‹ Vers l'abîme (volume 2)Chapitre 75 sur 102 · Le savant promoteur a une logique à lui. Qu'on en juge · texte numérisé non relu

Le savant promoteur a une logique à lui. Qu'on en juge

« Je tiens à rectifier ici, dit-il, une assertion du Dr Landry, à savoir qu'il était prêt à formuler et à éprouver cette assertion mirobolante (celle relative à M. Hamel) devant le tribunal de l'officialité métropolitaine. Je n'hésite pas à affirmer que la mémoire fait certainement défaut au Dr Landry sur ce point. Il est bien clair en effet que si ce Monsieur eût. déclaré être prêt à comparaître devant l'officialité comme votre accusateur, je ne lui aurais pas demandé la permission de vous parler d'une affaire qui devait nécessairement vous être communiquée un jour ou l'autre. » (No 222).

Si M. Bégin n'a pas d'autre raison à invoquer au soutien de la dénégation offerte à l'assertion du Dr Landry, il lui aurait mieux valu se taire. Il n'y a aucune incompatibilité qud conque entre la permission demandée par M. Bégm et l'offre faite par M. Landry, et il est fort probable que la permission n'a été demandée que parce que le Dr Landry s'est exprimé dans les termes que nie aujourd'hui M. Bégin. M. Hamel d'ailleurs accepte la version du Dr Landry et rejette celle de M. Bégin, en vertu du principe qu'il a émis, qu'on peut tout expliquer par défaut de mémoire.

« Le défaut de mémoire, dit-il, fait oublier, mais ne fait pas inventer. » (No 270).

M. Bégin a donc pu oublier, le Dr Landry n'a pas dû inventer. S'il y a défaut de mémoire quelque part, elle doit denc nécessairement se trouver chez M. Bégin.

164. La conversation tenue entre le Dr Landr/ et AI. Bégin n'a pas eu de témoins.

Nous sommes en face du témoignage des deux interlocuteurs. Il est déjà prouvé que le Dr Landry n'a pas tenu à M. Lemieux la conversation que M. Bamel lui attribue. La conversation avec M. Bégin n'a pis dû <Uro, sur la <p tien en litige, différente de celle tenue avee M. Lemieux.

Voici donc une première présompiion et des plus fortes en faveur de la version donnée par le Dr Landry.

Si nous examinions maintenant l'étrange conduite tenue par M. Bégin, son silence systématique, ses efforts pour écarter la cause « Landry-Hamel » du tribunal de l'officiante, ses assertions plus que risquées, ses conclusions ridicules, il y a plus qu'il ne faut pour convaincre le tribu-ial que M. Bégin peut être un témoin précieux pour ceux qui veulent que la lumière reste sous le boisseau, mais que, dans la cause actuelle du moins, il ne saurait être un témoin sérieux.

Scn témoignage d'ailleurs n'est pas assermenté et ne peut, pour toutes ces raisons, infirmer celui rendu par le Dr Landry. M. Hamel lui-même a émis un principe qui s'applique admirablement au cas présent. Nous n'avons qu'à changer les noms et à dire avec M. Hamel : M. Bégin peut avoir mal entendu : cela arrive souvent ; M. Landry ne peut pas se tromper sur ce qu'il pense » (N° 287).

M. Hamel aurait dû faire toutes ces réflexions et peser la valeur relative de ces deux témoignages avant de lancer contre le Dr Landry l'atroce calomnie que nous venons de réfuter.

165. Et quand même le Dr Landry aurait réellement : — ce qui n'est pas le cas — proféré cette accusation contre le cardinal Franchi, soit à M. Lemieux, soit à M. Bégin, M. Hamel avait-il besoin pour sa défense à lui, de jeter cette question, qui ne l'intéressait pas, en pâture au public? A quelque point de vue qu'on considère ia conduite de M. Hamel, sa culpabilité demeure évidente.

166. e) — La cinquième accusation portée contre M. Hamel, c'est d'avoir proféré contre le Dr Landry la calomnie d'insinuer que, pour le Dr Landry, Mgr l'archevêque était |un franc-maçon.

La réponse du grand-vicaire est une quasi-admission, et l'explication qu'il tente confirme l'interprétation que nous avons donnée aux paroles de M. Hamel. C'est d'ailleurs l'in-

terprétation qu'en a donnée toute la presse libérale, comme nous l'avons établi dans notre mémoire, en citant textuellement les journaux qui ont épousé la cause de M. Hamel.

167. Vainement, pour se défendre aujourd'hui, M. Hamel a-t-il recours à une distinction captieuse et cherche t-il à faire peser sur un certain groupe une accusation qu'il a portée centre le Dr Landry. Cette défense de M. Hamel ne peut pas être sérieuse, car, dans l'opinion de M. Hamel lui-même, le Dr Landry aurait été en rapports constants avec le groupe qu'il désigne, ce qui en ferait après tout l'indéniable instrument. Or, ce que M. Hamel dit du groupe doit s'appliquer à ceux qui font partie du groupe, suivant lui. Donc l'accusation de M. Hamel, même en admettant ses explications, atteint parfaitement le Dr Landry. La calomnie est donc entièrement prouvée.

168. f) — La réponse de M. Hamel à la sixième accusation de calomnie portée contre lui nous apporte encore cette fallacieuse distinction. Parfaitement convaincu d'avoir formulé contre le Dr Landry une noire calomnie, et ne pouvant, devant le tribunal, défendre et justifier sa malheureuse conduite, M. Hamel, ici encore, rejette sur le certain groupe une accusation qu'il ne peut plus soutenir contre le Dr Landry.

« Quand M. Hamel, dit-il, fait un reproche à M. le Dr Landry, il le lui adresse formellement et sans détours. Quand il emploie les (formules générales ou indéfinies, telles que « on cherche à atteindre plus haut que moi », « on y mettait du zèle », « on s'appuie sur ces affirmations », etc., M. Hamel s'adresse au groupe qui met M. le Dr Landry en avant et se tient prudemment derrière lui. — Ce n'est donc pas à M. le Dr Landry que s'applique le reproche de chercher à amoindrir ou à détruire l'autorité morale se rattachant aux positions occupées par M. Ha met, mais à ceux qui se sont montrés si zélés pour répandre la bonne nouvelle. » (N° 277).

169. Citons maintenant les paroles écrites par M. Hamel dans ses lettres au Dr Landry, et voyons en quoi la présente défense n'y applique. :

« Je dou dire que je ne crois pas M. le Dr Landry aussi ardent que d'autres dans ce travail de démolissement à la sourdine censé au profit de la religion, mais on s'appuie sur ses affirmations; j'ai dû attaquer le mal à sa source ». (Mémoire page 16).

Si M. Hamel avait dit qu'il ne croyait pas que le Dr Landry participât à ce travail de démolissement, sa défense actuelle pourrait valoir quelque chose, et nous devrions l'accepter; mais, loin de s'exprimer ainsi, M. Hamel affirme que le Dr Landry est la source du mal. Il l'accuse formellement de ce travail de démolissement à la sourdine, seulement il ne le croit pas aussi ardent que d'autres. M. Hamel établit par là même le degré de culpabilité qu'il attribue au Dr Landry. Pour M. Hamel, le Dr Landry est donc coupable, seulement il l'est moins que d'autres. Mais ne l'est-il pas plus aux yeux de tout un public, lorsqu'il est nommément désigné comme la source de tout le mal dont se plaint M. Hamel? M. Hamel a donc réellement commis la sixième calomnie qu'on lui reproche. C'est lui, d'ailleurs, qui a publié ce qui suit à l'adresse du Dr Landry :

« On ne peut certainement que vous féliciter, à votre point de vue, du zèle efficace que vous mettez à cette diffusion, bien qu'elle soit une diffamation pour moi. » (M. page 64).

M. Hamel, ne pourra certainement pas prétendre qu'il accuse ici le certain parti, puisque c'est directement au Dr Landry qu'il adresse les paroles que nous venons de cï'er.

2° Les injures. — 170. Au lieu de trouver notre chapitre qui contient l'énumération de quelques-unes des injure 3 lancées par M. Hamel, un chapitre uniquement fait pour grossir notre mémoire, M. Hamel aurait mieux servi sa cause en réfutant les accusations portées contre lui. Il ne l'a pas fait; il ne l'a pas même tenté. Nous n'avons conséquemment rien à ajouter à ce que nous avons déjà dit dans notre mémoire (page 16).

3° Manifestation des attaques de M. Hamel. — 171. En réponse à l'accusation portée contre lni, d'avoir recours à la presse pour étendre au loin, aux quatre coins du pays, ses calomnies et ses injures contre le Dr Landry, M. Hamel répète avec amour tous les arguments de la première partie de son factum. Il s'évertue à affirmer de nouveau qu'il usait du droit de légitime défense et qu'il ne pouvait pas se défendre autrement. Nous avons déjà complètement réfuté ces ridicules prétentions. Inutile d'y revenir.

172. Nous ferons seulement remarquer qu'avant la publication dans la presse de la correspondance échangée entre le Dr Landry et M. Hamel, celui-ci a reçu du Dr vLandry l'offre d'une entrevue pour régler à l'amiable un différend qui est devenu un véritable scandale, grâce au refus de M. Hamel d'accepter l'entrevue et à son inconcevable détermination de reccurir à la publicité. Cet incident, dont l'importance n'échappera pas au tribunal, aggrave singulièrement la faute de M. Hamel.

173. Ce qui l'aggrave encore, c'est le fait que M. Hamel a du même coup, enlevé à l'officialité métropolitaine, mie cause qui lui avait été soumise, pour la placer devant le tribunal incompétent de l'opinion publique M. Hamel nie cette assertion.

a La conversation entre M. Bégin et M. le Dr Landry renfeime dit-il, deux parties bien distinctes : 1° une partie officielle qui consista, en une question à laquelle M. le Dr Landry dit qu'il ne pouvait répondre : 2° une partie non officielle dans laquelle M. Landry amena la conversation sur un autre sujet à propos duquel on ne l'interrogeait pas, bien qu'on le connût (N° 211).

» Le fait que M. le Dr Landry parlant ensuite dans une couver nation qui n'avait plus rien d'officiel, des opinions qu'il avait sur lo compte de M. Ilamcl ne constitue pas du tout l'entrée d'une cause devant l'officialité (N° 235).

» L'officialité n'a jamais été saisie de l'accusation du Dr Landry contre M. Hamel. Pour s'en convaincre il suffit de relire la lettre do M. l'official à M. Bégin (No 294). »

Telles sont les opinions de M. Hamel, et M. Bégin les partage. Ce ne sont pas les nôtres.

174. Ce n'est pas M. Bégin, prêtre du Séminaire de Québec, qui est allé chez le Dr Landry, mais c'est M. Bégin, promoteur de l'officialité métropolitaine. Il y est allé en mission officielle. Le Dr Landry lui a parlé comme au représentant de l'autorité, il lui a dit tout ce qu'il pouvait lai dire, et le Dr Landry savait parfaitement qu'il parlait alors au promoteur de l'officialité. La lettre de l'official ne change rien à la question. Elle prescrit, il est vrai, un devoir particulier au promoteur, mais elle ne saurait, en aucune manière, gêner la liberté d'action du Dr Landry, et celui-ci, lors môme que l'official n'aurait aucunement écrit, avait, en tout temps, le droit d'aller trouver le promoteur pour lui faire u îe dénonciation quelconque. Le promoteur étant allé chez lui, en mission officielle, le Dr Landry a profité de la circonstance pour lui dire ce qu'il savait de M. Hamel et de ses opinions sur la franc-maçonnerie.

Dépositaire de cette dénonciation, M. Bégin avait un devoir à remplir. Ne l'ayant pas fait, il a aujourd'hui tout .intérêt à s'entendre avec M. Hamel et à dire, comme lui, qu'à un moment donné, le promoteur disparut pour faire place au prêtre du Séminaire. Le Dr Landry, n'ayant pas été mis au fait de cette transformation subite, continua sa conversation, sous l'impression qu'il parlait toujours au promoteur de l'officialité. Pour le Dr Landry, l'officialité était donc bien et dûment saisie de cette question, puisque c'est au promoteu : même qu'il la confia, au promoteur qui était allé chez lui en mission officielle. Si le promoteur a subséquemment négligé de faire son devoir, il ne peut être admis à invoquer cette faute à l'appui de son étrange prétention. M. Hamel ne peu!; pas avoir non plus ce droit.

175. Nous avons cité d'importants extraits du XXIIme décret du cinquième concile provincial de Québec afin de démontrer à l'évidence que les écrits de M. Hamel sont en op-

position directe aux enseignements et aux ordonnances de ce cinquième concile. M. Hamel nie un fait aussi palpable.

« Opus est ut debitam moderationem, prudentiam, charitatem erga aclversarios, praeseriim catholicos servent;... et a mutuis conviens abstineant et eos qui a sua sententia alieni sunt, criminari et contumeliis afficere vereantur... Ne igitur hujus modi contêntiones per ephemerides a catholicis exerceantur.

Exegit Summus Pontifex... ut repudientur facetiae aut dicteria quae in perniciem aut praejudicium famae et existimaiionis aliorura vergunt;... ut cohibeatur ea scriptorum licentia, qui sententiam suam amantes, non quia vera est sed quia sua est, aliorum opiniones non modo improbant, sed illiberaliter etiam natant ».

Cette simple citation désigne les fautes que nous reprochons à M. Hamel.

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