‹ Vers l'idéalChapitre 58 sur 76 · DANSE MACABRE · texte numérisé non relu

DANSE MACABRE

(Traduit de l'anglais de H. Cazalis.)

Zigue, zig, zin, zon ! La mort en cadence, Frappant de son pied l'herbe du tombeau, A minuit sonnant attaque une danse Sur sa vieille viole à voix de corbeau. Zigue, zig, zin, zon ! La nuit est bien sombre Et, sur les rameaux du saule pleureur, On entend gémir; car partout, dans l'ombre, Un vent hivernal répand la terreur.

Puis, comme attirés par ces bruits funèbres, Des squelettes blancs, spectres décharnés, Couverts de linceuls, font, dans les ténèbres, Assaut d'entrechats, de bonds effrénés.

Zigue, zig, zin, zon! Danse dislocante, Sauts désordonnés, cliquetis des os, Tout cela finit dès que le coq chante, Car c'est pour les morts l'heure du repos.

Ottawa, mai 1897.

A M. Amédée Trem

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