‹ Vers l'idéal [microforme]Chapitre 19 sur 87 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Hector, Jules.

Hecror.

Enfin, c’est décidé, je vais me faire élire.

Dans notre Parlement j'aurai mon mot à dire,

Je me suis aguerri devant les tribunaux

Et mon nom, répété par tous les grands journaux, Obsédera partout l'électeur bénévole.

JULES

Et très peu soucieux de savoir qui le vole.

Hecror.

L'’électeur est honnête et je Je Suis aussi.

JULES

De cette honnêteté, vierge de tout souci,

Qui fait qu’on Peut trahir sans y Comprendre goutte, Quand tu seras élu, tu vas, sans aucun doute, Revendiquer les droits de tes chers commettants Sempiternellement bafoués et contents ?

VERS L’IDÉAL

Hecror.

Le sort des gouvernés n’est pas si déplorable.

JULES

Celui des gouvernants te parait admirable.

Tu te résignerais à le subir demain.

HEcTor.

Moi, je voudrais régner sur tout le genre humain. Il doit être si doux de commander en maître.

Mais, en attendant micux, dès demain, je veux être Un candidat loquace, et le plus entêté

Que l’on ait jamais vu parcourant un comté.

JULES

Ton désir de régner me parait bien tenace; Mais, l’innocent comté que ton orgueil menace, Quel mal t’a-t-il donc fait pour être ainsi traité

ITECTOR.

N m'a fait... que je veux être élu député JULES.

Si le peuple est heureux, laisse-lui son bien-être S'il est mal gouverné, c’est qu’il le veut peut-être

L’INTRANSIGEANT

Hecror.

Meilleur Souvernement n'existe nulle part.

Je le trouve si bon que j'en voudrais ma part.

JULES

Et, lorsque tu l’auras, quel immense avantage Tes heureux commettants auront-ils en partage ?

H£cror.

Ils seront 8ouvernés tout comme Auparavant, (la réforme n’est qu'un songe décevant.

JuLEs Fu ne “hangeras rien ?

HEcCror.

Je suis Opportuniste, Ami de la concorde et surtout arriviste,

(IL sort.)

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