GOBELETERIE
pièce dans un moule qui porte intérieurement les dessins que devra présentera J’extéricur l’objet fabriqué.
Fig. 66.
Dans la planche 11 l on trouvera la description d’un four. Les figures 64, 65, 66 reproduisent les diverses phases de la fabrication d’une carafe.
On obtient certaines pièces par moulage seul.
On emploie à cet effet un poinçon ou mandrin à levier qui, pénétrant dans la masse du verre chaud, oblige ce dernier à prendre la forme du moule qui l’environne (fiff- 67).
Cette manière d’opérer a l’inconvénient de limiter la forme des objets moulés. En effet, la nécessité d’enlever le mandrin après moulage oblige à ne fabriquer que des pièces cylindriques ou coniques à l’intérieur.
Tubes en verre. — Les tubes sont fabriqués le plus généralement avec un verre très dur, fort chargé de silice et de chaux. Ils ont, en effet, le plus souvent, pour destination, l’emploi à des travaux de laboratoire pour lesquels la résistance au feu et aux agents chimiques est une qualité indispensable.
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Les tubes en verre s’obtiennent de la façon suivante : après avoir cueilli à l’extrémité de sa canne la quantité de verre nécessaire, l’ouvrier la souffle et lui donne la forme d’une poire à parois très épaisses. A ce moment, un autre ouvrier vient souder à l’autre extrémité de la poire une boule de verre qu’il a cueillie à l’aide d’une tige en fer. Puis, les deux ouvriers s’éloignent l’un de l’autre, tout en donnant un mouvement de rotation rapide à leurs outils jusqu’à ce que le tube ait atteint le diamètre voulu.
Le tube encore flexible se courbe sous son poids à mesure qu’il se forme ; aussi le redresse-t-on en le disposant sur des planchettes. On le coupe ensuite, par l’application d’un fer froid, en morceaux de longueur voulue qu’on porte au four à recuire.
Pour certaines applications, comme celles des thermomètres, on exige assez souvent — afin de rendre plus visible la colonne de mercure — que le trou soit méplat au lieu d’être cylindrique.
Voici comment on opère pour cette fabrication : après
avoir soufflé la paraison, on l’aplatit sur le marbre, on la laisse un peu refroidir, puis on la recouvre d’un nouveau cueillage qu’on arrondit. Le verre intérieur étant relativement froid, le trou conserve la forme aplatie qui lui a été donnée au début.
On fait ensuite la tirée du tube dont la section intérieure ne se modifie pas.
§ 4. — Verres à vitres. — Verres en cylindres
58. — Historique. — Nous avons dit, en parlant de l’origine du verre, que les vitres étaient connues des Romains et que les doutes qu’on pouvait avoir à ce sujet avaient été levés d’une manière irrécusable par la découverte dans les ruines de Pompéi de vitres encore adhérentes à leur monture.
L’usage ne s’en répandit en Gaule que vers le 111e siècle et encore n’employait-on les vitres que pour garnir les fenêtres des églises. La généralisation en fut excessivement lente. Jusqu’au siècle de Louis XIV, on ne faisait usage pour les habitations que de carreaux de petites dimensions, encastrés dans des baguettes de plomb. C’est seulement à cette époque que l’on se servit de vitres en un seul morceau, et encore faut-il ajouter que les habitations luxueuses en étaient seules pourvues. On sait en effet qu’au xvme siècle il existait encore une corporation dite des « chassessiers », dont la profession consistait à garnir les fenêtres de papier huilé.
Les premières verreries à vitres ont été installées en France au xie siècle; elles travaillaient suivant le procédé des plateaux.
Au commencement du xvme siècle, la fabrication du
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verre à vitres était très florissante en Normandie, et elle s’exécutait encore par le procédé des plateaux. L’importance de cette fabrication était très considérable, à en juger par le passage suivant que nous extrayons deYHistoire de la Verrerie par E. Garnier :
« Le verre fabriqué en Normandie était emballé dans des sortes de cages ou a paniers » en bois blanc, plus larges par le haut que par le bas, garnis de paille dans le fond et sur les côtés et contenant chacun vingt-quatre « plats » ou feuilles de verre, séparés par des réglettes de bois blanc garnies de paille.
« Ces paniers étaient expédiés à Paris, rue Saint-Denis, au Renard-Rouge, où se trouvait le bureau des maîtres faïenciers, verriers, etc., et où se faisaient le déchargement, la vérification et la vente des verres qui arrivaient chaque jour.
« Mais les verreries normandes n’envoyaient pas tous leurs produits à Paris ; la plus grande partie était expédiée en Angleterre, ou prenait le chemin du Havre ou de Rordeaux pour passer de là en Hollande, en Espagne et en Portugal; il en résulta, à un moment donné, non seulement un renchérissement considérable, mais encore une si grande rareté du verre à vitres que le Gouvernement dut intervenir pour régler d’une façon précise les conditions dans lesquelles devait se faire l’approvisionnement de Paris et empêcher sous les peines les plus sévères l’exportation du verre à l’Étranger. »
C’est ainsi que l’article premier de l’arrêt du 4 mars 1724 est conçu :
« Article premier. — Les maîtres et entrepreneurs des quatre verreries de Lyons en Normandie sont tenus de fournir et de faire voiturer, dans le bureau ordinaire des maîtres verriers de Paris, chacun une charretée de
verre à vitres par semaine, à compter du jour du présent arrêt jusqu’au 1er avril prochain, et chacun deux charretées aussi par semaine depuis ledit jour 1er avril jusqu’au dernier septembre suivant, et enfin une charretée aussi chacun par semaine depuis ledit jour dernier septembre jusqu’au 1er avril de l’année prochaine 1725.
« A peine de 500 livres d’amende pour chacune contravention et pour en faciliter le recouvrement en cas d’inexécution du présent arrêt, il sera par lesdits maîtres des verreries, dans quinzaine, nommé une personne solvable dans ladite ville de Paris, pour caution et qui sera reçue par devant le sieur lieutenant-général de police de Paris, les jurez de ladite communauté des maîtres verriers présents ou duement appelez, comme aussi sera tenu chacun desdits maîtres de verreries d’apposer sur les paniers de verres de sa fabrique une marque distincte et particulière, laquelle sera aussi inscrite sur chaque lettre de voiture. »
Les articles III, IV et V déterminent la dimension des feuilles de verre; la contenance des paniers et le nombre des paniers composant une charretée.
L’article VI fixant le prix est ainsi conçu :
« Art. VI. — Et Sa Majesté ayant égard au prix excessif où le bois a été porté, elle ordonne que le verre ainsi conditionné sera payé auxdits maîtres de verreries par lesdits maîtres vitriers sur le pied de 30 livres le panier de fin et de 27 livres le panier du second. »
« Cet arrêté, qui nous donne des renseignements précieux sur la façon dont se faisait le commerce du verre à vitres à cette époque, modifiait simplement les conditions d’existence des quatre grosses verreries qui s’y trouvaient particulièrement visées. Plutôt que de se soumettre à l’obligation de ne vendre que 27 livres ce
qu’ils avaient vendu dans les dernières années 50 et même 60 livres, les propriétaires de trois de ces verreries préférèrent laisser éteindre leurs fours. La seule verrerie de Landel resta en activité ; et, comme la quantité de paniers qu’elle pouvait envoyer à Paris était loin de satisfaire aux exigences de la consommation, le Gouvernement prit, à la date du 12 décembre 1724, un nouvel arrêté par lequel il obligeait les autres verriers en Normandie, notamment ceux du comté d’Eu, à entrer pour leur part dans l’approvisionnement de Paris, tout en maintenant, malgré les réclamations faites par les maîtres de verreries, les prix fixés par l’arrêté du 4 mars. — Il semble cependant qu’à la fin les verreries aient obtenu gain de cause. Il était difficile, du reste, qu’il en fut autrement. D’une part, on ne pouvait obliger les maîtres de verreries à fournir mensuellement une quantité de paniers déterminée à l’avance, parce qu’il leur était toujours possible d’invoquer, pour se soustraire à cette obligation, des raisons tirées de difficultés pratiques: usure des fours, manque de matières premières ou de combustible ; d’autre part, il était plus difficile encore de les contraindre à résister aux offres avantageuses qui leur étaient faites par des commerçants étrangers. Le Gouvernement dut donc se borner à propager d’année en année la défense qu’il avait faite d’exporter du verre à vitre hors du royaume et à maintenir la suppression des droits d’entrée sur le verre en cylindre. »
Un peu après cette époque, la fabrication de ce dernier s’introduisit en France. M. Drolinveau établit à Saint- Quirin (Vosges) la première verrerie travaillant d’après un procédé qui était celui utilisé en Bohême. Puis, vinrent les verreries du Nord de la France, Anzin, Fresnes, qui furent fondées par un verrier belge.