COMPOSITIONS
C’est ainsi que, si l’on a en vue la fabrication du verre à vitres, qui est un silicate de soude et de chaux, au lieu de préparer tout d’abord, d’une part, du silicate de soude, d’autre part, du silicate de chaux, on se contente de soumettre à l'action du feu un mélange de sable, de calcaire et de carbonate de soude. Ce dernier sel est même le plus généralement remplacé par du sulfate de soude additionné de charbon de bois en poudre ou de houille menue.
Ce qui est à remarquer dans la constitution des verres, c’est que la silice,. qui en forme l’élément acide, possède la propriété de se combiner aux bases dans des proportions extrêmement variables, sans qu’il soit possible par un examen sommaire d’établir la différence, quelquefois considérable, qui existe chimiquement entre les divers produits ainsi obtenus.
Sous ce rapport, le verre ne peut être comparé aux autres produits fournis par l’industrie. Pour ces derniers, en effet, la constance de composition s’impose si l’on veut avoir la constance d’aspect et de qualités, et il suffit le plus souvent d’un changement de quelques millièmes pour modifier profondément les caractères du produit.
Est-ce à dire qu’un changement de composition soit sans influence sur les caractères du verre, sur ses qualités de résistance? Evidemment non; mais cette influence est assez peu marquée pour n’être pas sensible à première vue.
Les qualités du verre ne peuvent, en effet, être examinées par des procédés analogues à ceux auxquels on a recours pour l’essai de produits industriels, tels que le fer par exemple, sur la valeur duquel on peut être fixé quelques heures après sa fabrication, aussi bien par la
INTRODUCTION
détermination de la quantité de matière utile qu’il contient que par des essais de résistance à la traction, «à la flexion, etc.
Pour le verre, le temps seul est bon juge et peut permettre de résoudre la question capitale qui est celle de la durée, de la résistance que présentera le verre à l’action des agents contre lesquels, par destination, il aura à lutter.
On peut bien, il est vrai, déterminer rapidement la résistance à la flexion et aux chocs, et obtenir ainsi des indications de réelle valeur sur les propriétés physiques du verre ; mais, en ce qui concerne la résistance aux agents atmosphériques, le temps seul peut permettre d’établir quelle est la meilleure composition.
Pour certaines fabrications très anciennes et à composition invariable, la sanction du temps est acquise, et l’on peut affirmer, par exemple, que la composition des glaces de Saint-Gobain, celle du verre à vitres de Birmingham, correspondent chacune, pour la nature spéciale du produit, au maximum de résistance.
Ces verres étant remarquables par leur forte teneur en chaux, on est autorisé à considérer les verres pauvres en chaux comme n’étant pas, à proprement parler, de bons verres.
Partant de ce point de vue, Benrath a cherché à déterminer si la grande stabilité de ces verres de fabrication ancienne ne serait pas due à une combinaison rationnelle des éléments, dont les doses seraient convenablement réglées pour constituer une sorte de silicate bien défini.
Les observations nombreuses qu’il a faites l’ont amené à conclure que les verres réputés les meilleurs présentaient entre eux des analogies surprenantes et qu’ils se