CHAP. VII. — VERRES DURS. — VERRES MALLEABLES
à le modeler à froid comme la terre glaise, que certaines de leurs pièces exhalaient une odeur délicieuse qui leur était propre et que certaines autres, malléables comme des pièces de métal, se bossuaient quand on les jetait à terre et pouvaient ensuite être redressées au marteau sans jamais se briser.
Pétrone raconte, à ce sujet, que l’empereur Tibère fit trancher la tête d’un artisan qui possédait le secret delà pâte de verre « dans la crainte que, si le secret venait à être connu, on ne fasse pas plus de cas de l’or que de la boue ».
Suivant plusieurs auteurs, une découverte analogue aurait été faite au xvne siècle.
D’après Haudicquer de Blancourt, l’ouvrier qui présenta à Richelieu une pièce en verre malléable aurait, au lieu de la fortune qu’il espérait se faire par ce rare et important travail, trouvé la prison perpétuelle.
Cette pâte de verre vient d’être découverte par un artiste de premier ordre, doublé d’un savant, le statuaire Henry Gros.
Il a composé une pâte de verre, dans laquelle on peut enfoncer impunément des clous, comme dans du plomb, sans l’écailler ni l’altérer d’aucune fissure.
Les premières pièces exposées au Salon de 1891 présentaient certains défauts d’exécution dus aux tâtonnements qui précèdent toute, découverte ; mais aujourd’hui l’artiste est maître de son procédé et, grâce au concours de l’État, qui a mis un four et un atelier de la manufacture de Sèvres à sa disposition, il vient dé composer une pièce (fontaine murale dont les divers sujets représentent l’histoire de l’eau) dont toutes les parties sont parfaites à tous les points de vue.