AUTEURS
(2) Des Cloizeaux
(1) De Senarmont
(6) Lamy
§4. — Phares
105. — Historique. - — Le plus ancien phare dont l’histoire fasse mention est celui du promontoire de Sigée. Le Pirée et la plupart des ports de la Grèce avaient des phares qui en indiquaient l’entrée aux navigateurs. Celui qui fut élevé dans l’île de Pharos (par Ptolémée-Philadelphe, en l’an 270 avant J.-C.) passe pour avoir donné son nom à tous les appareils et constructions du même genre.
Pendant leur séjour dans les Gaules, les Romains avaient établi de nombreux phares sur les côtes de France, témoin celui de Boulogne-sur-Mer, dénommé Tour d’Ordre, dont on voyait encore les ruines en 1863.
PHARES
36èi
L’éclairage des phares a été obtenu pendant longtemps par des feux de bois ou de charbon, par des torches de résine, puis par des lampes grossières.
L’invention des lampes à double courant d’air par Argand, en 1784, puis l’emploi de réflecteurs métalliques furent les premiers progrès sérieux qui furent réalisés.
Les réflecteurs métalliques furent complètement abandonnés à la suite de l’invention de Fresnel qui, en 1821, imagina les phares lenticulaires.
Au lieu de faire usage d’une lentille d’une seule pièce, dont la fabrication, même limitée à des lentilles de grandeur moyenne, présente de sérieuses difficultés, et dont le prix de revient est par suite très élevé, Fresnel eut l’idée de constituer la surface réfringente en réunissant sur une lame à surface parallèle :
1° Une lentille plan-convexe 1, de faible ouverture angulaire ;
2° Une série d’anneaux dont les surfaces convexes sont calculées de telle sorte que toutes aient le même foyer F que la lentille centrale (fig. 123, 124, a, 6, c, d).
Cet ensemble constitue la lentille à échelons de Fresnel. Elle absorbe à peu près 1/20 de la lumière incidente.
366 GHAP. y. VERRE DE BOHÊME. CRISTAL, ETC.
Ces lentilles sont destinées à dévier les rayons divergents qui émanent du foyer et à les diriger vers l’horizon, au lieu de les laisser se perdre dans le ciel ou éclairer inutilement la mer dans le voisinage immédiat du phare. Les rayons qui vont du foyer à l’horizon n’ont pas besoin d’être déviés, tous les autres doivent subir une déviation
Fig. 124.
d’autant plus grande qu’ils font un angle plus grand avec l’horizontale. Tant que cet angle est supérieur à 40°, on obtient la déviation de ces rayons obliques en construisant la lentille à échelons de façon telle qu’elle ait son foyer principal au foyer même du phare ; dans ce cas, en effet, le foyer principal se trouve être le point commun de croisement, derrière la lentille, de tous les rayons dirigés sur elle parallèlement à son axe, et réciproquement tous les rayons dirigés de ce point sur la lentille sortent de celle-ci avec une direction parallèle à son axe.
Au-delà de 40° on obtient la déviation de ces rayons obliques, en ayant recours à la réfraction et à la réflexion pour les ramener dans l’horizontalité.
Ils subissent une première déviation en pénétrant dans un prisme triangulaire en verre, viennent ensuite ren-
PHARES
contrer une autre face de ce même prisme sous un angle tel qu’ils sont totalement réfléchis et sortent enfin par la troisième face, qui les dévie une dernière fois par réfraction et achève de leur donner la direction voulue.
Les prismes qui agissent par réfraction et par réflexion ont reçu le nom de prismes catadioptriques ; ils constituent la zone catadioptrique de la lentille; on appelle tambour dioptrique la portion de l’enveloppe lenticulaire qui n’agit que par réfraction.
11 n’entre pas dans le cadre de cet ouvrage de donner la description des dispositions multiples qui ont été adoptées dans la construction des phares et qui les distinguent en phares à feux fixes et en phares tournants, avec ou sans éclipse, avec ou sans éclat.
Nous ne nous occuperons que du mode de fabrication des pièces en verre qui constituent ces appareils, ainsi que des qualités que doit présenter ce verre.
On a d’abord préparé les anneaux en soumettant au ramollissement des pièces de verre qu’on cintrait et qu’on réunissait bout à bout. Aujourd’hui, ces pièces sont obtenues, en une ou plusieurs parties, suivant les dimensions, par coulage dans des moules, ou lingotières, en fonte avec lesquels elles sont mises à recuire dans des arches spéciales.