SI LES BAS.BLEUS FAISAIENT NOS LOIS
Plus d'une femme sait écrire
Sans se transformer en bas-bleu :
La preuve, c’est qu'on aime à lire
Les bluettes du Coin du Feu.
Mais de la femme politique
Nous n'avons que faire, et je crois Qu'il vaudrait micux fermer boutique Si Les bas-bleus faisaient nos lois.
Là femme arbore des chaussettes À l’azur plus ou moins foncé Quand le charme de ses fossettes Par des rides est remplacé.
La pétroleuse à la tribune, Prônant l'égalité des droits, Ressusciterait la Commune
Si les bas-bleus faisaient nos lois
Jadis, l’homme avait charge d'âme:
C'était à lui de protéger
L'âtre où ses enfants et sa femme Vivaient à l'abri du danger.
Gaiment, sur ses larges épaules,
Du travail il portait le poids.
On intervertirait les rôles
Si les bas-bleus faisaient nos lois.
Pour bien remplir sa lourde tâche, Ne marchandant pas ses efforts, L'homme prodigue sans relâche Ses muscles vigoureux et forts.
Les travaux de l’agriculture Occupaïient ses bras autrefois :
C'est lui qui ferait la couture
Si les bas-bleus faisaient nos lois.
Certains tendrons à mine austère, Par un long célibat aigris,
En attendant, partent en guerre Contre l'engeance des maris
Qui, brisant maint cœur disponible, À sur d’autres porté son choix:
Son châtiment serait terrible
Si les bas-bleus faisaient nos lois.
Quand le mari, navrant spectacle! Donnerait à boire aux poupons, Ne tulérant aucun obstacle, La femme ôterait ses jupons Pour enfourcher la bicyclette.