LA PRIERE
Mon rêve est simple : il est trop simple, ô mon enfanl. Peut-être, pour que toi qui m'aimes, le comprennes, — Car les rêves qu'on fait au couvent sont de reines Qui siègent près de rois dont l'air est triomphant. —
Le soir, auprès du feu, quand il ferait du vent Et que tout gémirait dans la forêt prochaine. Dans un fauteuil fané d'antique bois de chêne Nous écouterions fuir la bourrasque en rêvant.
Et le globe laiteux et pâle de la lampe Eclairant, ce tableau serait comme une estampe, Une estampe très vague et faite au temps passé;.
Et, quand minuit très lent sonnerait au village. Jeté joindrais les mains et comme une enfant sage Tu dirais ta prière à mon cœur trépassé.