppression de la valve et ses inconvénients, permet en outre de supprimer la perte de charge due au frottement du gaz sur les briques d’empilage. Mais l’expérience montre que, pour obtenir dans le four la même vivacité de combustion avec du gaz relativement froid, il faut compliquer le brûleur ou dispositif de mélange de l’air et du gaz.

Ce brûleur moins simple est plus délicat de construction, par suite moins robuste. Or, dans tout four Siemens, ancien ou nouveau système, il faut que le brûleur serve alternativement à l’entrée des flammes et à la sortie des gaz brûlés; si donc nous avons un brûleur moins robuste, nous augmentons encore ses chances de fusibilité et de dégradation. D’où nous concluons qu'il vaut mieux, pour le moment, se résigner aux inconvénients du four Siemens ancien modèle, parce que ce four est plus résistant.

Comme ayant beaucoup d’analogie avec le système de régénération dont nous venons de parler, nous indiquerons le procédé de M. C. Staffen.

CHAP. II

Dans ce procédé, on recueille, par voie de dissolution dans l’eau, l’acide carbonique contenu dans les gaz brûlés, et c’est ce gaz, ainsi dépouillé d’azote, qu’on injecte, soit seul, soit mélangé à de la vapeur sous la grille des gazogènes.

On obtient ainsi un combustible très riche et d’un pouvoir calorifique très élevé.

Ce procédé, dont l’application doit d’ailleurs présenter de sérieuses difficultés, n’a pas encore reçu la sanction de la pratique.

Fours à combustion intensive. — Dans tous les fours à gaz dont nous venons de parler, le gaz et l’air sont amenés isolément du four dans des conduits distincts. Ils débouchent dans le four en nappes superposées ou venant à la rencontre l’une de l’autre sous des angles plus ou moins prononcés.

Ce mode de distribution, en rendant la combustion non instantanée, mais progressive, a l’avantage de répartir la chaleur sur une plus grande étendue, ce qui tend à uniformiser la température en tous les points du four.

Mais, par contre, on comprend qu’il ne soit possible d’obtenir une combustion complète qu’en amenant un excès d’air. Il s’ensuit que, jusqu’à présent, on n’a pas pu industriellement réaliser une combustion bien économique, vu que toute variation des quantités de gaz et d’air indispensables à une combustion absolue se décèle par une réduction correspondante de la chaleur rendue libre. Lorsque l’air est en excès, la chaleur de combinaison se trouve diminuée en raison du volume des gaz inertes entrant dans la réaction et qui s’échauffent au détriment de celle-ci. Si le comburant est distribué avec parcimonie, une partie du combustible échappe à toute oxydation.

Pour réaliser une combustion rationnelle, M. Bandsept a adopté un dispositif permettant d’opérer avant leur arrivée au four le mélange intime du gaz et de l’air. Ce mélange préalable demande, il est vrai, une certaine dépense de travail, mais elle est largement compensée par une meilleure utilisation du combustible et par la haute température à laquelle se produit la combustion.

Le combustible gazeux étant très concret et Pair ou l’oxygène s’y trouvant molécule à molécule, il en résulte que le refroidissement produit par la dissociation est compensé à un point tel que la température observée est Irès voisine de la température théorique dont est capable le gaz employé.

D’autre part, la concentration de la chaleur est poussée au maximum dans un espace très restreint.

Tels sont les principes sur lesquels repose le système de chauffage préconisé par M. Bandsept, principes dont l’application réalise la combustion sans fumée.

Nous ne pensons pas que ce mode de chauffage puisse être utilement appliqué aux fours de verrerie, pour lesquels une flamme longue est nécessaire, mais nous avons cru devoir signaler cette innovation qui pourra rendre et a déjà rendu de grands services dans certains cas particuliers, en raison de l’énorme quantité de chaleur qu'elle permet de donner en un temps très court.

La fumivorité absolue qui caractérise ce procédé de chauffage est d’ailleurs une considération qui, à elle seule, suffirait à en assurer la généralisation, surtout dans les grands centres industriels, où la profusion de matières charbonneuses rejetées par les cheminées d’usines ne laisse pas que de présenter des inconvénients sérieux pour le voisinage.

§ 3. — Gazogènes

35. — Diverses formes données à ces appareils. — On sait que le décrassage des grilles est la principale difficulté qu’on rencontre dans l’emploi des gazogènes. C’est une opération toujours pénible pour les ouvriers et en même temps défectueuse au point de vue de l’utilisation du combustible, en ce sens qu’elle occasionne un déchet considérable.

Dans le cas de gazogènes à grilles inclinées, on procède au décrassage en se servant de fausses grilles ou barreaux taillés en pointe, que l’on enfonce dans la masse des scories jusqu’à ce qu’elles viennent s’appuyer sur le mur formant le fond des gazogènes. Ces grilles soutiennent le combustible pendant que l’on enlève les barreaux formant la grille ordinaire. On enlève alors les mâchefers, on replace ensuite la grille, puis on enlève les barreaux mobiles.

Dans certains cas, on compose la grille de barreaux de section carrée, en ayant soin de laisser dans le fond un vide de 15 à 20 centimètres. L’ouvrier fait alors glisser les scories vers ce vide et les fait tomber en ayant soin de conserver assez de scories pour obturer, à la fin du nettoyage, ce vide ménagé à dessein.

Afin de rendre les mâchefers moins adhérents aux barreaux de la grille, on dispose très généralement dans le cendrier une bâche à eau. L’évaporation de l’eau amène un refroidissement des barreaux et facilite beaucoup les nettoyages, en même temps qu’elle augmente la durée des grilles. Nous ajouterons que, par sa décomposition au contact du coke incandescent, la vapeur d’eau

§3. — GAZOGÈNES

introduite ainsi en faible quantité se transforme complètement en oxyde de carbone et hydrogène qui enrichissent le gaz, sans porter préjudice à l’allure des gazogènes.

tUi. — Grilles Perret. — C’est dans cet ordre d’idées et pour assurer aux grilles une durée pour ainsi dire illimitée, que M. Michel Perret a construit des barreaux à grande surface (fig . 37) et plongeant sur une notable partie de leur hauteur dans l’eau d’une bâche placée sous le foyer.

Les gazogènes qui sont munis de semblables grilles ont une allure vive, ce qui résulte de la surface de passage relativement considérable offerte â l’air ; en outre, le gaz produit est plus riche en éléments combustibles que celui qui est fourni par les gazogènes ordinaires

Siemens, ainsi qu’on

peut le voir par

les analyses ci-

dessous :

Gazogène ordinaire

Gazogène

Siemens

à grille Perret

Acide carbonique

Oxyde de carbone ....

Carbone d’hydrogène .

Hydrogène

Azote

Avant de parler des gazogènes soufflés à l’air ou à la vapeur, nous donnerons la description de deux appareils,.

dont l’un surtout nous paraît présenter les meilleures garanties au point de vue de l’extraction des scories.

37. — Gazogène Liégel. — M. Liégel, de Stralsund (Poméranie), a supprimé complètement la grille du gazogène et l’a remplacée par une fente longitudinale I), formée soit par deux pièces réfractaires accouplées, soit par deux barres de fer.

C’est cette disposition qui constitue le mérite principal de l’invention et qui la caractérise. (V.

fig- 38.)

La forme conique du foyer et son rétrécissement jusqu’à cette fente permettent à l’air nécessaire à la première transformation de passer au centre même du combustible, sans suivre les parois du foyer. On arrive ainsi à ce que la moins grande quantité d’air possible traverse la masse sans être entré en réaction.

Tl résulte de cette disposition que la température est assez élevée, à très peu de distance des lèvres de la fente, pour que les mâchefers s’y maintiennent en fusion et puissent être éliminés d’une manière continue en coulant d’eux-mêmes. Tout le travail consiste à surveiller de temps en temps cette fente, afin de faciliter la chute des scories qui tendent à se figer et afin de faire varier à

Fig. 38.

volonté la longueur libre de celte fente, ce qui permet de la façon la plus simple d’activer ou de modérer l’allure.

Il n’y a donc aucune espèce de décrassage, d’où régularité de marche et possibilité d’employer des combustibles de qualité médiocre.

Voici comment l’inventeur décrit les avantages que présente son appareil :

« Pour- tirer le meilleur parti d’une combustion aussi parfaite que possible, il faut construire le foyer de manière qu’il ne puisse pas y entrer d’air superflu. Dans un foyer vertical dont le fond serait entièrement occupé par une grille, l’air tendra toujours à monter le long des parois lisses tout aussi bien et mieux que par les interstices plus ou moins chicanés du combustible. Diminuons les sections de la grille dans un sens, cet inconvénient sera réduit, pour atteindre un minimum quand la grille sera amenée à n’avoir comme dimensions que celles d’une simple fente.

« Pour être sûr, en tous cas, que l’air ne touche jamais les parois (ou le moins possible), je construis le foyer en l’élargissant très rapidement à partir de la fente. En outre, j’évite les surfaces lisses en faisant toutes les parois en gradins.

« La couche de combustible doit être le plus mince possible, afin de ne nécessiter qu’un faible tirage; elle doit cependant être assez grande pour que l’oxygène qui la traverse puisse être entièrement brûlé.

« Moins le combustible est gros, plus la couche peut être faible.

« Suivant les cas, la hauteur de la couche de combustible peut varier de 10 à 80 centimètres. L’expérience peut seule en décider; mais il est bon d’avoir pour

chaque cas un moyen de faire varier cette épaisseur suivant les besoins. Pour cela, dans mes fours je fais la fente plus longue qu’il ne faut et inclinée. On fait varier la hauteur du combustible en dégageant la partie de la fente qu’on juge nécessaire, soit à l’avant, soit à l’arrière.

a II faut que les quantités d’air qui traversent le combustible soient aussi régulières que possible. Pour cela trois conditions sont à remplir :

« 1° L’épaisseur de la couche doit rester sensiblement égale ; on obtient cela avec un magasin de combustible aussi grand que possible ;

« 2° Les résidus non combustibles (scories ou mâchefers), qui se séparent du combustible, doivent être éliminés continuellement, afin que l’air entrant trouve toujours approximativement les mêmes passages entre les morceaux. On sait que sur les grilles ordinaires plus les intervalles des décrassages sont considérables, plus la combustion est mauvaise. Le seul moyen de s’approcher le plus possible de l’idéal est d’arriver à l’évacuation automatique des mâchefers par la fente. J’ai réalisé ce fait dans mes foyers ; toute cendre fond et coule automatiquement par la fente. Qu’ils soient facilement ou difficilement fusibles, je suis parvenu à faire écouler tous les mâchefers; il suffit, pour ces derniers, de faire un petit feu secondaire sous la fente, petit feu naturellement entretenu, d’ailleurs, par les petits morceaux de combustible qui tombent. Tout le travail de l’ouvrier consiste à nettoyer de temps en temps les lèvres de la fente pour faire tomber les scories adhérentes.

« 3° Il est nécessaire que la force du tirage soit aussi égale que possible.

« Quant à la durée de mes foyers, on doit distinguer entre les briques qui n’ont qu’à supporter la chaleur et

§ 3. — GAZOGÈNES

celles qui sont touchées par la scorie liquide. Les premières, beaucoup de fabriques les fournissent convenablement aujourd’hui ; mais il n’y a pas de briques qui puissent résister à la scorie liquide; jamais on n’en fera, car il y a là une combinaison chimique destructrice. 11 n’y a qu’un seul moyen de conserver le foyer, c’est de faire en sorte que les mâchefers coulent constamment sur des mâchefers figés. C’est ce qui se réalise fort bien dans mes fours, soit à l’orifice de la fente, soit sur les gradins du foyer. Il en résulte que les blocs réfractaires n’ont jamais besoin d’être changés et que les foyers ont une durée indéfinie.

« Mes générateurs permettent de faire des arrêts sans qu’il soit nécessaire d’enlever le comhustible.il faut brûler pendant ces interruptions le coke nécessaire pour compenser la perte de chaleur par rayonnement. On a pu pousser ces arrêts jusqu’à soixante-douze heures. »

Gazogène Lührmann. — Le gazogène étant un appareil essentiellement continu, il était naturel de songer à l’alimenter d’une façon continue. C’est ce qu’a fait M. Lührmann. Il construisit un gazogène (fig. 39) muni d’une cornue horizontale en maçonnerie, dans laquelle le combustible frais distillait. Un piston animé d’un mouvement très lent enfonçait le combustible d’une façon continue à l’aide d’un disposi- Fig. 39.

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tif analogue à celui qui

était autrefois employé pour pousser les betteraves sur la

râpe. Le combustible, réduit à l’état de coke, venait tomber dans le gazogène où s’opérait sa transformation en oxyde de carbone.

Malheureusement, le combustible ne pouvait distiller dans la cornue qu’à l’aide d’une quantité de chaleur qu’il fallait prendre aux gaz brûlés s’échappant du four. On était ainsi amené à sacrifier une partie de l’action du récupérateur en envoyant à la cheminée des gaz encore chauds. Donc, à part l’alimentation presque continue, on perdait dans le manque d’action du récupérateur ce qu’on gagnait en faisant distiller le combustible par la chaleur emportée du four.

Pour cette raison, ces gazogènes sont maintenant abandonnés.

Gazogène Taylor . — Le gazogène Taylor fonctionne par injection d’air entraîné par un courant de vapeur, comme ceux dont nous allons maintenant nous occuper; mais dans cet appareil on a eu surtout pour but, en opérant ainsi, d'améliorer la marche en facilitant le décrassage par suite du refroidissement que subissent les mâchefers sous l’action de ce courant d’air.

Ce qui distingue le gazogène Taylor [flg. 40), dont l’invention ne remonte qu’à quelques années et dont les applications sont déjà très nombreuses aux États-Unis, c’est que le décrassage s’y opère sans aucune difficulté et sans occasionner de déchet. On l’exécute en pleine marche sans apporter aucun trouble à l’allure de l’appareil.

Le gazogène Taylor se présente sous la forme d’un cylindre vertical en tôle, de 4 mètres de hauteur, garni à l’intérieur d’une chemise en briques réfractaires. Ce gazogène n’a pas de grille proprement dite. Les mâchefers réunis dans une trémie F viennent s’ébouler sur un

§3. — GAZOGÈNES

plateau P auquel on peut donner un mouvement de rotation au moyen de la manivelle M, agissant sur les roues Rr qui commandent le pignon G.

Le plateau mobile P roule au moyen de galets sur le plateau fixe Q. Par cette disposition on évite tout ajustage précis, les dilatations se font librement et la rotation se produit sans grand effort.

Fig. 40.

A l’état de repos, le cône d’éboulement des mâchefers s’arrête au bord du plateau mobile, mais si on imprime à ce dernier un mouvement de rotation, les mâchefers s’éboulent sur tout son parcours et tombent dans le cendrier. On facilite cette chute des mâchefers au moyen de barres de fer HH, qu’on enfonce plus ou moins dans leur masse.

Les mâchefers ne deviennent jamais collants, grâce au refroidissement provoqué par le jet d’air et de vapeur.

Pour mettre l’appareil en marche, on commence par remplir de mâchefers la trémie F, on ajoute ensuite un

peu de bois et de copeaux, qu’on allume et qu’on recouvre ensuite de combustible.

Voici la moyenne des analyses du gaz obtenu avec ce gazogène, brûlant dans un cas' de la houille anthraciteuse, dans l’autre de la houille grasse :

Houille anthraciteuse

Houille grasse

Oxyde de carbone ....

Acide carbonique

Hydrogène

Carbure d’hydrogène .

Azote

Pour parer à l’inconvénient résultant d’une agglomération accidentelle des mâchefers, soit par suite d’une négligence, soit par suite de l’emploi de combustible fort chargé de cendres très fusibles, on a ménagé, à la hauteur de la trémie tronconique, plusieurs portes de travail que l’on ouvre en cas de besoin.

38. — Gazogènes soufflés. — La nécessité où l’on se trouve souvent de placer les gazogènes dans des endroits où l’aération est défectueuse, leur lenteur de mise en marche et de remise en feu, le désir de produire un gaz riche en pouvoir calorifique avec des combustibles pauvres en matières volatiles, ont amené la construction de gazogènes soufflés, dans lesquels on fait intervenir l’air et la vapeur.

L’emploi de la vapeur a d’ailleurs permis d’obtenir une meilleure récupération, en ce sens que le gaz combustible arrive plus froid dans le récupérateur. Comme ce refroidissement est le fait d’une réaction qui, s’opérant dans le gazogène entre la vapeur d’eau et le coke incandescent,

§ 3. — GAZOGÈNES

a pour double résultat d’enrichir le gaz et d’empècher une allure trop chaude du gazogène, on voit qu’il y a tout intérêt à faire usage de gazogènes soufflés à la vapeur.

Dans certains cas, on produit même industriellement un gaz dit « gaz à l’eau », dans la composition duquel il n’entre absolument que les produits de réaction entre le carbone et la vapeur d’eau.

Nous dirons d’abord quelques mots des gazogènes soufflés, dans lesquels la vapeur ne joue pas un rôle prédominant.

Gazogène Wilson ( fig . 41). — Ce gazogène est à cendrier fermé et à injection d’air au moyen d’un koerting.

Il donne de bons résultats comme composition du gaz et comme rapidité de mise en marche, il permet de gouverner un four avec la plus grande facilité.

Mais la faible différence de niveau existant entre le sol de la halle et la grille du gazogène oblige à maintenir une forte pression, ce qui est une gêne pour l’ouvrier chargé de la conduite de l’appareil. De plus, pendant les décrassages, les portes du cendrier devant être ouvertes, la soufflerie doit être momentanément supprimée, et le gazogène se trouve n’avoir plus aucune action sur le four.

Gazogène Marteau [fig. 42). — Ce gazogène se compose d’une simple cuve carrée munie de grilles en fer

CHAP. II

placées à la partie inférieure. Le combustible, distribué d’une façon continue par une hélice, vient tomber au centre de la cuve. Lefe foyers sont munis de portes d’une ouverture et d’une fermeture faciles.

Dans les murs séparant deux gazogènes accolés, on dispose une soufflerie qui permet d’amener sous la grille un jet d’air et de vapeur d’eau.

Fig. 42.

Ces gazogènes présentent presque tous les avantages des gazogènes Wilson sans en avoir les inconvénients ; leur seul défaut est d’exiger une différence de niveau de 0m,50 entre le niveau moyen de leur grille et le niveau inférieur des régénérateurs. Au cas où la soufflerie viendrait à manquer, ils ont l’avantage de pouvoir fonctionner à tirage naturel. Dans ces cas accidentels, on prend naturellement la précaution d’alimenter le gazogène avec un combustible un peu plus grenu et plus riche que celui qu’on utilise en marche habituelle.

Gazogène Lencaucliez . — Ces appareils sont à radier de sole de grille arrosé et à vent soufflé ou à jet de vapeur. Ils donnent des gaz très riches dont la teneur en hydrogène varie de 6 à 20 0/0 suivant la nature du combustible. Même alimentés au coke et à tirage naturel, ils

GAZOGÈNES

fournissent un gaz dont la teneur en produits utiles peut atteindre 35 0/0.

Nous donnons ici la composition des gaz obtenus avec ces appareils, marchant dans des conditions différentes L

AUX FINES de

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