ACTE DEUXIÈME
De dire... Mais entrons, viens. La place est meilleure Dans la maison, et tu boiras un coup de frais.
B I B u s Non, j'aime mieux rester dehors. J'ai des secrets.
NANET
Alors, allons par là.
(L'emmenant s'asseoir sur la margelle du puits.)
C'est donc grave "?
BIBUS
Très grave.
Don!... Mais, avant, un mot. Sais-tu quelqu'un de brave, D'honnête, de... Bref, quoi! j'ai besoin d'un berger... Et si toi-même, vieux, tu voulais rengager!
{A pari.)
Tiens ! tiens !
(Haut.)
Regarde un peu si le hasard est sage.
J'ai, voici quatre jours, pris en apprentissage Un mien neveu, malade un brin pour le moment, Mais que je guérirai moi-même, et vilement; Et je venais ici te proposer tout ferme De mettre en pension le petit dans ta ferme. Juste le temps qu'il faut à bien le rarranger. Eh! dame! le voilà pour plus tard, ton berger.
Oui, pour plus tard! Mais en attendant qu'il travaille?
BIBUS
Bah ! puisque ça te va, prends-moi, vaille que vaille!
NANET, voulant courir à la maison.
Ah! bonne affaire! Femme, ohé! les gas!
BIBUS, lo retenant.
Attends- Tais-toi. Nous n'avons pas tout dit.
NANET
Le prix! J'entends.
Mais la chose entre nous sera tôt terminée. Comme autrefois, veux-tu? Vingt pistoles Tannée ; La dîme sur la tonte; et (ma foi, c'est lâché) Je nourris ton neveu par-dessus le marché. Est-ce conclu?
BIBUS
Mais c'est qu'il faut que je te dise...
NANET
Si tu réclames plus, c'est de la gourmandise, Bibus, et tu n'es pas raisonnable. Je joins...
BIBUS
Le plus que je réclame est plutôt presque moins.
NANET
Moins!.. Presque!... Explique-toi. La chose s'entortille.
BIBUS
Mon neveu n'est point seul. Il a de la famille.
Deux vieux grands-oncles, deux! Et je voudrais aussi