‹ Vers et proseChapitre 11 sur 27 · TRISTESSE D'ÉTÉ · texte numérisé non relu

TRISTESSE D'ÉTÉ

Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie, En l'or de tes cheveux chauffe un bain langoureux Et, consumant l'encens sur ta joue ennemie, Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux.

De ce blanc Flamboiement l'immuable accalmie T'a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux, « Nous ne serons jamais une seule momie Sous l'antique désert et les palmiers heureux ! »

TRISTESSE d'été 29

Mais ta chevelure est une rivière tiède,

Où noyer sans frissons l'âme qui nous obsède

Et trouver ce Néant que tu ne connais pas.

Je goûterai le fard pleuré par tes paupières, Pour voir s'il sait donner au cœur que tu frappas L'insensibilité de l'azur et des pierres.

Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre Ce lac dur oublié que hante sous le givre Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui I

Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui Magnifique mais qui sans espoir se délivre Pour n'avoir pas chanté la région où vivre Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui.

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