‹ Vers l'abîme (volume 4)Chapitre 57 sur 77 · DU DHOIT DE PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

DU DHOIT DE PROPRIÉTÉ

personnes : la persomie physique et la personne movale. La personne physique, c'est l'individu. Par sa nature, chaque homme a droit à tout ce qui lui est nécessaire pour atteindre sa fin ; il a donc le droit de propriété.

La personne morale se compose de plusieurs individus ; tels sont la Famille, l'Etat, l'Eglise. Les trois personnes morales que nous venons de nommer ont chacutie le droit do propriété pour atteindre leur fin respective, et ce droit ne dépend pas de la volonté de l'homme. La famille vient de Dieu ; et je vous ai fait voir dans une autre conférence l'erreur de la Franc-Maçonnerie qui ravale la famille, en faisant du tnariage un contrat tout humain. Dieu, en instituant la famille, lui a donné une fin et des droits, des moyens pour arriver à cette fin.

La société religieuse, cela souffre encore moins de difficulté, a été aussi instituée par Dieu ; elle a droit à tous les moyens nécessaires pour atteindre la fin qu'elle se propose.

L'Etat lui-même vient de Dieu, mais d'une manière un peu difYérente. La Famille et l'Eglise viennent de Dieu quant au fond et quand à la forme; en elïet c'est Dieu lui-même qui a déterminé que la famille serait composée essentiellement d'un homme et d'une femme ne formant qu'une seule chair, et que l'honjme serait le chef de ce cor|)S moral. L'Eglise est une monarchie établie et réglée par Jésus-Christ lui-même.

L'Etat vient de Dieu quant au fond, mais sa forme vient des hommeg, et elle peut varier dans les différenis temps. Ainsi le gouvernement peut être monarchique, aristocratique ou démocratique, c'est-à-dire que l'autorité peut s'incarner dans un seul homme qu'on nommera roi, empereur, etc. ; elle peut résider dans un certain nombre des grands de la nation : enfin elle peut être répartie encore plus largement dans le peuple.

Les différentes espèces de gouvernement ont chacune leurs avantages ; il y a des peuples à qui la monarchie va mieux, d'autres préfèrent la république. L'Eglise approuve toutes le," formes de gouvernemenls, bien qu'ils ne soient pas tous également parfaits, pourvu qu'ils s'établissent d'une manière légitime.

Maintenant si l'on examine les trois persoimes morales dont nous venons de parler quant à l'ordre des temps, la première qui nous apparaît est la société religieuse. H y eut un temps, comme je l'ai dit ailleurs, oîi la Famille et l'Etat n'existaient pas encore, bien qu^Adam eût déjà été créé ; mais il y a toujours eu une société religieuse depuis

que l'homme existe. Le premier homme fut en même temps le premier pontife, car dès que l'homme eût élé créé, il eut nécessairement des rapports avec son créateur, et il lui rendit un culte.

Chose remarquable, c'est quand toute l'autorité religieuse reposait en Adam que Dieu le rendit possesseur de toute la nature. En etîet, Dieu s'adressant à Adam et à Eve, leur dit alors : « Dominez sur tous « les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tous les ani- « maux qui se meuvent sur la terre. Je vous ai donné toutes les « herbes qui portent leur graine sur la terre et tous les arbres qui « portent des fruits et qui renferment en eux-mêmes leur semence, « chacun selon son espèce. » (Gen. i. 28, 29.) L'homme eut donc, depuis ce moment, le domaine de tous les bieng terrestres.

Mais il y a trois espèces de domaines : le domaine utile c'est l'usage de la chose; le domaine administratif, c'est le domaine de celui qui administre la chose, qui peut la changer, la vendre comme il lui platt ; enfin le domaine absolu, celui de Dieu sur la création. Vous comprendrez facilement la ditrérence entre les deux premiers domaines, si nous en cherchons des exemples dans la famille.

Tous les membres de la famille, le mari, la femme, les enfants, ont le droit de propriété, mais ils ne l'ont pas au même degré. Vous achetez pour un enfant un chapeau, un livre ; il peut dire : C'est mon chapeau, c'est mon livre ; mais peut-il les changer, les vendre? non, car il n'en a que le domaine utile. Le domaine administratif, ce sont les parents qui le possèdent. Ils doivent former l'enfant; celte charge importante leur donne des droits particuliers. Le père étant le premier dans la famille, c'est à lui surtout qu'est dévolu le domaine administratif, mais il ne doit pas agir en despote; il doit se souvenir que la femme est sa compagne et son conseiller.

Quant au domaine absolu, Dieu ne s'en départit pas. Dieu reste toujours le maître ; c'est à lui qu'il appartient de dire à tout être orée : Rends-moi compte de ce que tu as reçu ; et si nous n'avons pas administré sagement les biens (ju'il nous avait confiés, nous aurons eu eûet un compte terrible à rendre.

C'est directement de Dieu que les trois personnes morales mentionnées plus haut tiennent leur droit de propriété ; mes frères, c'est là un principe qui est ignoré ou bien oublié d'un trop grand nombre de personnes.

La Famille ne lient pas son droil de l'Etat ; la Famille, en effet, était avant l'Etat. L'Eglise ne tient pas non plus son droit de l'Etat : elle

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