‹ Vers l'idéal [microforme]Chapitre 44 sur 87 · LE TEMPS · texte numérisé non relu

LE TEMPS

Temps, mythe insaisissable, Borne indéfinissable, Moissenneur inlassable.

Germe de vétusté.

Sous ton vol tout succombe :

Ta faux tombe et retombe, Entraînant vers la tombe La pâle humanité.

Va, vieille idée abstraite, L'heure par toi soustraite Te suit dans ta retraite Mais ne t’appartient pas.

Dans l’éterne! espace, L'avenir te dépasse Et ta lugnbre trace N'’apparait qu'ici bas.

Le présent nous assomme ; Le passé n'offre, en somme Que des regrets à l’homme Assoiffé d’avenir.

Le présent nous délaisse, L'avenir fuit sans cesse.

Le passé ne nous laisse Rien que le souvenir.

Ces trois termes se fondent En un seul, et confondent Les sens qui se morfondent A jauger l’irréel.

Fantôme qui nous leurre,

! Le Temps ne marque l'heure Qu'en la sombre demeure

De l’homme né mortel.

30 décembre 1905.

Ottawa.

LE TEMPs,

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