‹ Vers la joie; conte bleu, en cinq actes, en versChapitre 106 sur 107 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

LE PRINCE

Une couronne aussi! Car elle est reine. B 1 B u s

Excusez-moi, mon Sire! Elle est ainsi 1res bien. Mais à foui ce mic-mac je ne comprends plus rien. El quand je ne comprends plus rien, moi, je m'informe. Encore un coup, elle est charmante... en uniforme. Qu'est-ce qui n'irait pas avec ces deux yeux-là? Mais pourquoi diable est-elle en habits de gala, Puisqu'un chacun est en personne naturelle? Sans compter qu'elle était très bien, ayant sur elle Ses habits de chez nous, au simple ajustement, Ceux-là qu'elle portait, tenez, tout justement, Souvenez-vous, le jour où parmi la fougère Elle vous apparut en chapeau de bergère. Où je vous laissai seuls au bord de la forêt. Où, vos deux petits cœurs s'avouant leur secret. Pour la première fois elle vous sembla douce, Là-bas, en ramassant du bois mort dans la mousse.

(A Jouvenelte.i

A ta place, vois-tu, je les aurais gardés.

J 0 C V E N E T T E , enlr'ouvrant son manleaa, sous lequel elle est velue comme autrefois.

C'est ceux-là que je porte encore. Regardez.

Pas plus que vous, mon vieil ami, je ne m'explique

Pourquoi l'on m'enveloppe ainsi qu'une relique

Dans ce grand manteau d'or, d'hermine et de velours.

Et pourquoi sur mon front tant de bijoux si lourds,

Cependant que dessous je suis toujours la même;

Mais c'est sa volonté, lui que j'aime et qui m'aime ;

Et cela me suffit puisqu'il a l'air content,

Et je n'ai pas besoin qu'on m'en explique tant.

Je vais vous l'expliquer néanmoins, Jouvenetle. Il faut qu'aux yeux de tous apparaisse bien nelte L'action que je fais, mon aimée, en ce jour, Et la leç^'on qui doit fleurir de notre amour. Prenez place d'abord sur votre trône, reine.

(Il l'y conduit et l'y fait asseoir.)

Posez vos pieds mignons dans celte large traîne. Écartez ce manteau, qu'on voie à plein, sous l'or, Qu'étant fille des champs, là vous l'êtes encor. Nanet, asseyez-vous auprès de votre fille. Thérèse, auprès de moi.

(A Paulin, en lui désignant un des tabourets.)

Vous!

{\ Lucas, en lui désignant l'autre tabouret.

Vous! Chère famille.

Dont je suis fier, et dont je veux être un des gas. Bibus! Bruin i 3Ies deux maîtres! Debout. Au bas! Comme mes deux piliers de force et de sagesse.

(Bibus et Bruin font ce que leur ordonne le prince.)

Maintenant, devant toi, peuple, faisons largesse De la leçon que j'oflVe aux âmes d'aujourd'hui.

(En montrant le peuple d'un geste large.)

C'est parTamour qu'il faut se retremper en lui; C'est de la terre, où sa sueur perle en rosée. Que remonte la sève à la plante épuisée; Il en est le profond, l'immortel réservoir. Et c'est ce que je veux à tous bien faire voir Par une image claire et que chacun comprenne, En te manifestant fille des champs et reine. Reine au milieu des tiens devenus mes parents, Toi qui m'as reverdi le cœur, loi qui me rends La jeunesse, l'espoir, l'Avril où tout repousse, 0 mon bien, mon amour, ma promise, ma douce. Ma Jouvenette, maJouvence, ma clarté!

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